J’avais besoin de cela, dire non, rester pour le moment dans ce que j’élabore, comme étant à tâtons dans le silence d’une nuit plus longue que les autres. Oui, c’est mentir. Je mets encore du temps à me l’autoriser, mais je le fais. Je vois bien que l’autre n’est pas dupe. On dira ce qu’on veut. Je n’ai pas besoin de me retrouver dans ces tissages sans devenir, voir ce que je ne supporte plus au prétexte que nous aurions été l’un pour l’autre des apports ou des supports essentiels. C’est vrai. Je dois beaucoup à tout cela. Presque tout. La reconnaissance n'est pas suffisante pour un nouveau sacrifice ou une simple concession. Je vois d’ici la journée, ou plutôt, je me souviens du malaise qui pourrait se répéter. Pour l’instant, je n’ai pas atteint le désiré d’un point de vue du calme nécessaire. Il faut peut-être des années. Je ne les aurai pas, alors je place l’œuvre du temps sur quelques gestes du quotidien auxquels je m’attache peu à peu. Une décision peut déclencher de nombreux états. Cela ne s’adresse sans doute pas à la bonne personne. Ce n’est pas grave. Je dois penser ce nécessaire besoin d’un tronc inébranlable, un gage de maintien. J’ai pourtant très rapidement tout explosé. Ce ne pouvait pas être qu’un seul, comme ce refus du culte mais j’y étais attiré par une force contraire, négative, dont je sens l’alerte. Il n’y a rien pour la rassasier. Je dois réussir à stabiliser pour mettre à profit cette expérience. Cela ne peut pas être inchangé. Les mêmes regards pour redevenir le même, tête baissée, face à l’insoutenable. Être en présence. Faire resurgir. La passion d’un récit, lorsque les larmes coulent de voir un personnage disparaître à cause de la règle qui s’applique encore. J’aurai eu cela pour moi, rien que pour moi, voyant vieillir, m’obligeant à refaire, un moyen d’envahir mon propre domaine, sans obligation. Il n’y a rien à comparer, la fracture est trop grande, et pourtant je continue à jouer un rôle lorsque l’on me le demande. Je n’arrive pas à croire que c’est à moi parfois que l’on demande conseil, moi qui suis dans cette quête permanente, qui n’arrive à fonder aucune histoire malgré les heures passées pour apporter un moyen d’action relativement efficace. Puisque je suis dans cette voie, engagé, dégagé, je dois me tenir à cette rigueur. Jusqu’à ce qu’il se passe un événement à l’intérieur des mots. C’est l’extrême qui doit répondre à cela. Aller au bout pour continuer de libérer.
---