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Tuesday, March 14, 2017

Il était une fois l’histoire de l’impossible saisissement de l’immédiateté

Il était une fois l’histoire de l’impossible saisissement de l’immédiateté, de l’impossible récit du jour, d’une langue morte d’avoir été écrite, cherchant à s’extraire du passé inéluctablement nostalgique, inventant, à défaut de pouvoir exister dans le présent, un avenir qui prendrait en compte la nécessaire lenteur de son inscription dans l’administration de ce qui est déjà là, mettant en confrontation les nuits opaques et embrumées, les temps d’attente où les penseurs ne font que manipuler les courbes fragiles d’un constat figé et les certitudes qu’un nouveau lever de soleil va venir envahir le sentiment d’une beauté constamment renouvelée, comme l’illusion d’une parfaite répétition, la nouvelle aube réveillant le nouveau personnage d’une nouvelle fiction avec, au cœur de la sensibilité, la solitude d’astres coordonnés, autant de désirs se rencontrant qu’il n’existe de possibilités individuelles, quand l’ennemi intérieur a provoqué, à trop vouloir asphyxier les moyens de circulation, l’expulsion du cri tribal d’un instinct de survie, n’ayant pas remarqué qu’il s’ôtait lui-même les conditions pour continuer, œuvrant pour la fin de tout, rendu surréaliste par l’inconscience, super-héros de l’imaginaire n’agissant dans les faits que grâce au pouvoir d’être convoqué par le besoin qu’ont les angoisses de vouloir elles aussi trouver un terrain d’expression dans la vie souvent envisagée comme un compte à rebours des années, des mois, des jours, des heures, des minutes et des secondes qu’il resterait à ne plus même supporter ce qui s’écrirait une fois le décompte achevé.

Friday, March 10, 2017

Aboutir serait alors conquérir

Aboutir serait alors conquérir, encore, la place subtilisée par ce qu’il est autorisé de croire. Les cohortes d’infidèles envahissent les forêts moyenâgeuses, les habitent avec ce qui leur est immédiatement disponible, se forment à la résistance, s’arment de la puissance du nombre, car le mouvement d’un récit renouvelé vient de s’y enraciner, une histoire qui dérange parce qu’elle vient de dire au monde, en langue vulgaire, que ci-gît la victime enterrée vivante et que là-trône le pervers narcissique, qu’il était une fois une communauté de spectres fantastiques surgissant des terres de l’oubli, hurlant à chaque coin de rue l’enfer qu’elle a subi à n’avoir qu’à se taire, brandissant la magie de l’anaphore et de la rime pour répéter l’action, agissant non plus pour punir, mais pour inscrire une manière de révolutionner le point de vue, comme regarder, trop tard, ce qu’il vient de se passer, comme lire la douleur exprimée, la souffrance des opprimés, pour s’y projeter, s’y sentir concerné, tous coupables d’être à ce point aveugles qu’on n’a pas encore trouvé le moyen de prévenir, qu’on ne possède pas encore le moyen de guérir, réparer, s’excuser, parce que les mots manquent, le sujet s’échappe, parce qu’on ne refera vivre la victime qu’en racontant la banalité d’un engrenage fatal, parce que vivre dans la culpabilité devient vite insupportable, alors, il n’y aurait qu’à descendre l’être soi-disant supérieur de son piédestal, l’être, en nous, soi-disant supérieur, le pervers qui nous hante parce qu’il a réussi à programmer notre désir, un pervers ancien, un pervers lointain, qui a institué le silence comme moyen de ravager nos âmes égarées dans l’immensité de l’impensable, la continuité du vivant sans les heurts d’un avant et d’un après datés pour n’être que des repères chronologiques d’un système que nous métamorphosons pourtant à l’échelle infinitésimale de nos actions quotidiennes, de nos existences éphémères, de nos désirs pulsés par l’instant, quand il faudrait ne pas les considérer, ne pas les écouter, se laisser subtiliser le pouvoir de décider alors que l’auteur n’a peut-être jamais eu autant de moyens de faire exister son œuvre.

Monday, March 6, 2017

Le remède, disponible, dans l’atmosphère

Le remède, disponible, dans l’atmosphère, quêtant dans sa solitude, sans contrainte, la vision de multiples chemins, perdu, ou plutôt, se perdant, une image accompagnant chaque pas, d’une force intérieure, l’enfance convoquée, créant sa propre autonomie, regardant en toute confiance, libérée des souffrances anciennes, plongeant dans la terre habitée, l’intimité, préférée, étonnantes rencontres, protégées, l’histoire qui se raconte, désormais, n’appartenant encore à personne, l’expression d’un trouble nécessaire pour remplir des vides, évoquée, effleurée, conversation, en musique, avec le naturel, cherchant à ne faire que durer, les pauses, jamais possibles, les répétitions redoutées, le risque d’une routine banale, d’un rendez-vous convenu pour ne voir que le spectacle de l’impuissance, abandon de soi devant la seule difficulté de vivre, ce qui s’écrit, n’étant plus que le récit d’un emprisonnement, des personnages, lointains, soulevant la culpabilité au rang de ce qui peut faire revenir celle ou celui qui a pourtant réussi à fuir un monde d’empêchements, quand tout semble avoir abouti, l’incompréhension s’installant par manque de curiosité, parce qu’il faut réintégrer l’outil absent, le choix, de faire ou de ne pas faire, de dire ou de ne pas dire, de construire, d’imaginer, d’aller vers cette pensée insensée qu’il existe un lieu où personne ne serait manipulé, un lieu d’improvisation guidée par la singulière intuition d’être avant tout au niveau le plus abouti de ce qu’il est possible de faire, quand bien même il y aurait d’autres formes s’approchant, d’autres expériences se ressemblant, des jumeaux, des réincarnations, des exploitations, lui, conquérant son espace, foulant les ronces interdisant un personnage souhaité, projeté dans l’épouvante de la nature se renfermant pour absorber le projet d’écriture, le faire taire, personnages farouchement opposés, s’animant pour maintenir l’ordre déjà établi, la hiérarchie du sens, petite armée perverse de polices bien formées, aveuglée par l’immense notoriété d’une soi-disant convenance, responsable d’avoir laissé s’égarer ce qu’on appelait autrefois des sorcières, inconsciente d’avoir laissé surgir, en les brûlant, en les expulsant, en les enterrant vivantes, des idées qui se sont au contraire dispersées dans la volonté à chaque fois renforcée d’inscrire à l’ordre du jour de la communauté spirituelle un code discordant parce qu’il demande, sans s’être justifié, qu’on soumette à ce qui n’est que l’inquisition réclamée par un besoin de soi-disant pureté une autre manière d’envisager les injustices du passé ancrées dans les habitudes d’un bien-être privilégié, forçant à prendre en compte l’existence de multiples voies ouvrant, au fur et à mesure que d’innombrables êtres disparaissent sans que les fenêtres de l’opportunisme ne les mentionnent, le paysage d’une variation continue, ce qu’est, dans l’inchangé, ce qui ne pourra jamais se stabiliser à cause des âges qui avancent, à cause des volontés qui s’influencent, à cause du rôle offert à l’individualité, la beauté d’un seul mis au profit du progrès de tous pour diffuser au public non pas ce que serait la dominance d’un certain nombre, mais le tableau forcément éphémère de l’humanité présente, vivante, agissante, consommant l’air pollué par le fiel de la peur, lassée de cette comédie du partage lorsqu’elle constate, jour après jour, distinction après distinction, qu’il n’y a plus que des moments consécutifs de plaisir solitaire.

Tuesday, February 28, 2017

Douceur de l’outil

Douceur de l’outil, volupté d’un règne, sous un ciel chargé de pluies lourdes, le vent imperceptible, les odeurs contradictoires formant des sensations, ne signifiant plus aucun intervalle qu’un avant et qu’un après aurait jadis encerclé, mémoire et regrets emportés, pour laisser libre cours à l’ivresse d’un instant impossible à reconstituer dans la fureur des bruits provoqués par la présence de l’autre, voici l’œuvre mise en scène, avec ses champs déployés, ses chemins divers, ses rencontres éphémères, transplantée là où plusieurs horizons se dévoilent, pour faire un bilan de tout ce qui a mûri, revoir les multiples abandons, sentir la difficile concomitance de pulsions égarées, avec, en surplomb, la fulgurance d’une forme de sagesse, toute une nuit, déchiffrant l’incohérence de la pensée, fouillant l’âme créatrice, écoutant ce que le monde propose pour s’y situer, sans heurt, sans rien de convulsif, pour juste mieux exister qu’un autre.

Friday, February 24, 2017

Voici ce qui tombe hors-sujet

Voici ce qui tombe hors-sujet, là, au milieu de bien d’autres sujets, rappelant des enfances sacrifiées, comme un envoutement, écoutant les sirènes du doute, au loin, immédiatement installé dans son nouvel espace, là seul où il peut devenir fiction de lui-même, fantastique, errant comme un fantôme, corps mis à l’épreuve d’une civilisation surpeuplée, et d’un seul coup, le superflu, disparu, en vis-à-vis, en face à face, le criminel et son crime, la peur grandissante de se voir cruel, capable de désirer d’autres victimes, vampire insatiable, dans son atelier, ne pensant qu’à ce qui pourra être fomenté, un plan, un piège, pour sortir victorieux d’une intrigue qu’il aura inventée pour, qu’une fois achevée, il se sente démesurément plus puissant.

Monday, February 20, 2017

Il s’agirait de saisir non pas ce qui ne sera peut-être jamais abordé

Il s’agirait de saisir non pas ce qui ne sera peut-être jamais abordé, mais ce qui vient toucher immédiatement l’être, celui qui, au milieu d’une nuit sans lune, se lève d’avoir faim, part à la rencontre de son errance, seul, bagage en main, traversant un paysage de poussière, cherchant, partout, les preuves de ce qui est annoncé, au bord de se mettre en arrêt pour maladie définitive de l’âme, face au monde des illusions relatées comme des faits réels, admis comme la future histoire que l’on viendrait, que l’on viendra, nous reprocher d’avoir laissé filer, bien installés dans nos convenances, comme pour nous subtiliser l’essence-même de notre existence, alors que de tout ce qui s’est écrit, rien n’appartient à notre plume, aucun mot, par nous, n’a été prononcé, aucun de tous ces personnages n’a jusqu’à présent été rencontré, à part l’auteur, à part celui qui désigne, qui nomme, qui coordonne, le chef d’un parti d’autorité, menant la gouvernance, comme s’il fallait constamment postuler pour avoir le droit de vivre en liberté.

Monday, January 30, 2017

Les parois glissantes


Les parois glissantes, écorchantes, comme révolutionné, sans prévenir, chutant, puis projeté par une force vertigineuse, sans arrêt, objet trimbalé, ne voyant plus que ce qu’il y a de factice, se ruinant, s’épuisant dans la lutte permanente, ce qui vient de s’évaporer d’une sorte de semi-rêve, toujours là, ce qui se fera différent, quand tout sera oublié, quand un extrait sera déposé là, au hasard, pensant s’être sans doute trompé de chemin, l’esthétique, la manière de s’adresser, parce que ce n’était pas clair, recopier, bêtement, fatigué, à l’infini, le thème, principal, toujours, d’où vient l’autre, si seul, ne cherchant que le reflet de lui-même, à travers n’importe quel support, prenant le risque de coller au réel, en étant au plus proche de ce qui terrifie, ce malaise, ce cauchemar, ce spectre, de ne jamais être remarqué, si nerveux, agacé, passant impoliment un bras devant l’autre pour saisir le quotidien, ce drôle de patchwork de soumissions diverses, de cultes populaires, ne laissant plus de place à l’imagination, finir, la volonté de finir, d’exploiter, de jeter, d’expulser, violemment, ce qui ne se dira plus, la victime, enterrée.

Tuesday, January 24, 2017

Tout ce qui rayonne prend place


Tout ce qui rayonne prend place, dans le dérangement du quotidien, le calvaire pour habiter, le calvaire pour se déplacer, partout, des corps aux expressions monstrueuses, laissant expulser à la fois la rage et l’image de la bête fantastique qui les surpasse, possédés par la violence, le cri, au bout de l’effort, le même cri pour tous, tirant des fardeaux, soulevant des montagnes de résignation, acculés à devoir supporter, ne voyant plus personne d’autre exister autour, prêts à se lancer dans la bataille, dans la survie, pour s’arracher à l’inextricable impression d’enfermement, attendant le même signal de ralliement, voici l’ordre, « tuons », partout, dans n’importe quelle direction, n’importe quelle vie rencontrée, comme les limaces, écrasées, comme les mouches, écrasées, comme les branches, arrachées, les meubles, les moyens de transport, les livres, toutes les écritures de l’être, supprimées, d’un coup, d’un trait, l’insupportable différence, l’insupportable opinion exprimée, là, entre les images détournées, le jugement, formulé, ouvrant face au criminel une vision de ses gestes, répétés, fruit d’un désir qu’il pensait juste, peut-être partagé, voyant qu’au plaisir s’adjoint le plaisir de détruire, révélant la morbidité d’un objectif qui s’est construit, malgré lui, dans l’une des racines de l’humanité, la même qui, en même temps, ailleurs, autrement, parfois dans le même corps, agit pour que se perpétuent les délices d’une vie pacifiée.

Friday, January 20, 2017

En vis à vis


En vis à vis, les enfances maltraitées, qui laissent sortir les démons de l’imaginaire, parce qu’on les a empoisonnées, jusqu’à aller passer plusieurs nuits à l’hôpital, des cris d’alerte devant les masques horrifiants, les duplicités sordides, confondant le maître et son outil, déflagration de tout ce qui est dicté à l’âme impuissante, a priori, mais dont l’énergie est juste captée au profit d’un autre projet, une dictature du vice, là, au cœur de l’amour, qui fige l’émotion au point de rendre le corps glacé, un repli de l’être, un abandon aux premières heures, aux premières années, baisser les bras devant l’immense difficulté de se laisser conduire par l’expression, agir vite pour punir, le droit relégué, l’idée pure, confuse, où tout se mêle, le mystère, l’espoir, la conviction, l’expérience, être en quelques minutes au cœur du débat, l’œuvre, qui s’écrit, la seule nécessité, la seule vérité, même dans les hautes sphères de la pensée, incomprise, alors que les éléments sont pourtant clairs, un auteur, une parole, tout un univers transporté pour ne dévoiler qu’un principe, à vivre pour soi, dans l’intensité, contre tous les courants, comme s’il pouvait exister une manière de penser, ne pas croire possible que la dispersion, la diffusion, puissent agir comme un liant, toujours, la peur, véhiculée, la haine, un pouvoir minoritaire, insultant, comme un frein, cherchant à stopper l’inéluctable progression de la nature, ne sachant plus comment faire devant le raz-de-marée des fictions individuelles, toutes magnifiques, toutes singulières, toutes profondes et délicates, comme un visage, comme une posture, enfin, retrouvé, au centre, le goût de se sentir troublé, mots en zigzag, raturés, transformés, remplacés, là, parmi nous, virevoltant, clignotant, brûlant, déchirant, objets du silence, sujet à jamais abordé, tant pis, tant pis, tant pis pour la gloire, le deuil, immédiat, pour mettre à profit ce qui s’est construit, regard de l’innocence vers l’immense beauté d’une pleine lune en plein ciel, scintillante.

Monday, January 16, 2017

Tant de trouble à transposer


Tant de trouble à transposer, à dessiner, peut-être juste pour s’occuper, regard tourné vers l’extérieur, les paysages de la pensée, en spectacle, croisements, vitesses, âges, directions, ce qui se distingue, l’interdit, une casquette, un manteau délabré, une chevelure rayonnante, une tentation, la sécurité, malgré tout, des mots qui tombent comme les feuilles, démangeant la poitrine à tellement vouloir être prononcés, à ne jamais se sentir suffisamment prêt, suffisamment réparé, ordonnant comme un médecin, d’attendre, de se préserver, pourtant si proche d’y arriver, la salive au goût de larmes, comme un remède, délicatement, avalée.

Tuesday, January 10, 2017

La rencontre du désiré et du désirant


La rencontre du désiré et du désirant, tempo presto frénético, à ne plus jamais vouloir que cet instant unique s’achève, le dos douloureux d’avoir dansé, la voix épuisée d’avoir crié, « nous » au cœur du sensible, larmes expulsées, à ne plus rien comprendre de ce qui se passe parce que l’équilibre est atteint, le monde tourne, les germes poussent, les individualités se manifestent, dès les premiers rudiments, persistant pleines et entières, jusqu’à devenir les admirables roses de la pensée, l’écriture sauvage de la révolte, livrée au hasard d’une simple observation pour que surgisse l’émotion, celle qui semblait voilée, perdue à jamais, sans se lasser de rendre hommage aux âmes qui l’ont ressuscitée en plongeant dans l’avenir leur propre énergie créatrice, leur combat pour un idéal encore en formation dans l’incessant courant de la nature de l’être.

Friday, January 6, 2017

Communauté de masques


Communauté de masques sur laquelle se fonde une théorie du mal, comme une partie d’échec, plaçant les pions dans une bataille virtuelle, intégrant l’invasion machiavélique du délire, l’esprit aimanté par le divertissement, chacun dans sa case, petit soldat d’une dictature, à croire que tout est vrai, que tout est faux, les mêmes images servant de justification pour attiser la haine, nourrir la nécessité criminelle au sein de l’humanité des corps, voyant s’incarner le regard pervers, l’allusion salace, l’arrogance puissante de l’enfant-roi qui veut dicter, qui, déjà, veut tuer, conçu dans la perpétuation qu’il y aurait un meilleur, un plus malin qui agira, lui contre tous les autres, dynamique inversée de la sagesse quand toutes les confusions altèrent le sens au point de le rendre inconsistant.