Tout de suite, je me dis : ça fait mal. Puis : ça va faire mal. Ce n’est pas ce à quoi je m’attends, miraculeuse énergie telle une baguette magique. Je n’étais pas non plus en mode express ou ne croyant qu’à cela, à cause de ce que je dois détacher de l’esprit, dans l’esprit. Où il n’y a pas d’esprit, peut-être. Impossible. Moins d’esprit. Prétentieux. Un autre esprit. Il n’y a qu’une vie. La part d’un moi inexploré, une clé pour maintenant, cette période, ce moment, il n’y a qu’à constater ce qui s’est produit sans que je m’en rende vraiment compte, préparation de l’essentiel, comme je le fais toujours, laissant agir le plasfectif. Ce que j’emporte, donc, et ce que je laisse. C’était hors de portée, de regard, rangé la veille pour le lendemain, une pause nécessaire, un second volet, le temps que les nouvelles sensations forment et que ce que je comprends soit comme un fluide, nature de tous les sens, du plus subtile, je dois entrer dans la matière puis la matière diffuse, c’est de ce moi accompagné, une sorte d’éponge de l’âme, cela communique, il n’y a aucune dureté. Et puis la crise. Ça fait mal, les muscles tremblent, à chaque inspiration la tête manque d’exploser. Je sors. Le « parmi eux » revient. Parmi eux, quand je me sens en danger, rue, jardin public. Si je tombe, on me ramasse. Pourtant, je le sais. Je sais qu’il ne sert à rien de paniquer. La panique gagne quand-même. C’est déjà arrivé. C’est la même sensation. Je n’avais pas les moyens de contrôler. C’était le corps tout entier. Je croyais avoir fauté. Je devais m’excuser, me faire pardonner. Quelle puissance que cette morale. À genoux, supplie-moi. Non, cette fois, pas de genou à terre, pas de morale à respecter. Tout cela vient s’arracher. Ce n’était pas fait encore. Il croyait l’avoir fait le premier jour, mais ce n’était pas encore fait. Partir pour maintenir. Comme j’étais malin ! Revenir pour garantir. Respect ! Jamais loin pour la vie. À deux doigts de tout dire. Si j’y repense. Au Marin de la Roche. De la roche à la roche, à la source pure, je prends le risque, je fais le choix, je fais le tour, je consulte les étoiles, sorciers, chamanes, curés, tout y passe. Tout tremble encore. La nausée puissante. Tout peut changer et disparaître en quelques secondes. La même première leçon : le deuil. Il le faut immédiat. C’est la première épreuve. L’épreuve du deuil. C’est réactivé, violemment. Tout hurle en moi. Pas ça. Pas maintenant. Pas le pire maintenant. Et pourtant, c’est ce qui se passe. L’évidence sous les yeux, mains vides, tout ce que je suis venu là révéler, libérer. Cela ne va pas dans les deux sens. Je n’ai aucune joie de le retrouver alors que je croyais tout perdu. Tout perdu. Tu vas un peu fort. Si c’est ce que je considère. J’imagine la terrible soirée. Tout ce que j’aurais raconté. J’en parlais encore la semaine dernière.
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