Sunday, July 19, 2020

Chroniques de l'invisible - 196

C’est donc tout cela qui vient s’inscrire, à l’instant. Les personnages défilent un à un. Je poursuis mon travail, de regards, d’écoute. Sorti de l’autre, visages connus. Les mots se confondent, à l’oral, à l’écrit. Double travail. La graphie relève du récit car c’est cela que je reverrai. Le reste ne sera que sensations. L’écrit contribue à les réactiver et toutes ces périodes qu’on croirait révolues se mêlent pour n’être qu’une. Une seule vie, de l’ancien au présent. J’y suis, en contact, tel que cela se compose sous mes yeux, à travers moi bien sûr, mais un moi inclusif, sensible à tout ce qui se dit. Voici donc qu’un choix récent se concrétise. Je comprends d’où cela vient. Ce qui parle à travers cela. Je n’en suis presque plus surpris. C’est l’évidence, l’évidence sans obligation. Ce qui compte, c’est ce que cela contient. Aussi, je provoque. C’est la bonne voie. La voie douloureuse à laquelle je ne pourrai changer que la manière de l’admettre. L’émotion qui s’en dégage dit tout de ce qui s’est endeuillé et qui reprend son chemin. J’adore ces transitions inéluctables. Elles ont lieu. Elles prennent forme et je ne les rejette pas. J’ai rarement l’occasion de faire vibrer à ce point le réel. Il n’y a pas d’effroi. Ce que j’ai laissé demeurer s’apparente à un besoin d’être encouragé. Cela manquait certainement, manquait depuis le début, a toujours manqué, et c’est ce contre quoi je devais lutter déjà pour survenir à un désir profond. C’est la même lutte à chaque fois, la même rupture nécessaire. Je voulais m’offrir des années de répit. Cela fonctionnera un temps, longtemps, trop longtemps maintenant. Pour autant, je n’arrive pas à commander qu’il en soit autrement. Je ne veux rien forcer et laisser venir ce qui s’oriente, je n’en doute pas, vers un établissement. Pour cela, il a fallu finir. Je me disais qu’il ne se passerait rien. C’est tout le contraire. L’énergie est encore plus intense.

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