Je n’ai peut-être que quelques heures pour me préparer. J’ai cet appui avec moi grâce auquel je ne chasse plus les évocations avec ce qui fut une colère contre moi-même. La composition est plus sensible. Il suffit de quelques mots échangés. Le même revenant auquel j’ai cessé de croire. C’était le pire, dans toutes les directions, j’allais devoir me repositionner. Puis je me suis dit : puisque c’est cet en-dehors que je recherche, autant aller presque au bout, comme un acte de générosité, un nouvel investissement. Je n’ai pas à douter. Je n’ai pas à attendre. Ni à me précipiter. La première vague doit rester amicale, pour qu’on le sache aussi, autour de moi, que je n’attends rien. Il y aura cette question à se poser. Ce qui est là, suspendu. Au fur et à mesure je saurai si c’est de l’ordre de l’inachevé. Je dois prendre en compte qu’il y a eu un élan, plusieurs élans même. Ce n’est pas loin, accessible. Tout le monde y passe. Le procès de tout le monde. Je n’ai pas vu cela arriver, comme un effondrement, les situations que je n’ai vécues qu’en pensée reviennent, elles sont une même présence très certainement réactivées par ma dernière relecture, doté de mes nouveaux attributs. Cette fois-ci, je vais peut-être tenir. Cette agression que je m’inflige. La dernière en date est tout aussi violente que la première. C’est la même. Je veux retourner dans les mots, fouiller. Maintenant que tout semble purifié. Tous les dossiers sont là, sous mes yeux. Cela creuse dans la tête, une douleur perçante. Il faut modifier la façon de penser. Le corps textuel s’en occupe. J’y reviens après de longues heures tâchant de ne rien voir de ce qui se passait. La crise sous des airs nouveaux. Je me surprends d’y porter une attention concentrée. C’est ce qu’il ne faut pas rater. J’ai tout stoppé sur un coup de tête, un caprice. Il n’y a plus que ces vies sans moi qui continuent. Heureuses, comme je l’ai écrit maintes fois. Cela devra prendre plus de temps chaque fois, que je ne cède pas lorsque je n’ai pas envie. Ce doit être une nouvelle doctrine, à partir de maintenant, jusqu’au présent.
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