Friday, November 20, 2020

Chroniques de l'invisible - 320

Ce monde si accueillant. Qui a beau être empli de mystères. Dévoile des strates de compréhension avec délicatesse, au fil du temps. On ne réclame pas d’expliquer les troubles de la pensée. Cela se réalise en toute simplicité. Les occasions de varier se présenteront d’elles-mêmes. Je vois que je m’y prépare, livres en main, manipulés, admirablement présents. Les jours communs ne permettraient pas cela. Régime d’exception à l’œuvre. On me demandera à quoi j’ai bien pu passer tout ce temps. Je répondrai : je travaillais. Une manière heureuse. Des épisodes à stabiliser. Nous y sommes. Un nouveau quotidien. Tant qu’il durera. Je répète une forme. J’aurais une mémoire saine de tout cela. Gabriel chaque jour. Toutes les nuits. Merveilleux silence. Nous nous sommes tous les deux changés. Il a quitté son aube. Je m’approche de lui. Je l’enlace. Nous ne nous étions peut-être jamais touchés. Ma tête posée au creux de son cou. Une chaleur unique. Une respiration unique. Je relève la tête. Desserre mon étreinte. Nous nous frôlons à présent. Je lui prends la main, le conduis à son lit. Il s’allonge. Je glisse ma main le long de son torse, jusqu’à sa joue. Il incline la tête. Je dépose un baiser sur son front. Je me relève délicatement, rejoins mon lit. Nous éteignons nos lampes de chevet. Nous nous endormons.

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