Tuesday, August 18, 2026

Pour n’écrire qu’une seule règle

Le tout est de faire converger à la fois le bon lieu, le bon moment pour que ne s’exprime plus que ce qui doit être, dans la simplicité de quelque promiscuité ressemblant à quelque hasard, la foule enfin, toutes les circulations, tous les âges, toutes les singularités, chaque langue, toujours au bord de ne jamais se comprendre, et pourtant, deux trois mots, le grand sourire, nous ne sommes certainement pas du même avis, ce n’est pas nécessaire, que tout serait triste si nous avions tous la même manière de le dire, plus qu’un roman, national, le même drapeau, l’armée comme un seul homme, depuis la nuit des temps, on ne sait pas faire autrement, cela ne s’explique pas, ce n’est pas comme la règle affichée partout, il faut apprendre, à observer, ce n’est pas si facile, ce n’est pas tout fait, l’opinion ne s’est pas trouvée toute entière, en une fois, définitive, pour n’écrire qu’une seule règle.

Saturday, August 15, 2026

Cependant, je préfère conserver les repères, ce qui est, y compris les failles, y compris les contradictions

Reste toujours le goût, le goût de l’excellence jamais orienté autrement que vers soi, sans besoin ni de le dicter ni d’en faire le prétexte d’être tout à coup meilleur qu’un autre parce que j’aurais tout simplement passé plus de temps à enrichir un type d’activité (y compris les loisirs) pendant qu’un voisin fait tout autre chose, peut-être mille de plus, peut-être cinq de moins. Je ne peux plus comparer. Je ne m’intéresse pas à tout ce que fait le voisin et je ne lui révèle que ce qu’il peut lui-même déceler, comme nous le faisons tous, comme je le fais pour lui, grâce à la curiosité. On trouve alors nos points de rencontre. Et ton œuvre, comment avance-t-elle ? Elle attend qu’une décision soit prise. Ce n’est qu’une affaire de point de vue qui va tout renverser. De l’intérieur. Un travail sur l’imaginaire, au quotidien, jour après jour, pour avoir laissé ce qui provoque la plupart du temps la dépendance à seulement quelques éléments qui peuvent être des personnes, des objets, des faits, des systèmes ou des institutions, partant du principe que la tendance générale est de trouver ce qui rassure, lorsque tout fait conclusion, c’est ce que je cherchais, quand la liberté signifie tout autrement, et avec elle, les décisions à prendre, les possessifs à déplacer ou parfois même à taire. Je suis alors face à ce qui devrait être transformé, mais je n'ose pas. Tout serait sans doute mieux. La conviction de cela est très claire. Cependant, je préfère conserver les repères, ce qui est, y compris les failles, y compris les contradictions.

Monday, August 10, 2026

Le retrait sans arrêt

Je n’ai plus peur du temps que cela prendra d’amener peu à peu la diversion que j’ai envie de voir opérante, dans tous les domaines que je fréquente par goût ou par nécessité, car il ne s’agit pas d’essayer de se leurrer, l’alimentaire est une nécessité. Je ne refuse pas quelques deniers, même si je continue de creuser, d’aller plus loin dans la décroissance jusqu’à toujours se demander de quoi nous avons besoin réellement, à quoi ressemblent les nuits sans d’autres distractions, les voyages sans d’autres destinations, le retrait sans arrêt.

Saturday, August 1, 2026

Il n’y a dès lors plus lieu que je l’évoque

La concentration sous la forme de rencontres révèle des conflits ne me concernant a priori pas directement mais m’entourant. Le fait s’installe, s’interpose. On me le confie. Je dois agir et réagir immédiatement face à la médiocrité des tenants d’un titre. Je ne sais pas si dès cet instant je résous quoi que ce soit. D’une certaine manière, il aura suffi qu’une voie obstruée se libère. Cela se fait en ma présence, sous mes yeux. Le choix que je m’impose de suspendre tant qu’il n’est pas suffisamment éclairé est lié à une question fondatrice où je me dois d’évaluer dans quelle mesure ce qui veut devenir sujet doit l’être effectivement, car les sujets sont nombreux à postuler. Je pourrais être tenté de les mettre en fiction par simple commodité ou parce qu’ils se feraient insistants par leur récurrence ou par une manière plus brutale de se rendre incontournable. À cause d’eux, je passerais à côté d’un autre essentiel, voire de plusieurs autres. C’est pourquoi je me méfie d’abord. L’évidence n’est pas dans ce qui se présente en premier, ou plus fort, ou plus souvent. Des sujets tombent ainsi jour après jour. Je les juge aux allures ou aux regards qui ne peuvent plus me tromper. Faudrait-il qu’on me somme de me consacrer comme pour prendre parti, je délie et le sujet se dédramatise instantanément. Il n’y a dès lors plus lieu que je l’évoque.