Wednesday, July 29, 2020

Chroniques de l'invisible - 206

Je serai dans cela, sans empressement. Les mots étranges qui désormais installés n’ont de sens que pour ce qui s’y rencontrera, lorsqu’après tous les éléments concentrés pourrait s’élaborer une sorte d’explication. Emporter, laisser, ce qui prend trop d’importance que cela gêne l’esprit, je l’ai vu, quelle tristesse, de ne pas réussir à admettre l’effroyable, lorsque c’est là, justifié, excusé, au point d’être méprisé. Emporter, laisser, ce qui a du sens, ce qui s’est transformé et ce qui fut créé, c’était la question de cette fiction de soi, pour n’avoir plus que les pensées, souvenirs et désirs entrecroisés, je retourne en chaque endroit. Je suis heureux des surprises qui m’attendent. Tout est si différent. Je me laisse aller au temps qu’il faut, le temps dont j’ai besoin pour être sûr, prendre les bonnes décisions, ne pas oublier les éléments importants. La nouveauté de découvrir un nouveau quartier de ma vie. C’était juste après le rempart. Je n’y avais jamais mis les pieds. J’arrive trop tard. Des enfants chantent des ave maria sur une note monocorde. Les fidèles répliquent sans âme, et pourtant, je reconnais cette sérénité, cette écoute, comme je reconnais chaque maison, comme elles étaient. J’y étais. Je voulais une autre histoire. Inventer. Que j’aurais laissé cette fois, un symbole, que j’aurais sans doute retenu un certain temps, peut-être oublié, retrouvé. Il aurait fallu encore plus de courage. Ou je n’avais pas le bon « je ». On n’a jamais le bon « je ». Cela fait justement partie de ce qui m’attend. Ce sera encore plus difficile de ne pas juger.

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