Souvenir tenace. De l’avant. De tout ce que j’allais retirer, ces troubles. J’avais tout en bloc et j’avais eu besoin d’aide pour que l’esprit s’apaise. Il me plaît d’en avoir une sensation immédiatement disponible. Je dois cela au quotidien qui s’est depuis installé. C’est le format qui m’a aidé, une manière d’aller ailleurs autrement. Quand je vois ce que cela produit désormais, bien sûr, je m’en réjouis. Tout cela n’a pas été abandonné en tant que tel. J’avais à réguler ce qui s’était précipité jusqu’à obstruer l’horizon et altérer une personnalité que j’’allais découvrir grâce aux événements du réel. Il ne manque rien même si je sais que des éléments s’ajouteront au fur et à mesure comme renforçant et ornant l’édifice. Je sais que cela peut paraître insondable. C’est à cause de cette place que je ne veux plus occuper. Une part qui m’a rendu servile et qui n’arrêtait pas de se réactiver malgré une volonté forte de ne plus plonger, fidèle à l’addiction, dépendre de quelqu’un ou de quelque chose. C’est un peu ce que j’en conclus lorsque je reviens à ces options qui pourraient dévier mes centres d’intérêt d’origine. C’est déjà arrivé. Le pas le plus difficile avait été de quitter la scène du conflit. Jusqu’à l’épuisement. Je reconstruis depuis. Une nouvelle pierre arrive bientôt, un nouveau livre. Je ne trompe personne dans cette voie. Comme je pourrais m’adonner à un autre loisir, la peinture par exemple. Je préfère la sculpture. J’y perçois plus de vie contenue. Plus de mystère aussi. C’est pour cela que j’écris, pour sculpter le corps textuel qui contient l’esprit. La matière est assez dense désormais pour qu’elle joue son rôle. Ne plus avoir une seule inquiétude de ce point de vue-là est très rassurant, léger même parfois. Je ne compte pas, je ne calcule pas. Ce qui est de plus en plus stable me semble comme garanti pour longtemps.
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