C’est assez rassurant de se dire qu’il y a désormais quelque chose de réellement nettoyé. L’application du désir au jour le jour n’est pas si simple. Cela réclame du travail, du labeur. Ce n’est pas donné. Bien sûr, la tentation est toujours présente. Je regarde bêtement passer les heures. Pas d’inquiétude a priori. Ce nouvel état finit par me convaincre. De toute façon, c’est un peu simplifié, je ne prévois plus rien. J’aimerais que les questions se posent autrement. Ce n'est plus seulement la durée. Le contenu vient se greffer surtout lorsque je recommence encore, lorsque je travaille cet acharnement à tout remettre à plat pour sentir ce qui se mobilise à nouveau. Tout revient avec exactitude. J’aime très certainement cela sans modération. Je ne sais si je retrouverai ce qu’il reste des pensées alors que je m’efforce justement de presque rien en dire. Je constate seulement que ce que j’applique à mon quotidien produit un effet réel sur chaque geste. Ce rendez-vous que je me force à tenir, par plaisir, me place face à mes contradictions. Je pourrais passer tout de suite à autre chose. Personne n’attend rien. C’est la bonne période. Je m’habitue assez vite au changement. L’idée serait de ne pas s’embêter, de ne pas s’alourdir de procédures, du réel uniquement, à fleur de peau. Il n’y a décidément pas de procédure avec notice. C’est un engagement. Il fallait la nuit pour le penser. Et le silence. Ce n’est pas le vrai silence. Cela existe rarement. Des gouttes. Un bruit de moteur. Une pendule. La rue. La ville. La chaise qui grince. Chaque objet déplacé. Et mes inspirations, légèrement hâtives. Je voudrais être après déjà, être dans ce qui n’est pas possible, lorsque l’on fouillera cherchant à comprendre. Il y a forcément un ordre. Ici, c’est facile, il y a des dates. Mais là-bas. On ne sait pas de quand ça date ni à quoi ça servait. Un passetemps. Comme des mots croisés. Sauf que c’est plus difficile. Personne n’a rien préparé. C’est le dénuement total, la statue de marbre que l’on regarde pendant des heures récitant le rosaire en latin. L’auto-ordination. Dans le doute, je préfère mettre tout en œuvre. Et ne plus avoir à prévoir quoi que ce soit.
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