Monday, June 15, 2020

Chroniques de l'invisible - 162

Évidemment la différence immédiate, c’était le calme. La paix, en quelque sorte, non pas permanente parce qu’il y a aussi des conflits intérieurs mais en dehors de cela pour ce qui concerne l’en dehors c’était enfin le calme retrouvé. Vrai que ce premier jour avait un parfum surréaliste. Au loin quelques bruits de la ville. Je n’avais encore jamais réalisé à quel point on habite quelque part, et il avait suffi d’un éveil, un nouvel éveil, pour que j’y sois en une fois directement appelé. Ainsi, c’était cela aussi, l’hors-âge. Dans tous ses paradoxes et contradictions, plus âgé tout à coup, plus mûr, plus concerné, et pourtant retournant à l’enfance, au début d’une éducation qui n’avait pas comme je le croyais raté mais qui n’avait pas encore eu lieu. Je ne suis pas suffisamment compétent en extra-lucidités pour savoir si c’était moi qui le refusais ou si on me l’avait empêché. Je n’imagine pas qu’il y ait du mal en soi et des complots à nos échelles de vies humaines banales. Des hasards et des circonstances, évidemment. Des conditions de départ, tellement variées. Puis il y a cette conscience, discrète, non formulée mais tellement puissante. Peut-être même une chance que cela puisse un jour s’exprimer. Quand il est tellement clair que l’enjeu n’est pas dans le milieu d’origine et qu’il faut tout préparer pour que d’autres enjeux se révèlent et qu’en toile de fond le mot réel, l’action principale, n’est qu’une condition de base pour aboutir.

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