Comme chaque fois, je m’attends à une joie immense. Se présente un besoin plus sensible encore. Une manière d’aimer, sans aucun doute. De s’aimer. Aller vers. Commencer. Recommencer. Ce qu’apporte la volonté propre. On s’arrange comme on peut. Il y a des heures, à présent. Les heures du présent, justement. Il y aura donc eu cette période où il m’a été offert d’ajuster la mesure et la cadence. Les pensées sont nombreuses. Où chacun sera, dans l’entourage. Je ne forcerai certainement rien. Et j’adapterai — mea culpa — en mentant. Ce n’est pas fuir vraiment. J’ai juste envie que cela perdure. Et puis, comme un retour, avant d’entrer dans une pièce, regarder à travers une fenêtre, anonyme et solitaire, la douceur du temps. Pour cette fois, je suis prêt. Rien ne peut me l’empêcher. J’ai dû le penser ce jour où j’ai fermé cette porte. Il sera toujours là. Ce qui est vrai. Nous avions préparé cet après. Ainsi une part d’incarnation et une part de désincarnation. L’une et l’autre, mouvement de l’esprit. Je connais désormais le quotidien du corps réel. Il accompagne mes gestes et les actions du quotidien spirituel. Oui, il suffira de l’invoquer. Nous n’avions pas eu cette nécessité de se dire tout cela. Les derniers jours, merveilleux. Chaque minute je me demandais si j’allais finir par pleurer. Son sourire de plus en plus délicat. Le mien confirmait. C’est vrai, je ne reviendrai peut-être jamais. L’accord tacite. L’image inscrite pour une union parfaite. Pour le reste, j’interroge cet agacement, dû à une pression que je ressens d’une attente démesurée. Je peux haïr dans ces moments tout ce qui nous (m’)oblige à être au garde-à-vous. Pour certains, pas de repos, pas d’éloignement, pas de place. Je me fiche du devenir. C’est le propre de cet exercice. D’être à la couleur du temps, à la mesure du temps. Ah, que ce n’est pas simple d’invoquer l’ange. Il trouble tout. Ce n’est pas lui qui va s’adapter à notre manière de saisir. Je dois faire cette conversion dans l’esprit. Les erreurs accumulées. Je ne suis pas à la hauteur. Je soulage ma conscience en me disant que je ferai mieux la prochaine heure. Le voilà. Gabriel. Les doutes imprévisibles. Tout ce que je crois savoir s’effrite. Ce qui semblait tenir tremble. Ce n’est pas un mur qui s’effondre. Pas de fracas. Je ne sais plus quoi faire à part murmurer. Être avec la voix au bord de l’imperceptible. L’aspect matériel n’a plus aucune importance. Ce n'est pas là que cela se passe. Chaque objet qui viendrait tenter l’évidence d’un lien se brise, on perd instantanément sa signification. C’est qu’il faut autre chose ou que cela concerne un ailleurs bien plus beau à explorer.
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