Friday, April 28, 2017

Dès lors, il y a création

Dès lors, il y a création, une réception parfaite, de toutes parts, toutes les énergies se mobilisent en un point très précis, révélant quelques énigmes, de la substance concrète pour alimenter la réflexion, pour qu’à chaque rencontre, la relation s’améliore, dans sa continuité, la pertinence, des mots, conjointement liés, alors que des heures auraient dû s’écouler, prendre un parti, comme nous ouvrons un sac, pour remplir d’idées, laisser œuvrer le débat des émotions, car lorsque tout s’est arrêté, que plus rien ne vient polluer l’urgence ou le désir d’être en place dans un monde désigné d’office, seules les émotions témoignent, seuls les paradoxes animent, forment des marges, des sections, des manifestations, un flux qui, sans discours, deviendrait indigeste, acceptant qu’un rempart s’est dressé pour protéger ce qui a un droit en soi, imaginant dans un avenir suffisamment éloigné pour qu’il ne soit plus possible d’intervenir, que ce qui a été réalisé sera appréhendé comme il se doit, parce que la rupture temporelle favorise cette mise à distance nécessaire, que l’écriture, tournée vers elle-même, seul maître à bord, commande les irrégularités, suspend l’inscription devant l’hésitation, la terreur des hiers et des lendemains, preuve que les objets se déplacent, qu’ils disparaissent quand ils n’ont plus d’utilité, signifiant l’action permanente là où nous pensions l’empêchement, l’incapacité, pour que la dérive soit un outil d’expression conditionnant l’attention, focalisant le sujet à l’intérieur du corps pour qu’il saisisse son occasion, sa tension, son influence, le temps de défiler, écrit, sous nos yeux, comme passèrent jadis les misères, les mensonges, les nouveaux commerces de la pauvreté, intégrés pour se vivre expulsés, pensant à celles et ceux qui tenteraient l’aventure, les aidant à mieux s’y retrouver, d’abord, en les saluant, puis en les remerciant, lecteurs de l’âme, accueillis avec le mot « amour », pour imprégner nos terreaux, nos ciments, tous les sols que nous foulons, les territoires que nous partageons, dans l’espace réduit de notre perception, pour dire comme il est devenu essentiel d’amener notre projet à terme, là où, partout, il ne s’écrit plus, l’écrire, prendre la parole, diffuser, évoquer avec quelle force les enfances œuvrent, ensemble, à l’élaboration de l’inattendu, formulant une promesse, un vœu aux astres surpuissants, quand les personnages défilent à des vitesses prodigieuses, que la dimension qui se met en place n’a plus que faire des autres mondes et qu’il n’y a plus là qu’un événement nouveau, la série des fictions que nous exploiterions, non pas pour transmettre l’information d’un réel vers l’autre, d’un imaginaire à l’autre, mais pour exprimer l’inquiétude intérieure qui perçoit, sans pouvoir en désigner la source, les douleurs ponctuelles, passagères, les fatigues insurmontables, quand toutes les circulations ont été observées pour ne plus être bousculés, quand la vague expressive emporte tout au point de bouleverser le paysage, inscrivant les images dans l’imaginaire, en silence, l’écriture, construisant son domaine, le vaste horizon de tous les outils qui, à portée de main, attendent d’être saisis, parce qu’il y a aussi un au-delà de l’espéré, des milliards de données à étudier, pour qu’à l’instant où la pensée s’écrit, une seule soit portée à notre connaissance, une seule ait le droit de connaître l’éphémère expérience de l’existence, quand il ne sera plus question d’autrui, variée et développée, dans l’infinie continuité, comme un ultime challenge, celui de notre vie, qui en appellera d’autres encore plus audacieux, prenant le risque de l’imprévisible liberté, de l’effondrement de tous les anciens dogmes, d’une nécessaire et constante adaptation à la mobilité provoquée, sans se ranger du côté du raisonnable, à ne plus faire l’effort de sauver l’inutile déjà-dit, déjà-pensé, pour inventer le lieu de l’émotion, le lieu de toutes les instabilités possibles.

Monday, April 24, 2017

Langage poétique tel qu’il s’est lui-même conçu

Langage poétique tel qu’il s’est lui-même conçu, avec nous, attentifs au moindre détail, pour n’en laisser aucun ne pas devenir thème du discours, à sa manière, comme il le désire, développé, varié, répété, sans risque de sembler monotone, parce que c’est sa nature qui s’écoute, son envie de n’être que le témoin de sa propre existence, son besoin de surgir pour alerter, prévenir ou alimenter, souligner, chercher à faire écho avec un autre détail, un autre thème, jugeant important d’être réactivé parce qu’il se sait source d’un tout, l’engrais qui fait la beauté de la plante, le point qu’il manquait pour rendre parfaite la courbe, pour rendre saisissable le sens, pour renforcer la structure, pour se joindre au manifeste, pour déclarer la paix, aider à ce qu’elle se fasse éternelle, comme nous protégeons l’écosystème, l’espèce en voie de disparition, les immenses diversités de la vie, partout, opérantes, à ne plus savoir ni à quelle date, ni en quel lieu, elles se sont senties suffisamment honorables pour réclamer, ne fut-ce que par un seul mot, un simple accord, une attention si particulière qu’elles sont devenues une à une les reines d’un peuple en dévotion d’être plus en mystère, en période de gestation, de repos, qu’en simple soumission, car les reines sont comme les fées, éphémères, rejoignant le peuple quand leur cause les a grandies, quand il est temps de laisser le pouvoir d’attraction, quand d’autres variétés ont exprimé, par la récurrence de leurs appels, une glissement sémantique, un besoin de métamorphoser un langage qui ne leur disait plus rien.

Tuesday, April 18, 2017

Les séquences sont entrecoupées d’un présent immédiat

Les séquences sont entrecoupées d’un présent immédiat qui ne serait plus le simple report d’un très récent passé, comme si nous ne pouvions que relater une émotion ressentie alors qu’il s’agit, au contraire, d’apprendre à mieux les intégrer pour que l’absence soit l’élément constitutif de ce qui s’imagine l’instant d’après avec, ainsi, la conviction que la pensée n’a fait que s’enrichir d’une autre histoire, parallèle, d’un autre lieu, distant, de personnages rencontrés là où il n’est pas nécessaire d’écrire, la question d’une source-sujet qu’il ne serait plus utile d’aborder pour que l’écriture soit investie d’une expression suffisante, au-delà de ce qui se lit, une vie articulée, comme un portail, la simple évocation de ce qui vient, silencieux, le contenu si subtil d’un mouvement arrêté, dans lequel il est possible de composer à l’infini, parce qu’il n’y a plus la nécessité de comprendre, il n’y a plus que celle de montrer ce que, tous, nous voyons, une part de nous s’éclairant, le sujet inépuisable, universellement accessible, sans métaphore, sans détour, sans supercherie, parlant de l’infinité des échanges établis dans tous ces grands virages, quand il n’a plus qu’à se positionner, celui qui aura tout reçu, l’émotion tellement forte qu’elle saisit, parce que nous savons comment tout vient se déclencher, à nouveau, le rôle qu’a pris ce nouveau format, un lendemain, le lendemain, tentant d’expulser les nuages tellement sombres qu’ils masquent toute possibilité poétique du discours, parce qu’il s’agit de se situer juste après, alors, qu’en soi, il n’y a plus rien d’important, ce moment où même la culpabilité n’a plus de place, après les larmes, après l’incompréhension, dans la quiétude du silence, intériorisant l’énergie, pour l’inscrire éternelle dans une continuité du réel, pour n’avoir plus qu’à diffuser le courage nécessaire, d’une main tendue vers soi, la phrase se déroulant, dégageant le ciel, prenant source dans la fièvre du texte, parce que la dimension est atteinte, que le monde attendu se révèle, forçant la mémoire à se taire pour écouter le son encore si difficile à percevoir de la mélodie de l’âme.