Friday, June 12, 2020

Chroniques de l'invisible - 159

Un espace ne confondant pas les parts singulières de chacun, mettant en jeu ce que je désire ici même, au lieu de toujours vouloir chercher à faire et défaire une histoire qui de toute façon saute des étapes, même lorsqu’il est question d’y mettre un terme. Ce n’est pour l’instant pas possible. Ce n’est pas une base militaire. Il n’y a pas de chambre disponible. Aucun droit d’y être et d’y posséder quoi que ce soit. Je pourrais même inventer pour arranger, « oublier » de dire de quoi il s’agit pour des phrases contradictoires, des bouts seulement, un grand escalier, la foule immense d’un marché d’été, des revenants, des revenantes, ce qui vient à travers ces spectres s’inscrire dans le corps textuel. Je fais particulièrement attention aux signes qui pourraient venir dire qu’il y aurait un glissement. Ou alors, c’est que je dois faire correspondre ce qui en moi s’articule et qui peut avoir un rapport avec la réalité, sauf que l’écrivant, je me rends bien compte que ce n’est pas ce qui importe, que de me débarrasser de ce qui ne doit pas exister en dehors d’un temps consacré est le premier acte à réaliser, immédiatement, comme un exercice, s’entraîner à ce que cela soit vite, sans colère, sans rancœur, mais aussi sans amour, sans délirante passion, vite éludé. En fait, vite évincé. Je suis d’accord après pour travailler avec cette distinction. Je ne suppose rien. Évidemment, cela doit être du genre : « Zut, ça n’a pas marché ». Sur certains ça marche. Ils m’appellent, ils s’inquiètent, ils se mettent en quatre, ils se plient à mon caprice, ils me plaignent, ils en parlent entre eux, je deviens sujet de conversation, une victoire, dans le langage purement émotionnel et durant cette période, ça continue à enfouir la responsabilité. Toutes les preuves étaient là et je n’ai pas hésité une seule seconde même si bien sûr, « je ne peux pas comprendre » ou « c’est plus complexe que ça », alors que non, c’est aussi simple que ça. Une démesure. Une nécessité permanente de réhabiliter ce qu’on aimerait voir effondré, n’agissant plus, par principe.

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