Thursday, June 18, 2020

Chroniques de l'invisible - 165

J’avais juste besoin d’un premier test. Au bord de ne pas réussir. Presque l’échec. Aussi parce que cela ne m’avait pas tant plu de tricher, à deux reprises. Je dis tricher aujourd’hui car j’aime être sévère avec la réalité, ou me rappeler qu’on a beau tout vouloir expliquer, les fameuses circonstances atténuantes, le résultat c’est ça. Je trichais. Allez, j’adaptais. Puis au moment de relater encore, à deux reprises, il a fallu inventer des bouts incohérents, que ça tienne à peu près, et puis surtout avec ces dates qui tournent, impossible en si peu de temps, donc, j’ai dû commencer plus tôt, mais alors, quoi, si jeune, impossible, puis finir par : je ne sais plus. J’ai oublié les détails d’une extrême importance et je raconte pourtant des faits avec une extrême précision. C’est vrai que c’est envahissant. C’est vrai aussi que c’est une question de sensibilité. Si « je » instable commence à entrer et à sauter de tête en tête, oui, focalisation du discours sur le sujet en cours. Autant être dans la tête du criminel pour le résoudre. Comme on regrette après. Comme on y pense tous les jours. Enfin, si souvent et depuis si longtemps que c’est comme tous les jours. Sujet de la transformation si difficile à prendre en compte lorsqu’il n’y a pas de parole. C’était un jeu. J’en ai la preuve maintenant. Les pensées suffisent, sont la parole qui a manqué. Je me décolle. Cela prend un temps considérable. Des indices interviennent, s’interposent. Je leur donne une place et ne les relègue pas. J’aurais très bien pu en rester là, ne pas savoir. Puis d’autres indices, un mot seulement, me mettant à l’épreuve d’une tentation pour laquelle je suis prêt, ce domaine réservé qui m’ouvre la possibilité d’être admirablement en fonction pour non pas me sentir supérieur mais riche de pouvoir voir d’ailleurs et me confirmer autant la pleine guérison que ce qui va devenir un véritable rayonnement.

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