J’essaie. Ce n’est pas simple. De minimiser. L’impact. J’étais si heureux. La méthode, agissante. Vide tout à coup. Je sens ce qui manque, sans les mots, toujours, ce qui manque véritablement. J’imagine l’autre versant, me voir arriver, différent, le premier et le dernier que j’aurai vu. Ce n’était pas autre chose que de l’amour. Une première. C’était la première fois. Ne pas dire et tester uniquement, au fur et à mesure des rencontres, hasardeuses puis de plus en plus contrôlées, jusqu’au déversement. Il fallait aller jusque-là, faire vivre la première fois, qu’elle constitue la base de tout, la pierre qu’il avait manquée depuis le début. « Tous les soirs, j’y pense. » Tous les jours. Me plaçant là où il n’y aura aucune limite. Lorsque je contrôle cette part de moi, que je l’offre consciemment, reçue dans les tourments de la vie. D’abord l’incompréhension. Ça existe. Puis la suspicion. Ce doit être un piège. Puis l’accord, l’harmonie. Cela se lit dans les regards, le monde autour ne fait que coexister. Nous n’aurons le droit qu’à une seule fois. Première et dernière. Pour toute une vie. Apparition sans nostalgie. L’autre versant est peut-être un héros. C’était là qu’il fallait se rencontrer. L’oiseau de la prudence se met à crier.
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