Une lutte importante est en train d’être menée, en lien avec ce qui revient toujours, l’inréglé, comme une dette à payer. Ce qui s’intercale au quotidien comprend des éléments que le corps textuel semble vouloir intégrer. Je le sens au fort désir qui se manifeste, souvent dans le silence que je m’impose. Ce que cela signifie me dépasse tant que le bouleversement est immense, l’émotion au rendez-vous, entre désolation et résignation, les gestes empêchés, avec parfois un contact plus précis sur quelque blessure ancienne. Il n’y a pas eu d’égarement. Une tendance à l’éloignement, c’est sûr, la tentation d’autres voies où je n’ai bien souvent trouvé qu’un attrait vers l’impossible altération d’un vivant sur un autre vivant. Ce n’était pas mauvais, mais ce n’était pas cela. Ce que j’accepte au fur et à mesure, c’est en quelque sorte l’inévitable attachement, un langage premier et une grammaire fondatrice. Cela n’inclut pas que cette langue soit unique. Je peux voyager. C’est chaque fois agréable. Par contre, comme pour tout ce que je découvre, j’étais à une intersection, où des manifestations qu’on cherchait à adapter n’auraient jamais dû l’être, au contraire. Il aurait fallu renforcer, ce qui comprend expliquer et appliquer. Apprendre, aussi, évidemment, ce que l’esprit attend sans le formuler, cherchant par tous les moyens à s’impliquer pour assouvir un besoin d’accomplissement. On l’ignore peut-être plus encore de nos jours que ce que cela fut. Simple supposition. C’est la manière que j’emprunte pour ouvrir l’espace de la création. Une création à la fois libérée (puisqu’il y a en effet des éléments nouveaux venant de moi) et guidée par l’étude plus ou moins frénétique selon les périodes. Aller chercher. Je n’avais presque rien pris sachant que je serais seul une très longue partie de la journée. Je me suis naturellement mis à travailler. Là où il y a cette trame que tant suivent, je place des apports personnels qui me conviennent, évidemment, puisque cela m’appartient. J’aime l’idée de n’évoquer cela avec personne, que ce soit mon jardin intime devenu si fleuri qu’y inviter quelqu’un serait rompre avec une certaine confrontation avec des mots que je ne voudrais pas qu’on juge. Je suis ce drôle d’acteur jouant pour lui seul un rôle qui a fait partie d’une de ces vies déviées mais qui malgré tout continuaient leur progression attendant qu’elles soient un jour révélées. D’une addiction à l’autre. On dit que c’est une question d’habitude. On s’habitue. Puis c’est chaque fois. Devenu un geste quotidien. Parfois, je me dis que j’ai juste besoin de remplacer, mais je reviens à ce que je crois vouloir échapper. Peut-être faut-il juste varier. Cependant, j’identifie lorsque le corps textuel n’en retire rien, qu’il laisse défiler les éléments, ou lorsqu’il souffre. Le seul moyen de le soigner ou de le remettre en mouvement se trouve dans la façon que j’ai de m’emparer de certains enseignements. Mon goût plonge alors dans l’ancien, ces périodes où l’établissement semblait solide alors qu’il était composé de mystères que je crois encore en fonction. On aime rendre instable. Tendance à noyer l’esprit, car l’esprit libre est imprévisible, ce que déteste les prévisionnistes. Alors c’est vrai. Parfois j’y passe trop de temps. Parfois c’est juste une phrase, une page. Et puis il y a ce que je retiens sans effort et ce que j’oublie instantanément. J’ai tout de même des relais dans tout cela. Dès que quelque chose m’attire, je m’y engouffre sans trop veiller aux conséquences de la vie d’avant dont font partie quelques attentes sociales jusqu’à ce que j’arrive à rééquilibrer un peu. Depuis que je tais, je sais même mieux faire et personne ne remarque rien à part que les relations ainsi que les conversations s’affinent, uniquement lorsque je me rends disponible, ce que je fais par plaisir.
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