Thursday, November 5, 2020

Chroniques de l'invisible - 305

Au fond, je n’ai pas envie de faire l’effort de l’intelligibilité. C’est peut-être même dans un corps textuel destiné à ne pas être lu que se trouvera ce qu’il y a de plus clair. Je n’ai pas à m’occuper de cela en ce moment. Le personnage est en deux états en même temps. Le premier assidu, le second tourmenté. Ni premier ni second d’ailleurs. C’est un seul. Il est juste en deux états. Et pour une fois c’est limpide. Ce n’est que moi. Le personnage. Moi dans celui qui prépare le café les repas les comptes. Moi dans celui qui ère la nuit ne sachant à qui s’accrocher. Moi qui avant pouvait me mettre à hurler, mais je me suis auto-passé un pacte charte contrat. Désormais la nuit, des complies aux laudes, c’est silence. Je pourrais le faire à longueur de journées d’ailleurs. En partie seulement. Il y a toujours un personnage inspecteur qui veut savoir pourquoi je viens et qui me demande de vider mes poches sur la table. Un rappel. On n’en a pas fini avec les personnages qui vident les poches sur la table. C’est une vengeance. On n’a pas vu arriver le type avec son couteau, le type avec sa mitraillette, alors on vide les poches des passants. Baisse ton pantalon. Humiliation degré zéro. Je n’ai rien d’autre à en dire. Une manière de ponctuer. Ce n’était pas grand-chose d’y avoir pensé. Il s’est tant passé depuis. Je compose un royaume. Je vois une reine s’approcher. L’enfant n’est pas bien grand mais il attire son attention. Elle lui demande qui il est. Il choisit de dire : Baptiste. Elle lui demande ce qu’il vient faire ici. Prier. Elle lui demande pour qui. Pour vous. Et depuis elle désire qu’il soit près d’elle, non loin d’elle, dans la pièce qu’elle traverse, dans un jardin. Je dois laisser aller cela. Une grande histoire en peu de mots. C’est ainsi que cela se présentera car l’étude va se mener encore, plus loin. J’ai failli en parler. J’ai trouvé meilleur confesseur. Je n’ai évoqué que l’étude. Et les voisins. C’est toujours drôle de parler des voisins. Surtout quand on ne les connaît pas. À peine. Faut dire que je ne suis pas du genre à discuter sur le palier ni dans la cour ni dans la rue. Parfois, c’est obligé. Je suis très aimable, mais au bout de deux trois fois un bonjour suffit.

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