Monday, January 13, 2020

Chroniques de l'invisible - 008

J’adopte encore une manière de lier toujours chaque élément, ainsi que ce que sont pour moi les jours et les nuits. Là aussi, la ritualisation ne se fait qu’à partir de ce dont j’ai l’intuition. La vivacité de l’éveil me laisse penser qu’il y aura ce jour de nombreuses réalisations. La quête initiatique est un dehors qui s’associe au dedans. Le fameux « mythe de la caverne », diraient certains universitaires. Oui, une caverne source, celle qui a conduit l’esprit à s’élever et qui continue à former sans demande préalable celles et ceux qui savent en cela qu’il y a là l’un des paramètres que l’intellect tente de figer avec des dates, des débuts et des fins, le Temps. Laisser des guides ou des traces de ces voies obstruées par les commandements, c’est rencontrer dans le silence de la beauté les moyens d’améliorer une connaissance qui n’a pas besoin des débats stériles basés sur la preuve irréfutable. Quête solitaire qui ne porte aucune inquiétude, et qui arrive déjà fortement dotée, richement préparée. Là où la magie opère instantanément, il n’y a pas de monstres marins ou de forces maléfiques. L’esprit n’a pas d’ennemi. Il a des guides, parfois des maîtres, au sens où ces personnages figurés ont une parfaite conscience de leurs acquis ne servant qu’à continuer d’observer et à protéger celles et ceux qui auront pris ce risque d’aller à la marge des préoccupations ordinaires. Ce monde qui semblera toujours parallèle n’est qu’abondance. On pourrait croire l’abondance proche d’un paradis où nous pouvons enfin jouir de tout. C’est en partie vrai mais il ne s’y trouve aucune forme d’excitation, d’envie de tout consommer. L’excitation a à voir avec ce qu’on nous ou se refuse, or l’abondance est à tous. Elle est la diversité du monde y compris dans ce qui s’y réalise. Lieu de paix et de calme. Lieu de rencontres également. La clairvoyance fut un combat de l’esprit, une réalisation donnant un pouvoir individuel. Nous l’avons mérité, d’autant que ce combat n’a tué personne dans la réalité, n’a soumis personne à notre volonté. Naît de tout cela une intime conviction aidant à placer chaque élément autour de soi ou en soi, ce qui pour l’esprit est similaire. Il s’agit ensuite de construire avec le connu, d’orienter sa propre méthode, sa propre analyse, sa propre interprétation, et d’aller vers l’inconnu pour l’interroger de multiples manières, d’un regard concentré pour entretenir la mémoire, premier des savoirs, d’une lecture attentive, d’un relevé d’informations. Ce qui nous concerne prend du sens. De là nous espérons. De là nous créons. Nous rebâtissons l’enfant que nous étions, rayonnant, aux sources de la vie, sans pré-jugement du construit, sentant absolument les forces auxquelles il est soumis. Peut-être même les a-t-on déjà rencontrées en pensées et que nous avons cette capacité de les reconnaître. La pensée d’un être au commencement est un brouillard, un nid de peurs effrayantes que des êtres de chair temporisent de leur savoir et de leur expérience. L’enfant est ainsi protégé. Il doit d’abord « faire son corps ». L’esprit se forme aux premières émotions ressenties, transmises, et par la communication, le langage admirablement composé de ce qui est vu aussi d’un visage. Cela n’arrive pas toujours. Il y a parfois des difficultés. On appelle cela des complications. Victime sans bourreau, l’esprit sait qu’il faut un autre. Il le construit entièrement. C’est peut-être plus difficile, ou plus loin. C’est différent. Les contacts sont attentionnés, mais l’autre n’est pas suffisamment là. L’esprit l’imagine, comme lui. Il n’a pas d’autre exemple. Ouf. Tu es là. Pareil, parfait. Un ami. Il n’y a rien d’autre autour. Un isolement. Ce n’est pas désagréable. Ça discute. Ça invente. Ça va même très vite. L’un et l’autre sont autonomes. Ils changent. Ils ne sont plus la copie l’un de l’autre. Des idéaux se forment. Débats. Discorde. On ne s’en sort pas. Crier. L’autour se mobilise. L’attention se décuple. L’image de soi se reforme. L’autre n’a plus de raison d’être. On feint qu’il a été amalgamé mais il tente sa propre aventure encore. L’autour construit. L’esprit a la forme identifiable. Ce qui gouverne vient prendre en charge, sans distinction. Finir la formation. Replacer. Il n’y aura qu’une image de soi. La quintessence. Elle naît dans de bonnes conditions sociales. Elle aura un devenir soyeux. Un devenir valeureux.

---