Ça sonne. Ça sonne, c’est tout. Comme si je n’avais plus envie de reporter. L’échéance rendue nécessaire m’appelle voire me propulse dans une élaboration qui pour l’heure n’est à la fois qu’embryonnaire et somme toute éphémère. Je ne veux pas arriver à me torturer l’esprit. Des faits. Ce sont des faits, à prendre en compte comme on déroule la frise d’une histoire racontée. Ce ne sont pas des hauts et des bas. C’est une constance de l’esprit de suivre un mouvement et lorsque vient la maturité d’une idée, cela s’applique et ne peut rien contourner. Aller au bout tant que je ne suis pas sûr, luttant contre l’impatience. Cesser pour soi de bâcler tellement ce qui se réalise dans d’autres vies n’a pas à décider à ma place de ce dont j’ai besoin pour orienter mon action vers ce que je sens s’accélérer. L’ouvrage à deux doigts d’exister sous une autre forme réclame tant d’attention que je suis comme à la recherche d’un moyen nouveau pour tenter de l’exprimer. Je reconnais ce trajet en moi, face aux vitrines qui me rejettent, qui me parlent d’un retour vers ce que je n’ai pas suffisamment exploré ou ce qui peut paraître à redécouvrir aussi dans ce que j’ai déjà. Avant donc de me dire qu’il me manque quelque chose, je me dispose de telle manière que les paroles sont un immense écho. Les mots ne sont pas intelligibles. Je suis l’étranger à nouveau reprenant le chemin de ce qui peut tenir l’histoire. Ce qui s’est passé au tournant relevait d’une connaissance supplémentaire à acquérir pour ponctuer différemment la rencontre d’une sensibilité forte (presque un pressentiment) et une énergie à laquelle j’abandonne une partie, justement, de ma perception. Ce que je n’avais pas mesuré, c’est que cet appel vers un apport serait une mise en suspens révélant une volonté qui était en moi comme dans l’attente que je m’en saisisse après une longue période. Ainsi j’allais tout reconnaître, tout retrouver, mais l’objectif que j’avais consciemment formulé serait vite un autre encore plus conséquent où le langage allait jouer son rôle de connexion entre toutes les caractéristiques d’un même corps textuel. Il y aurait un grand vide, un grand oubli, ce que l’on me dirait ne serait plus en rapport avec mes propres souvenirs, avec cette drôle de question se posant et me sommant de prendre en compte que j’avais comme vécu en parallèle. Le moi ancien retrouvé ne me surprenait pas. Ne pas avoir l'âge que je parais ne me surprend pas. Me mettre à l’écoute de cela signifiait une autre quête, spirituelle, purement et simplement individuelle. Loin du qu’en-dira-t-on, d’un besoin de se justifier voire d’expliquer, loin aussi d’avoir à mettre cette connaissance de soi au service des autres pour à la fois ne plus dépendre et ne pas avoir à partager. Sombre exactitude où je ne peux mentir, dans laquelle il me semble que l’écriture seule génère des situations que je maîtrise mieux sans pour autant les contrôler entièrement. Je dois entendre ce qui se place autour de moi, comment m’allier à certains de ces mystères oriente ce que je juge fondamental. C’est une terrible énigme que j’ai, d’une autre manière, la charge de mettre en lumière avec tous ces mots qui manquent, ces mots creux, n’évoquant rien ni des parfums ni des couleurs. L’au-delà de soi ne les prend pas en compte, pas encore peut-être. Ce qui se présente n’en aurait pas, ni parfum ni couleur. Une idée, tout simplement. Je ne sais pas depuis combien de temps (je ne suis pas fort à ce jeu et je n’aime pas compter) l’histoire sert de prétexte. Un élément essentiel a été révélé récemment. La conséquence de certains actes. Agissant frontalement, se croyant supérieur, aimant le pouvoir qu’il avait, un groupe s’est engouffré dans l’impasse. On n’en revient pas si aisément. Il ne suffit pas de. S’excuser par exemple, ou d’accélérer une sorte de retour au réel, normal. L’erreur, c’est d’avoir pensé être au-dessus d’un tout. L’impasse, le non-retour, place devant la réalité qui maintenant échappe et se moque bien des menaces et des moutons, de cette hiérarchie qui n’a de sens que pour quelques-uns qui aujourd’hui brassent de l’air, n’atteignent plus la liberté, le loisir que se donne l’esprit de maintenir cette fois-ci son admirable puissance. Nous reviendrons en terre désolée. Nous aurons à reconstruire ce que ce groupe a détruit.
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