Friday, August 7, 2020

Chroniques de l'invisible - 215

Je ne voudrais pas que cela arrive alors que c’est cela que je suis venu fixer, lorsque d’une certaine manière, sans prendre en compte mon état initial, je coordonne, les informations du connu, celles de l’unique ressenti, pour me rendre compte, apprécier, voir apparaître et disparaître, tel que je suis, emportant avec moi le strict minimum et composer. J’ai comme un rendez-vous à honorer, me demande comment il est possible que j’en fasse un domaine, en déduis qu’il faut être prêt à recevoir, puis comme toujours, je ne juge pas, c’est ce qui se passe pour moi et peu à peu j’ai de plus en plus de lieux de moi dont je ne témoigne plus. Sur les aspects nouveaux, je laisse faire et me décide pour la confiance, m’amusant que cela n’est pas si simple puisque c’est moi qui place, déplace, ou ce qu’il y a en moi, d’inconscient. J’écoute passivement ce que je trouve inadmissible, ce qui me fait me méfier, m’éloigner, à croire que je me suis imposé une formation intensive contre la perversion, cette manière de vouloir lier, revenir sur de soi-disant intensités qui seraient exclusives. Je ne suis pas exclusif. Il y a de l’intensité en tout ou en beaucoup. Je pourrais m’en moquer, adopter ce mode de fonctionnement. Je pourrais le dire aussi, insérer une contradiction, mais cela prendrait du temps sur ce que je juge essentiel, être là par exemple, travailler cette présence. Ce qui m’a interpelé, ce n’est pas que cela parlait de moi (cela aurait pu parler de tout le monde), c’est la question du poids, que j’étais face à une décision, entrer dans la matière avec délicatesse et presque sans conséquence sinon un retour permanent à la pacotille, au petit budget si on veut. Au fond, cela me demandait si j’étais prêt, aussi, à en assumer les conséquences. Bien sûr que j’étais prêt. D’ailleurs, j’ai très peu hésité. Je désirais ce type de rencontre se trouvant naturellement après une expérience forte. Il y avait un accueil à tout cela. Je l’ai senti. Ce n’était plus que de l’investissement. Pour cela aussi, je suis prêt. Je connais même des phases de surinvestissement. J’ai toujours été bon élève. Faire plus, plus tôt. Plus longtemps. Sans relâche. Jusqu’à l’épuisement et jusqu’à l’isolement. Fonder à partir de cette solitude, pour renforcer tous mes domaines d’exploration. Je dois saisir, non au plus vite mais au mieux, au mieux pour ce que je pense tout à coup important. C’est un contact avec les dimensions de l’espace et du temps, où nous sommes tous, correspondant.

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