C’est pourtant pas compliqué. Je veux, je fais et je ne passe pas par tous les contours de la pensée pour accéder à ce qui a provoqué ce besoin. Alors, c’est vrai, ce n’est pas comme avec tout le monde, différent. Et au bout du compte tout le monde est content. Je comprends mieux que c’est cela la question de l’esthétique. Quitte à subir le labeur de l’indéchiffrable. Je ne vais pas faire semblant que cela n’arrive pas. Comment tout s’accumule créant des distinctions. J’apprécie que ce soit cette manière qui s’impose. Impressionnant. M’autorisant de ne pas faire comme tout en essayant de m’approcher. L’agacement travaillé en premier. Pour apporter tout cela sur un autre chemin. Cependant, il y a un lien entre le temps que je passe dans l’écriture incertaine parfois au bord du rejet, et mon envie d’aller plus loin dans la mise à disposition de cette autre expression qui a selon moi, en elle, les conditions de son effacement tant la tendance est au semblable. Pour soi, du temps, puis expérimenter ce qui peut en quelque sorte court-circuiter. J’aime l’idée. Avec cette attention continue pour la rigueur. Elle, donc, aussi, qui revient fréquemment, qui parle à l’oreille du désir, pour s’offrir cette attitude. Je peux me le permettre maintenant (une question d’âge) — et poser les véritables questions, s’étonner lorsqu’on aimerait juste assimiler tout cela à un modèle, sauf que ce n’est pas cela qui gouverne. C’est vrai. C’est comme une certitude maintenant. Pour passer à autre chose, je dois activer. Je n’ai plus envie de travailler avec la mollesse des lendemains. Je veux des surprises et de l’action. Cesser d’être « en attente de quelque chose ». Combat de l’esprit. J’y suis arrivé. J’avais à passer cette sorte de timidité génétique, ce qui, avec le temps, a tendance à m’agacer, parce que je la vois en action, démultipliée. Je veux bien devenir ce que d’autres ont été mais je veux y mettre ma singularité, quand les mots se propulsent et qu’il faut en choisir un. J’ai beau chercher une explication, je ne la trouve pas. Il n’y aura pas de partage de cela. Je m’en fous. J’ai décidé que je me mettrais en danger là où tout est pourtant supposé être stable. Entrer dans ce genre d’application, pour éveiller ce qui a pu manquer à certaines périodes. Ce n’est pas grand-chose pour l’univers, mais c’est une progression folle me concernant directement. Oui, je le veux ainsi. C’est ce que j’aime. Ce que j’adore. Et je viens de passer ce cap. Au seuil du possible, je n’attends plus.
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