Monday, July 6, 2020

Chroniques de l'invisible - 183

Pour peut-être articuler d’une autre manière ces révélations à court terme, ce qu’on voit par-dessus une épaule, tout ce fraîchement élaboré que je viens livrer pour m’entendre dire que je m’étais senti trompé, le modèle ne correspondait pas à ce que j’attendais. Alors, ne plus rien attendre ou ne plus faire qu’attendre, ou se construire à partir du modèle puis le tester ainsi renouvelé. Au contact des autres, influencé. Je m’empêche rarement cela. J’aime bien d’ailleurs. L’influence peut être tout à fait légère, éphémère. Parfois, elle est profonde et ce qui change au fur et à mesure de mon expérience à ce sujet, c’est que je la mets en œuvre ou à l’œuvre plus volontairement et donc plus rapidement. Si je vais au bout de cette démarche, je serai dans cette nébuleuse, ne cherchant pas à expliquer ni à comprendre. Il est très probable qu’en nos imperfections nous trouvions une voie plus directe ou plus sensible vers la pensée que ce qui est communément admis. Une voie non pour la dévoiler ou l’identifier. Une voie, je dirais, de contact ou de présence, qui n’a que faire du modèle que j’attends ou que j’ai élaboré mais parce que tout cela s’est mis en place en même temps pour agir sur le développement. C’est une même structure. Sa particularité est d’être composée de tous les moyens de transformation. Le risque d’en finir détruite. Serait une question à poser s’il était possible d’y répondre. En quelque sorte, je le peux puisque je me laisse conduire par le contenu. C’est l’objet de ces lignes pour dire qu’il n’y a dans cette manière qu’une écoute de ce qui bouge quand tout n’a plus qu’à être brassé, voyant que je me positionne pour le vivre pleinement, sans mesure lorsqu’il s’agit de mettre à profit six mois peut-être de travail mais sans doute plus quand on sait qu’on ne peut que s’inscrire dans une continuité, une fabrication qui ne datent pas d’hier. Les échos sont pour mon apport personnel. Alors, c’est ça. Une plongée. Nous ne pouvons pas remonter les millions d’années, presque à peine les années, parfois l’heure qui précède, mais nous avons en contenu l’histoire et ses possibles devenirs ou du moins ses éventualités. Nous nous sommes rendus possibles, ce qui est propre à tous. Si je m’y perds c’est parce qu’il faut vider et que je continue à apprendre à vider. Cela me fait du bien. Je le sais à chaque fois, mais chaque fois j’ai besoin de m’y confronter. Je ne donne pas assez d’importance aux supports qui m’alimentent pour leur capacité à nuire pour certains et leur capacité à former pour d’autres. Je sais d’où je tiens cette force, d’un secret que je tiens, d’un jour clairement défini où je décide que tout ne se dit pas, que tout ne se partage pas. Si je remonte les années, c’est là que je trouve cette dérivation. L’une d’elles fut plus douloureuse parce que je m’étais ancré. Il fallait que j’admette que ce n’était pas pour la vie, que la vie pouvait changer. Que je pouvais récupérer cette liberté d’être avant qu’il ne soit trop tard. J’ai œuvré pour cela et maintenant je profite de cette merveilleuse écoute qui m’offre le loisir de composer comme je le veux. Je revois — comment se présentaient à moi les différences et comment j’usais de cela pour établir des analogies strictement personnelles. Je me demande souvent si c’est une compétence qu’on acquiert. À ce stade, à mon âge, je n’y vois que l’accident du vivant, un accident propre à toute loi naturelle dont j’ai bénéficié. Je ne suis pas le seul. C’est bon de s’en rendre mieux compte, que cela ne dépend pas de notre unique héritage, que cela se produit partout à une échelle suffisamment grande pour que la distinction se révèle productrice d’émotions nouvelles et de savoirs nouveaux.

---

Précédent - Suivant