La question suprême qui se pose au sujet d'une œuvre d'art est de savoir de quelle profondeur de vie elle jaillit.
Wednesday, December 16, 2020
Thursday, November 12, 2020
Chroniques de l'invisible - 312
Wednesday, November 11, 2020
Chroniques de l'invisible - 311
Friday, July 3, 2020
Chroniques de l'invisible - 180
Thursday, July 2, 2020
Chroniques de l'invisible - 179
Friday, June 5, 2020
Chroniques de l'invisible - 152
Le voyage est immense à l’intérieur de soi. Cela se constitue et, en quelque sorte, pulse des intentions qui, à défaut d’être soudées au réel, oriente les impressions vers un environnement plus sensible. Si je traverse ces mises en forme de la pensée et que cela me permet de formuler en dehors de toute personnification, alors c’est que je me laisse bien conduire par l’émotion. Ce qui l’interrompt n’a de lien qu’avec des sortes d’appel au secours. Il faudrait continuer de dire ou faire dire, faire parler l’inconsistance, lorsque tout ce vide nécessaire est empli au ras du possible pour ne plus avoir à penser les conditions fondamentales de ce qu’il y a d’unique dans un corps unique au contact de tant d’autres corps uniques. C’est vrai. Cela me plaît de le penser. Celui qui dans la tourmente n’aura pas supporté d’être le sacrifié. Ce n’était pas ce que je croyais, un choix. C’était une condamnation, car de jour en jour je plongeais, méconnaissable dans le langage d’un autre. Cela devient si difficile parfois d’avoir cette peine en soi. Je n’aurais pas cru que je serais capable de tout détruire ou de faire s’effondrer l’édifice. Ainsi, l’en-dehors et l’en-soi, sans plus aucun contact, à son paroxysme, tentant de faire couler l’encre inépuisable d’une détermination stérile pour être proche de ce que j’admire comme l’insondable. L’air frais ne suffit pas. Alors je m’imagine reprendre là où j’en étais, dans un café, déroulant l’histoire autrement, m’aidant là où il n’y avait rien à craindre. La mise en route d’autres images superposées avec ce jaune désiré, admirable. Il est vrai que je m’y attendais, à ce retour de bâton. Maintenant il n’y a plus que l’énergie, deux sagesses inversées. Je suis presque au bout. Je ne dois pas lâcher, je ne dois pas céder. Pour la première fois je suis en arrêt devant les questions. Le droit que je mérite ne doit pas être minimisé même si je n’ai d’autre interlocuteur que mon alter-ego. L’effroi se détache pour donner vie à une autre sensibilité. Regard porté sur la chose sale sur laquelle je focalise puisque je la vois partout. Elle persiste. Elle résiste. Au café. Je pourrais le dater mais je ne pourrais pas dire ce qui m’y avait emmené. Une même émotion, c’est certain. Un même sujet, moins sûr. Ma concentration sur le détail m’aide à ne pas me tromper et à me situer par rapport à tout cela. Il est normal d’en sentir une immense fatigue, car je ne verrai peut-être rien de ce que j’élabore, ou pas dans l’état que j’aimerais déjà avoir eu. Tout parle de ce ressenti, d’une seconde période durant laquelle je serai encore aveuglé mais non sans force, avec même une force que je ne serais pas en mesure de contrôler. Une force en quelque sorte nouvelle comme un nouvel outil ou des performances accrues dans certains domaines nécessitant que je délaisse une partie de moi-même à ce nouveau profit. Désolé, je le serai certainement m’apercevant qu’il est trop tard pour revenir en arrière. Au fond, ce que je veux, c’est que ma parole (liée à mon activité) ne soit plus détournée volontairement vers une communauté qui n’existe que parce qu’elle a été suggérée à une période où je pensais qu’il pourrait être utile de faire croire qu’il pouvait exister un assez grand nombre de personnes intéressées par ces problématiques fondamentales. Il n’en est rien. Je dois tout réajuster, tout me réapproprier. Cela ne se fera pas sans verser un peu de sang mais tout refleurira, et c’est ce qui compte. Des mots pourraient tomber, disparaissant. Je gagnerai en partie grâce à la célérité de l’esprit, à sa capacité de mener plus loin un savoir-faire ou une singularité. « Je gagnerai », combat intérieur, ne concerne pas une hypothétique guerre que je mènerais contre l’ennemi, car l’ennemi, s’il n’est pas invisible, est intérieur, et le sang est ce qui va le terrasser. Enfin sur la place publique, je contrôlerai. Car c’est ce qu’il faut, ce qui est nécessaire, rendre public, tout en travaillant à l’intérieur de la langue pour qu’elle continue de progresser. Pour cette fois, je veux aller au bout. Tant de fois j’ai abandonné. Je ne me sentais pas légitime. C’est pour ces mots-là que je dois creuser, pour les placer en tête, à cause du devoir, à cause de cette incapacité constitutive de juste paraître. Cela semble si simple pour tant d’autres. Il suffit de. Les lauriers à chaque étape. Et c’est comme un défaut : je ne cherche pas les lauriers. La situation peut tout de même changer. On concentre. On dispose. C’est une question d’ordre et d’organisation. Le point de vue s’étage autrement, dans les signes, les valeurs. Les distinctions sont contrôlées. L’autorité s’affirme. Il y a une multitude de mondes. Cela n’empêche pas de contrôler le sien, car ce qui n’a plus lieu d’être, c’est peut-être cela qui se confirme peu à peu sur la base de tout ce qui a été engendré jusqu’ici. Je n’ai plus à attendre pour réaliser, attendre qu’on m’autorise. L’ancien moi n’existera plus. J’aurai peur de cela lorsque cela arrivera. Je ne me reconnaîtrai plus. Je ne pourrai plus raconter ce qui n’existe plus. Il faudra inventer. J’étais trop sincère et voulais trop l’être ou le rester croyant que la sincérité était non seulement monnaie courante mais aussi valeur attendue. Ce n’est pas le cas. À aucun niveau. Je suis heureux de m’y retrouver tout de même, d’être le même transformé ou plutôt habitué, n’ayant besoin de rien d’autre. Je laisse le devenir en suspens quelque temps. Retour au présent. À l’être parmi la foule s’exprimant et se distinguant. Vue d’ensemble sur le sujet. De toute évidence, je dois parler. Je comprends mieux. Cette merveilleuse attraction. J’attendais. J’attendais. Et tout était déjà là. (Pleine lune en sagittaire).
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Thursday, June 4, 2020
Chroniques de l'invisible - 151
C’est pourtant pas compliqué. Je veux, je fais et je ne passe pas par tous les contours de la pensée pour accéder à ce qui a provoqué ce besoin. Alors, c’est vrai, ce n’est pas comme avec tout le monde, différent. Et au bout du compte tout le monde est content. Je comprends mieux que c’est cela la question de l’esthétique. Quitte à subir le labeur de l’indéchiffrable. Je ne vais pas faire semblant que cela n’arrive pas. Comment tout s’accumule créant des distinctions. J’apprécie que ce soit cette manière qui s’impose. Impressionnant. M’autorisant de ne pas faire comme tout en essayant de m’approcher. L’agacement travaillé en premier. Pour apporter tout cela sur un autre chemin. Cependant, il y a un lien entre le temps que je passe dans l’écriture incertaine parfois au bord du rejet, et mon envie d’aller plus loin dans la mise à disposition de cette autre expression qui a selon moi, en elle, les conditions de son effacement tant la tendance est au semblable. Pour soi, du temps, puis expérimenter ce qui peut en quelque sorte court-circuiter. J’aime l’idée. Avec cette attention continue pour la rigueur. Elle, donc, aussi, qui revient fréquemment, qui parle à l’oreille du désir, pour s’offrir cette attitude. Je peux me le permettre maintenant (une question d’âge) — et poser les véritables questions, s’étonner lorsqu’on aimerait juste assimiler tout cela à un modèle, sauf que ce n’est pas cela qui gouverne. C’est vrai. C’est comme une certitude maintenant. Pour passer à autre chose, je dois activer. Je n’ai plus envie de travailler avec la mollesse des lendemains. Je veux des surprises et de l’action. Cesser d’être « en attente de quelque chose ». Combat de l’esprit. J’y suis arrivé. J’avais à passer cette sorte de timidité génétique, ce qui, avec le temps, a tendance à m’agacer, parce que je la vois en action, démultipliée. Je veux bien devenir ce que d’autres ont été mais je veux y mettre ma singularité, quand les mots se propulsent et qu’il faut en choisir un. J’ai beau chercher une explication, je ne la trouve pas. Il n’y aura pas de partage de cela. Je m’en fous. J’ai décidé que je me mettrais en danger là où tout est pourtant supposé être stable. Entrer dans ce genre d’application, pour éveiller ce qui a pu manquer à certaines périodes. Ce n’est pas grand-chose pour l’univers, mais c’est une progression folle me concernant directement. Oui, je le veux ainsi. C’est ce que j’aime. Ce que j’adore. Et je viens de passer ce cap. Au seuil du possible, je n’attends plus.
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Wednesday, June 3, 2020
Chroniques de l'invisible - 150
C’est le défilé. C’est là que cela va devenir un petit peu compliqué. Les jours se suivent. Cela insiste, devient gênant. Pas de pire en pire, mais gênant. Et puis, c’est instable. Tout de suite, ça bascule. J’aimais bien l’idée de se lover, de se laisser embrasser, puis le parc. Qu’on n’ait rien à voir à la base, rien à voir au bord du gouffre. Personne ne saura. Sans doute fallait-il du temps également pour en finir avec cette marotte. En fait, c’était une pollution aussi. Les personnages font leur petit tour de piste. C’était bien vu, l’affaire des transformations. Et si je me souviens bien, c’est comme ça que ça a commencé. C’était nouveau. Inédit. Un « jeu » mystérieux.
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