Thursday, January 16, 2020

Chroniques de l'invisible - 011

Je me suis souvent demandé s’il allait y avoir des jours blancs, comme des points d’équilibre, et c’est en observant comment les éléments s’articulent, ce qu’ils viennent signifier, que je m’aperçois que l’un de ces jours vient de commencer, une fenêtre dans le temps s’ouvre. Je l’associe à la lune alors je relève : 21 jours (son âge), 61 % (sa réflexibilité), balance. Le désir est plus fort. Il s’exprime. Je reconnais qu’il peut y avoir un guide, que le désir lui-même, par sa récurrence, conduise à ne jamais figer l’écriture, à ne pas s’attarder sur ce qui englue, ficelle. Ainsi se dévoile un autre calendrier, une autre manière de penser. Je n’ai rien à perdre d’essayer. Évidemment que la fréquence et parfois les variations de vitesse sont là pour stimuler puisqu’il n’y a rien de prédéterminé. On devient l’impertinent qui invente plus librement que le maître, celui qui n’est pas d’accord avec les conclusions, celui qui, puisqu’il y aurait des « principes », les applique à tout et pour tout au risque de poser des questions embarrassantes ou de retenir, empêcher, les aspects conclusifs. Entre nous, on l’appelait Mister Météo, toujours à nous donner la pluie et le beau temps. Il avait une manière de tout ritualiser jusqu’à l’ordre des objets qu’il plaçait sur son bureau. Ils étaient toujours à la même place. La montre, le calepin, le crayon, un verre d’eau et plusieurs paires de lunettes qu’on ne le voyait jamais saisir ni pour lire ni pour voir de loin. Nous n’avions selon lui qu’à apprendre ce qu’il savait, des listes et des listes. On récitait, il évaluait, puis il reportait sur son calepin des sortes de courbes de progression. Nos regards les apercevaient au hasard de nos entrées et sorties. Des chiffres, des codes dont rien ne révélait le secret, des dates, et ça plongeait, ça se redressait. Ce que nous ne savions pas à cause de notre permanente paranoïa de la note instituée par l’institution scolaire, c’est qu’en fait, Mister Météo se servait de ces graphismes pour auto-évaluer la pertinence de sa méthode d’enseignement. Il devait très certainement grâce à cela élaborer d’autres combinaisons, car le sujet, lui, ne changeait pas, et un élève n’aurait jamais conçu qu’en cet homme quelque aspect de sa pratique avait évolué au fil du temps. Quoi qu’il en soit, il devait dégager un certain magnétisme pour le savoir, car à chaque fois que nous sortions, après l’énervement et le plaisir d’encore se moquer collectivement d’un ancien, nous nous isolions dans l’étude et nous cherchions. C’est ainsi que nous nous retrouvions, à distance. La Pensée était en mouvement et en connexion. Il est vrai que je m’installe encore dans ces deux positions, le maître et l’apprenant. Je le fais autant dans la vie sociale que dans l’imaginaire. Les liens qui s’associent sont alors très furtifs. Ce n’est pas le ping-pong des humeurs d’un bipolaire. C’est plus progressif. Là aussi les vitesses sont variables, comme des allers rapides et des retours lents. Le point d’équilibre. À ce stade, je n’en sais pas beaucoup plus à part qu’il faut apprendre à occuper des espaces où l’esprit ayant saturé (ou étant saturé) réclame une pause. On aimerait le contraire, que la découverte et la maîtrise soit permanente, continue. Le célèbre adage « plus on fait, mieux on s’en sert ». Cela fonctionne mal avec la nouveauté, surtout lorsque le désir est très fort et qu’on voudrait que cela ne s’arrête jamais. Les questions fusent. Un besoin lié à la preuve, à l’application. Tout lutte contre ce qui devient une illusion. Semble l’être en tout cas. Il n’y a pas d’autre solution. C’est un mensonge. Ça ne marche pas. On jette tout par les fenêtres. Pour que cela ne s’effondre pas, un retour à l’introspection est nécessaire. La question du corps, en quelque sorte, machinerie complexe dans laquelle n’agit évidemment pas que la pensée. Nous sommes des êtres sociaux et ce que nous croyons se loger dans la tête est en nous partout disséminé, subissant l’influence de tout ce qui lui est extérieur, de la météo aux astres et de tout ce qu’expriment les êtres qui nous entourent, du plus proche au plus éloigné, celles et ceux qui constituent la loi qui nous gouverne. La subjectivité est notre capacité de prendre en compte l’extérieur avant de conclure à une maladie grave ou à un problème personnel. Des signes d’une agressivité ressentie a peut-être un lien avec notre manière intime d’être au monde, mais il y a de très fortes chances que cela ait un rapport avec ce qui compose l’autour et qui, plus nous en sommes détachés, vient contredire nos affinités surtout si nous y voyons plus clair concernant l’action de certains dans des domaines qui nous concernent directement. Faire en sorte que ce soit notre esprit qui gouverne (non le monde mais nous-mêmes) réclame une grande ténacité et que se réalise de notre vivant des actes « supérieurs », des objets de notre propre création. Nous aurons créé. Nous serons à la place la plus noble, celle qui fut attribué à Dieu en son temps, celle qui génère de la vie, unique, en son sein. « Donner vie à », c’est entretenir ce qui fait, a fait, fera, que nous sommes là pour en parler, un respect de l’origine et notre participation pour perpétuer l’énergie que l’on pourrait qualifier de fondatrice. Cependant, l’Esprit, le nôtre donc en partie exploité, n’est pas le fruit de notre seule action. Ni de notre seule réflexion. Nous nous y plaçons au centre par choix constitutif, préférant que le reste nous accompagne. C’est un leurre de s’y croire meneur, mais nous y participons. Dans le même sens. Le même objectif. Un lien sans hiérarchie si ce n’est le proche et le lointain (y compris passé et présent) comparable à ce que le tissu social a formé depuis que nous sommes nés. Il n’y aura pas d’autre vie pour en parler. Il n’y a pas d’autre sujet que la vie. Et tout cela copule. Notre action sociale est le fruit de tout cela.

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Wednesday, January 15, 2020

Chroniques de l'invisible - 010

Je ne m’oblige à rien. L’esprit devenant à la fois mon trésor et ce qu’il y a de plus important. Il est « l’avant tout ». S’il porte une signification progressive, c’est pour toujours renverser ce qui pollue notre représentation, les aspects sociaux que nous jugeons primordiaux, l’idée que nous serions meilleurs qu’un autre. La révélation n’a que faire de tout cela, si ce n’est d’aider l’artiste à concevoir des manières adaptées, pour enseigner, donner, agir dans la matière humaine, dans son échelle, dans ce qui est la rencontre entre le connu et l’inconnu, les domaines de l’action œuvrant alors sur la quintessence. Il n’y a aucune limite dans la fréquence dès lors qu’il s’agit d’étudier. L’apport du temps, me concernant, l’expérience, est ce qui mobilise en moi d’apprendre à partir de ce que je connais et maîtrise, me laissant guider par un désir très puissant lorsqu’il s’oriente vers la seule autonomie que je préconise et adopte de mieux en mieux sans ce scrupule qui me retiendrait parce que mon parcours n’était pas identifiable pour qui s’en tient aux lauriers et aux mondanités. Cependant, les faits sociaux continuent leur œuvre, également, dans le temps. Les effets sur ma sensibilité sont parfois violents. Ils provoquent un besoin de me plonger dans le réalisé, l’achevé, ce qui est disponible autant pour l’autre que pour moi. L’œuvre en quelque sorte solidement ancrée continue de travailler. Chaque élément la constituant continue de dialoguer. C’est ainsi que cela communique. L’émotion empêcherait d’en parler. Il ne faut plus craindre cela. Les effondrements redoutés sont liés seulement à l’œuvre en devenir, aux fameux cycles d’assimilation, d’animation et de réalisation concrète. Je le date d’aujourd’hui. Cela commence. Pour plus tard raconter comment cela naît et se forme dans la durée. Je suis d’accord pour m’emporter entier et partout, dans l’espace et le temps, et ce n’est pas une simple coïncidence, ni une facilité, une lecture d’un code qu’on nous aurait fourni. Les schémas préétablis n’ont aucune chance d’aboutir. Ce serait apprendre une leçon par cœur. Il est bien question de mémoire, mais avant qu’elle soit effective, nous devons déconstruire ce qui socialement nous oblige à penser des formes hiérarchiques et des savoirs qui leur seraient associés. Peu à peu s’installent, en plus d’autres durées, d’autres fonctions. Le récit, les questions, les sujets, le dialogue intérieur, la conversation. Tout cela, de toute évidence, ne s’épuise pas.

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Tuesday, January 14, 2020

Chroniques de l'invisible - 009

Les pensées de l’éveil. Restées dans l’inconnu. Non heurtées. Je dirais plus vives et plus colorées. Je tente une aventure dite nocturne, ou un début de roman encore, du type : Je lui disais un jour, nous promenant en forêt, que je regardais toujours comment allaient les oiseaux. Les pensées de l’éveil. Entrées dans le quotidien. Plus inquiètes parfois. Je mets en doute. Peut-être la vitesse qui fatigue, l’énergie que cela demande. Ou peut-être suis-je juste devenu poète. On dira : il s’est levé un matin et il était poète. Au début du XXIe siècle, on ne savait rien. On avait beau dire que le progrès avait atteint tous les niveaux record, on ne savait rien. Et lorsque l’on tentait de le signifier, on nous répondait : Et où est la preuve de ce que vous avancez ? Dans un mot que j’ai trouvé l’autre jour, quintessence. Dans le regard d’un oiseau. Ainsi, comme je l’ai déjà écrit, l’option efficace par laquelle je peux continuer d’agir est la durée, tout ce qui mobilise dans un autre domaine que celui dans lequel la matérialité nous sommerait de croupir. Il ne s’agit pas de faire sans, mais de participer à l’élaboration d’une structure plus vaste, la seule preuve ne pouvant être que le vivant de l’être, l’ignorant. C’est toujours impressionnant de se trouver à un point d’étape, la fin d’un cycle et l’orée d’un nouveau. La première impression est un effondrement, une fatigue. Ainsi, rien n’aurait abouti, et rien n’aboutira si tout ne fait que tourner. Je n’ai pas encore ni la notion ni la connaissance technique de la durée d’un cycle, s’il y en a plusieurs s’alliant, se contredisant à différentes échelles, dans quelle mesure ils se complètent. Je ne fais, en quelque sorte, que relever ce qui change dans ma perception, comment des facteurs réels annoncent de possibles devenirs, la surprise d’un désir s’accomplissant, dans le calme d’une même place que j’occupe sans la dimension qui faisait que je m’y sentais exister, sans plus aucun besoin de négociation. Me voici donc, dans mon domaine, bien plus réceptif et « efficace », dans le sens où ne m’occupant plus que de l’entièreté de mon sujet, mon esprit accueille avec humanité toutes les émotions qui se dégagent de ce « corps en formation », corps astral d’une certaine manière même si cette appellation, je le sens, va s’affiner dans le temps. D’ailleurs, tentons tout de suite en remplaçant formation par floraison. Je pressentais une histoire d’arbre intérieur, mais la fleur est peut-être plus modeste. De fait, une lumière se fait. Ce n’est pas de l’ordre de la révélation mais plutôt de l’ordre de la compréhension. À ce stade, je ne suis pas surpris de mieux gérer quelques notions, mais de là à ce que cela témoigne, accompagne ou évoque à ce point l’équilibre me bouleverse. La fleur « blasonnée », protégée, est en symbiose. « Je pars à la recherche de ce qui me dépasse et qui est déjà en moi ». Retour au sujet principal.

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Monday, January 13, 2020

Chroniques de l'invisible - 008

J’adopte encore une manière de lier toujours chaque élément, ainsi que ce que sont pour moi les jours et les nuits. Là aussi, la ritualisation ne se fait qu’à partir de ce dont j’ai l’intuition. La vivacité de l’éveil me laisse penser qu’il y aura ce jour de nombreuses réalisations. La quête initiatique est un dehors qui s’associe au dedans. Le fameux « mythe de la caverne », diraient certains universitaires. Oui, une caverne source, celle qui a conduit l’esprit à s’élever et qui continue à former sans demande préalable celles et ceux qui savent en cela qu’il y a là l’un des paramètres que l’intellect tente de figer avec des dates, des débuts et des fins, le Temps. Laisser des guides ou des traces de ces voies obstruées par les commandements, c’est rencontrer dans le silence de la beauté les moyens d’améliorer une connaissance qui n’a pas besoin des débats stériles basés sur la preuve irréfutable. Quête solitaire qui ne porte aucune inquiétude, et qui arrive déjà fortement dotée, richement préparée. Là où la magie opère instantanément, il n’y a pas de monstres marins ou de forces maléfiques. L’esprit n’a pas d’ennemi. Il a des guides, parfois des maîtres, au sens où ces personnages figurés ont une parfaite conscience de leurs acquis ne servant qu’à continuer d’observer et à protéger celles et ceux qui auront pris ce risque d’aller à la marge des préoccupations ordinaires. Ce monde qui semblera toujours parallèle n’est qu’abondance. On pourrait croire l’abondance proche d’un paradis où nous pouvons enfin jouir de tout. C’est en partie vrai mais il ne s’y trouve aucune forme d’excitation, d’envie de tout consommer. L’excitation a à voir avec ce qu’on nous ou se refuse, or l’abondance est à tous. Elle est la diversité du monde y compris dans ce qui s’y réalise. Lieu de paix et de calme. Lieu de rencontres également. La clairvoyance fut un combat de l’esprit, une réalisation donnant un pouvoir individuel. Nous l’avons mérité, d’autant que ce combat n’a tué personne dans la réalité, n’a soumis personne à notre volonté. Naît de tout cela une intime conviction aidant à placer chaque élément autour de soi ou en soi, ce qui pour l’esprit est similaire. Il s’agit ensuite de construire avec le connu, d’orienter sa propre méthode, sa propre analyse, sa propre interprétation, et d’aller vers l’inconnu pour l’interroger de multiples manières, d’un regard concentré pour entretenir la mémoire, premier des savoirs, d’une lecture attentive, d’un relevé d’informations. Ce qui nous concerne prend du sens. De là nous espérons. De là nous créons. Nous rebâtissons l’enfant que nous étions, rayonnant, aux sources de la vie, sans pré-jugement du construit, sentant absolument les forces auxquelles il est soumis. Peut-être même les a-t-on déjà rencontrées en pensées et que nous avons cette capacité de les reconnaître. La pensée d’un être au commencement est un brouillard, un nid de peurs effrayantes que des êtres de chair temporisent de leur savoir et de leur expérience. L’enfant est ainsi protégé. Il doit d’abord « faire son corps ». L’esprit se forme aux premières émotions ressenties, transmises, et par la communication, le langage admirablement composé de ce qui est vu aussi d’un visage. Cela n’arrive pas toujours. Il y a parfois des difficultés. On appelle cela des complications. Victime sans bourreau, l’esprit sait qu’il faut un autre. Il le construit entièrement. C’est peut-être plus difficile, ou plus loin. C’est différent. Les contacts sont attentionnés, mais l’autre n’est pas suffisamment là. L’esprit l’imagine, comme lui. Il n’a pas d’autre exemple. Ouf. Tu es là. Pareil, parfait. Un ami. Il n’y a rien d’autre autour. Un isolement. Ce n’est pas désagréable. Ça discute. Ça invente. Ça va même très vite. L’un et l’autre sont autonomes. Ils changent. Ils ne sont plus la copie l’un de l’autre. Des idéaux se forment. Débats. Discorde. On ne s’en sort pas. Crier. L’autour se mobilise. L’attention se décuple. L’image de soi se reforme. L’autre n’a plus de raison d’être. On feint qu’il a été amalgamé mais il tente sa propre aventure encore. L’autour construit. L’esprit a la forme identifiable. Ce qui gouverne vient prendre en charge, sans distinction. Finir la formation. Replacer. Il n’y aura qu’une image de soi. La quintessence. Elle naît dans de bonnes conditions sociales. Elle aura un devenir soyeux. Un devenir valeureux.

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Sunday, January 12, 2020

Fragment de jours - 09

Cet être qui se met peu à peu à exister ne se trouve que dans les mots. Je l’ai vu mort. C’était une possibilité. Et c’est celui qui dit « je ». Il est accueilli dans cet espace. Sans heurt, je lui laisse prendre sa place.

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Chroniques de l'invisible - 007

Il y a naturellement plus d’éléments agissants en dehors de soi-même si nous avons un moyen individuel d’agir. Disparaître du jour au lendemain n’aura aucune conséquence sur rien. Pourtant, c’est ce que j’ai fait. L’événement climatique peut, lui, modifier, renverser, détruire. Je ne parle même pas de l’échelle astrale. Les forces et les énergies sont telles que leur interdépendance, leurs influences et, plus globalement l’action des unes sur l’action des autres, bref, tout mouvement de cet ordre nous mobilise, il est une immense vague qui nous emporte, les énergies nous traversent comme des éclairs. La pensée agissante, dans son domaine, élabore une stratégie nécessaire au rétablissement ou à la destruction de l’ordre établi. C’est comme une première mission. Il n’y en a pas d’autre lorsqu’il s’agit de l’action individuelle tant qu’une forme d’harmonie ne serait pas atteinte. Il n’est pas utile de s’inclure dans ce qui semble être le fruit d’égos surdimensionnés, même si ces établissements ont, à leur manière, apporté un sens à l’histoire jusqu’à devenir parfois la seule trace à partir de laquelle je peux penser l’évolution. En quelque sorte, cette capacité à pouvoir laisser trace est une victoire d’une action spirituelle sur une autre. A priori seulement, car de tout ce qui s’étudie, nombre d’éléments ont été détruit et, en dehors, en deçà, en même temps, d’autres traces d’autres actions spirituelles continuent aussi. Ces dernières n’ont pas d’attention sur le présent à part la forme qu’elles adoptent, sachant s’inscrire dans la durée, se sachant enracinées et évoluant dans un autre domaine tout aussi agissant que ce qui est visible aujourd’hui. C’est le rôle continu de l’écriture qui ne s’adresse, globalement, qu’à l’inconnu, à ce qui ne se rencontre pas absolument, acte d’enseignement universel n’ayant pas peur d’être dans le flux d’élément qui détournera l’ordre établi. Je ne vais pas m’établir hors de ce champ, hors de cette ère qui est essentielle à l’établissement du socle gouvernant ou participant au gouvernement global. Tout cela doit sembler et trahir, entrer dans l’ordre pour le renverser. Ainsi peut naître la révélation frappant l’esprit, un choc nécessaire pour se saisir d’une arme efficace. Sans ce bousculement, l’esprit se prélasse, il suit le courant dominant, se pervertit. Le choc conduit à remettre en question l’ensemble des certitudes intellectuelles, n’ayant d’autre domaine alors que l’errance, prenant le risque d’être celle ou celui qui se perdra ou sera sacrifié. Oui, se saisir d’une arme, pour combattre, la non-maîtrise inhérente étant justement sa force. Il y a tout, d’un coup. Les blessures du passé, les désirs du présent, les humeurs tentant de devenir des volontés. L’émotion est la première atteinte. L’aider doit contenir l’élément positif de la joie. La joie d’abord. Se réjouir que cela arrive. Prendre le temps de laisser ce mouvement agir, formant avec l’humilité la possibilité d’un autre, en soi ou en dehors de soi, un apport constant. Le « je » contient cela. Il n’est rien d’autre qu’une distraction, n’a d’autre fin que lui-même, en son lieu, progressant. Le laisser faire. Il est ce qui est le plus concret, ne se trompe pas. La force intérieure, agissant par rayonnement. Il place la possibilité, déjà, d’un bilan, après somme toute si peu de temps. J’apprends à jongler, à manipuler. À classer également, donner de l’importance. Le germe planté a pris. Je dois le nourrir avec les moyens d’un pauvre, avec, uniquement, ce dont j’ai directement besoin. Sur chaque « partie », je me libère d’un a priori et je ne suppose rien qui dévaloriserait le message qui m’est généreusement, justement, délivré. Je ne sais pas encore pourquoi, mais il me semble essentiel de ne pas répondre à l’injonction, à ce qu’un autre, même si je l’accepte existant, choisirait à ma place. L’autre peut guider si je prends en considération son œuvre, mais il ne devient pas maître pour autant. Le choix, en effet, la prise de décision, pour ma propre évolution. Je n’ai ni besoin d’être rassuré ni besoin qu’on me dise ce que je serai. En mon domaine, je n’ai qu’à me cultiver. À cultiver la force intérieure. Elle n’est pas qu’une volonté. La volonté ne suffit pas, ne me suffit pas. J’ai un lien avec ce qui s’enracine, la culture de l’esprit. Je pense au héros que j’ai fait naître dans la fiction. Au point d’aboutir, il sera face à l’énigme, peut-être même l’épreuve. Ce ne sera pas si facile. Il ne faut pas croire que tout se résout à coup de baguette magique. La remise en question de sa propre capacité et le temps sont les chemins. Ce n’est pas maintenant que cela concerne, et cela n’ira pas vite. Les attributs m’impressionnent encore. La puissance certainement, ou le pouvoir. Ce qui méprise ma condition en plaçant devant moi des sources d’incompréhension. Je reste en dehors, je me rejette, mais aussi parce qu’un temple est protégé et qu’il me rejette. Je dois donc me battre. C’est un conflit intérieur. Pour l’instant, je ne le « contrôle » pas, je n’ai pas le dessus. L’ardeur n’est pas suffisante, encore trop ficelée dans l’intellect. Ce qui fait lien, ce qui connecte, c’est ce qui se compose et ce qui s’écrit. Attendre encore ou poursuivre. De toute façon, ça n’attend plus. L’aventure concerne tant l’être social que tout se discute, se trame où que la vie nous ait placés. La mémoire fait son travail. À chaque ouverture il y sera question de ce qui fera sens une seule fois pour orienter l’émotion provoquée. Maintenant qu’elle est en mouvement, l’écriture n’a plus qu’à se laisser envahir par cette forme de grâce qu’on pourrait nommer, si je n’en sais pas plus encore, l’inspiration, ce qui précède toute expression de soi à travers soi. Le conciliabule, c’est l’œuvre entière, son objectif, sa finalité. J’en suis au commencement. L’œuvre brute. L’accès mobilise mon attention. Oui, il faut passer à l’étape suivante, construire pas à pas tel que je le ressens. Ce qui est là semble abouti. Plus qu’un dernier « échelon ». La nébuleuse va s’éclaircir. Je ressens ce puissant attrait à l’origine, comme tout s’est formé, comme nous supposons que c’est, au-delà, peut-être par analogie. De mieux en mieux par observation, puis par le calcul, la déduction. Cela me concentre sur la sur-dimension, la force qui nous suspend, là où nous sommes posés. Ce qui vient de se produire. Le trouble de la pensée. J’ai le soutien nécessaire, même si cela m’étouffe encore et m’impressionne. Il y a une extraordinaire vitesse. Je dis des mots, ou les pense, mais ne les écris pas. Je comprends juste ce qui me retient, me stabilise. Je comprends aussi ce qui compose. Tout n’est pas au même niveau. C’est un récit. Une présentation de personnages. Ils sont immortels. S’arrêter à ce qu’ils évoquent tout le temps ne mène pas à grand-chose. Les concevoir agissant, progressant selon l’émotion d’un moment forcément lié à l’énergie universelle, c’est accepter le pouvoir qu’ils auront d’une vie intérieure illimitée.

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Saturday, January 11, 2020

Chroniques de l'invisible - 006

Dès que le mot est là, il y a à la fois conduite et détermination. Il mobilise l’attention. Il semble presque s’imposer à tout. Le premier qui tombe est donc comme un ordre adressé à la conscience. Quelque chose s’ouvre alors, un combat d’idées en quelque sorte, une confrontation entre ce que je crois être et la réalité, ce qui paraît au monde et ne tient pas compte, par méconnaissance, de l’influence réelle, en lien avec la « matière qui nous entoure ». On ne peut taire le lieu où la vie de l’être commence. Faire confiance naturellement préfigure que la vie de l’être est placée sous la protection d’une force énigmatique qui n’attend rien de ce qu’elle crée à part tenter de peupler sans connaître la portée de ce qui est créé en dehors du corps qui l’a porté et conçu. La porte qui s’ouvre est immense, mais elle ne laisse pas l’être sans l’intuition de ce dont il aura besoin pour mieux vivre. Il y a toujours un apport supplémentaire pour sortir de la dualité, comme un médiateur pacifique. Je dois être très attentif à ce qui se passera autour du 20 janvier. Une alliance ou une transition, la réalisation concrète due à un contrôle territorial, un espace où s’exprime le savoir, d’où certaines méfiances ont totalement disparues parce qu’elles sont désormais sous contrôle et efficiente. Il n’y aura pas de nouvelle voie, l’envol seulement d’une présentation, en solitude encore, en travail. Le deuxième mot, donc, ne fait pas que correspondre ou s’opposer au premier. Il est rendu possible, compréhensible, par ce que le premier a déjà déposé. Les options ne sont pas si nombreuses à ce stade. Ce que je mémorise le sera absolument. Ce que je ne sais pas, je ne le devinerai pas. La nécessité d’un « associé », proche de la figure du maître pourrait se traduire par une rencontre parce que je le désire ardemment. Le troisième mot confirme, interroge, prépare la suite, le retournement, le changement d’allure, une forme de rajeunissement de l’être qui n’a plus aucun frein pour encore mieux s’établir. De toute évidence, je comprends mieux la supercherie mais il faudra, même à ce niveau, que je vive avec parce qu’elle est inhérente au fait social. On trompe pour avoir le contrôle et si possible le pouvoir, pour diriger la conscience vers un point de dépendance dont on ne pourrait sortir qu’en payant, y compris de sa vie. Ce à quoi je ne m’attendais pas est en train de se produire. C’est possible par la représentation, le travail, l’invention, l’expérience, la symbolisation primant sur la signification, car il serait banal de concevoir que l’être ne doit son autonomie qu’à une seule raison d’être voire une seule personne. L’accumulation de l’instinct et de l’intuition n’est pas une spécificité de l’être humain pleinement englobé dans une autre nature que la nature sociale. L’esprit, le seul dont nous avons connaissance, se donne sans compter. Son objectif est de persister au-delà de l’individu pour accompagner celle ou celui qui se propose de devenir un bâtisseur, une aide pour des temporalités qui échappent à la conception, vivre devenant participer à l’élaboration d’une existence éternelle, dans la limite que pour le moment, à ce jour, je sais qu’elle s’arrêtera. C’est là le grand paradoxe d’œuvrer pour une meilleure conscience dont je ne jouirai pas sachant que tout cela, peut-être, s’effondrera. C’est sans doute trop tôt pour le savoir, à moins que je ne le sache jamais. Des qualités s’expriment de fait, en soi. Parmi elles, cette sorte de labeur que rien ne nous impose et pourtant s’impose. Je le vois depuis la nuit des temps ne cesser de construire. Je m’intéresse moins, instantanément, à ces « manières de vivre » qui coexistent. Ce qui compte est ce que je poursuis, les outils que je place peu à peu dans mon entourage pour, déjà, à mon niveau, progresser. Ce n’est donc peut-être pas si mystérieux, au sens où tout m’est accessible. La « chose » se forme peu à peu. J’y accède sans heurt, sans commander une ligne de conduite qui pourrait également se traduire par une ligne de fuite. Le plus important, je le mesure de mieux en mieux, est de mettre en corrélation l’ensemble de mes pressentiments avec les données qui me sont accessibles intellectuellement, et je n’ai d’autre parcours alors que celui que je poursuis, sans inquiétude. Tant que cela propulse du devenir, je l’accueille avec une grande énergie et somme toute beaucoup de joie. C’est le même étonnement à chaque étape. Oui, cela se produit. L’enthousiasme gagne. Il survole. Il accomplit. Me voilà sur un terrain de conquête où la vie s’anime comme elle aurait dû s’animer depuis fort longtemps, ce qui explique pourquoi je me suis jeté dans cette voie, pour la singularité (c’est possible) mais avant tout pour le bonheur que cela procure à chaque instant de se sentir appartenir à un tout sans aucune faille. Ma curiosité s’en retrouve totalement excitée. Je glisse dans l’élément le plus fluide du monde, au gré des courants naissants et se renforçant. L’entraide devient l’élément fondateur, où que l’on soit. Ce qui « peuple » est divers mais la raison de bâtir est la même. C’est le même espace. C’est le même lieu. Je veux accélérer les mises en correspondance. Pour m’amuser. Il n’y a plus rien à compter. Je ferai quelque bilan dans l’ivresse. Je me moquerai même pour désacraliser ce que nous croyons issu du commandement. La merveille est de le voir se réaliser en pleine vie, dans le présent. Je n’ai plus qu’un commandement, celui du « je ». Tout s’unit. C’est une conclusion. Je vais maintenant tout faire pour me libérer. Me voilà entre ciel et terre, le seul qui, dans mon entourage, témoigne d’un acquis diversement adressé pour ce qu’il promet d’être à la fois respecté et promu. L’idée de promotion a du mal à s’imposer à cause de mes opinions à cet égard, pour le moment arrêté à l’idée qu’il n’y a pas d’élu, de meilleur qu’un autre. Les correspondances que je tente, à chaque fois, me somme de rester dans mon sujet. Il y a un temps pour tout, soit, mais chaque chose à sa place. Cela correspondra quand il le faudra. J’associe cependant car je ne peux pas faire autrement. Ce qui est lancé est désormais en cours de perfectionnement. J’accepte l’humilité de départ, mais ne m’en dévalorise pas. Accepter sa condition serait presque la première condition. Ne rien envisager d’autre qu’un autre nous aurait subtilisé ou regretter un dessein qu’on nous aurait empêché. La valeur sûre est la terre sur laquelle je me suis posé (ou sur laquelle j’ai été placé, la vie ne cessant de tenter l’aventure pour renforcer sa « matérialité »). La générosité devient la qualité à maintenir active par le travail. On m’a donné, je donne. J’en suis là grâce à ce qui m’a construit. Je ne le dois pas à un don du ciel. Là où je suis plus avancé, j’accélère. J’en serai remercié, accueilli. L’autorité spirituelle me rassure. Elle me dit de mieux me concentrer sur mon sujet. Presque rien d’autre. Travailler à l’élaboration de son autoportrait. Continuer à ne voir qu’une chose après l’autre. Rien ne commande. Il n’y a pas de règle préétablie. L’aboutissement est d’autant plus énergique qu’il est individuel. Retour au sujet de l’actuel : l’alter égo. Ce qui se croise, s’enlace, se met en mouvement pour fonder l’imaginaire dans la lecture chaque fois différente d’une semblable continuité apparente seulement pour qui n’a jamais tenté l’aventure. Car il y a un risque à tout cela. Mieux être en soi, c’est ne plus avoir d’enjeu de conquête, n’avoir plus de raison d’être dans le tissu social qui, lui aussi, travaille à sa manière sa perpétuation. Ne plus rien avoir à y faire, cela veut dire rompre. Tout saigne à devenir. L’émotion qui s’en dégage est fragilisée. Ce qui la protège est supérieur. C’est troublant d’imaginer encore une autre dimension dite englobante. Je n’y aurai pas accès. Je sais juste que c’est là. Je le mets en option, non pour dire mais pour justifier certains régimes dus à des réactions qui ne concernent pas directement le fait relaté. Je reviens donc à l’étude pour identifier d’abord, comparer, commencer à signifier, entrant peu à peu, aussi, en phase de repos pour me laisser prendre du plaisir à juste lire, juste lire sans dire.

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Friday, January 10, 2020

Chroniques de l'invisible - 005

Pleine lune en cancer. Il est vrai que la période de trouble est très forte. Je comprends mieux pourquoi des règles s’installent. On aurait besoin de donner du sens, sinon, serions-nous gouvernés par le hasard de la vie ? Manifestement non. Commander la douceur d’écrire et ne pas se laisser envahir par les superstitions a dû être une rencontre fabuleuse, une nécessité, peut-être même un premier traité de paix. Tout cela, on se l’imagine mal. Un Moyen Âge de l’écriture. Des domaines comme des territoires de la pensée qui, de toute façon, s’articulent déjà. Au sommet d’un état de l’être, une garantie. Je l’accepte absolument lorsqu’il s’agit de cette merveilleuse alchimie, mais je la mets en doute pour les effets du réel, alors que cela se coordonne de la même manière. C’est dans l’enseignement que je puise, dans ce qu’on laisse disponible pour agir aussi bien sur la durée universelle que sur notre action éphémère. La douceur qui s’installe a un aspect presque consécutif aux événements à la fois troublants et symboliquement violents. Ce n’est pas l’action d’un corps sur un autre, d’une même temporalité qu’on pourrait croire admirablement partagée en deux valeurs égales. C’est le même corps au sein duquel énergies et influences, intuitions et conceptions, se dotent pour ne pas avoir à revenir aux deux tentations les plus fortes : imposer et détruire. L’autorité spirituelle est un alter égo. Elle n’a pas été conçue avant l’être. C’est l’être qui la fabrique sur son chemin de vie. Elle est nécessaire à toutes les confrontations sensorielles auxquelles chacun risque d’être soumis. Là où elle fait autorité, c’est dans la pensée, l’imaginaire par exemple, ou ce que l’on se raconte à soi-même. Le transvasement de l’un à l’autre de ces univers par nature fictifs est équivalent même si les temporalités ne sont pas similaires. L’autorité est ce qui nous appartient absolument, la marque d’un tempérament, d’un caractère social. Elle peut être plus ou moins sauvegardée, et malheureusement peut se laisser corrompre, envahir, détourner. Le premier réflexe pour l’identifier fut me concernant de me précipiter dans le savoir, l’étude, la spécialisation alors qu’il suffisait, comme je sais pourtant le faire, de composer au fur et à mesure en agissant sur mes réceptions avec la même manière, presque sans réfléchir, comme une imprégnation. Retour donc à mon niveau, là où je suis et ce que je peux comprendre. Avec quelques ajouts et quelques associations, tout s’activera. Le fait de ne pas laisser agir les seules dualités d’hier met en articulation le réseau, n’empêche pas l’harmonie et l’équilibre. Rien, jusqu’ici, ne m’annonce que ce n’est pas la bonne voie. Je ferai peut-être mieux. Je suis curieux d’ailleurs de voir ce que serait une menace. Tout dit le franchissement d’un niveau, comme une récompense interne. Parce que nous n’aurions pas la même source de langage, quelque chose qui ne se dit pas avec mes mots, une autre manière de communiquer, voies sans fin possible surtout lorsque l’on admet que c’est là, que cela agit mais que nous n’en savons rien. La plus belle orientation du contrôle est qu’il prend source dans le non-savoir au sens de tout ce qui ne peut pas être dicté. Je ne suis pas surpris de constater alors que tout accélère. D’avoir mis à l’étude me fait bien mieux apprécier la beauté. Une sensibilité s’affine. J’adore lorsque je me dis que cela ne s’arrêtera peut-être jamais. Que je suis dans un dynamisme infini. Ce n’est sans doute pas sans signification qu’à présent le calendrier compte. Il sera une mémoire de cette période. Cela ne concerna pas autrui encore, à part que des connexions se transforment en temps réel dans mes relations sociales. J’y trouve un accueil favorable. À ce stade, je ne perçois que des aspects positifs. Une infinie confirmation de l’état de l’être. J’attends que le livre me parle. J’y perçois une voie possible. Mon interrogation sur la figure d’auteur (mon alter égo) se poursuit, ou se forme. Y croire, c’est ne rien précipiter. La foi comme une tentation, corrigeant les défauts d’origine ou les erreurs de jugement.

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Thursday, January 9, 2020

Chroniques de l'invisible - 004

C’est à partir d’un élément fantaisiste que l’on peut en quelque sorte désacraliser l’office, mais on ne le fait pas. Cela s’accompagne. Faudrait-il distraire l’esprit. L’aimer sans doute pour lui offrir quelques nourritures. De la lecture, des jeux, pour qu’il s’endorme en continuant de créer. Il produit alors de l’imaginaire. Je reviens au passé. Le passé récent. Nous partons tous avec le même bagage, bien fourni, bien orné. Je dis : « évidemment que ce qui se porte aux lèvres à son importance ». La recherche ou la définition d’une image supérieure à soi à partir d’une forte stabilité matérielle. Le tout trop tôt ou trop vite alors que la règle s’installe peu à peu. Des décisions n’ont pas été prises seulement au hasard de la vie, des rencontres ou des événements. Ce qui s’invente à partir de cela reste flou ou trouble. Une hiérarchie est en place à l’arrivée. Si nous partons égaux, nous n’arrivons pas dans le chaos, dans rien. Les aspirations intellectuelles ont leur place. Elles sont même au centre, objectif ou origine. Pour et à partir de. C’est un travail d’observation, de relevé, d’assimilation. Aucune conclusion hâtive. L’apprenti à l’œuvre ne pourra, à nouveau, ne résoudre qu’une énigme. L’esprit est disposé, apaisé, dynamique. Il appelle à la concentration. Concernant l’essence même, fluide par nature, ou en tout cas mouvante, comme un moteur incessant. Ce qui explique et s’explique protège. Une grande interrogation se pose sur le fond, ce qui englobe et croît. L’accomplissement est assuré. Ce qui disparaît se symbolise, annonce l’aboutissement, un lien fort avec l’autorité spirituelle, peut-être une forme de dédoublement tutélaire. L’individu isolé ne peut plus correspondre. Ce qui émane révèle deux niveaux ou deux étapes. Pour un enrichissement, il faut apprendre à recevoir. J’apprends à contredire les apparitions. Une sorte de « je ne suis pas d’accord » s’anime encore plus fortement. Une crise d’autorité en somme telle que celles qui m’ont offert mon autonomie. Ce qui se protège n’est qu’association et fluidité. Les sacrifices ne se nomment pas encore. Trop douloureux. Il faut un renversement. Le point de vue se radicalise, fait prendre de l’aplomb. On ne rigole pas avec la capacité humaine. Inutile de la confondre avec une action sur soi, ce qui n’empêche pas l’influence. Le devenir a plus d’importance. Rien ne retient. Ce qui se transforme est la relation sociale, sans conflit, dans l’errance joyeuse d’un choix définitif, ce qui compose et oriente les possibles. Les options sont nombreuses, déterminées. Ce que je vais devenir me plaît. Je me souviendrai de toutes ces étapes. Je les expliquerai voire les enseignerai. Il est question de devenir et non d’avenir. Le devenir vers l’exception. Il y a parfois plein à vivre et peu à comprendre intellectuellement. Le bonheur m’envahit de m’être fait piéger par l’énigme. On ne peut s’en détacher que par la fantaisie de la durée. Aller plus loin comme franchir le seuil. Violent débat. Voici le point de vue sur lequel je prends une décision. Il ne sera pas utile de le justifier. Le seul ordre qui tient est le début allant à la fin. Le contenant s’articule avec cette fluidité acquise. Je peux laisser agir ma colère contre ce qui impose. Le renversement a eu lieu. J’affirme mes préférences qui seront mon attention particulière. Cela ne se voit pas mais s’imagine avant tout. Je suis dans une période où j’accepte l’enseignement, les conseils. Il y aura une suite. Si je veux le savoir, je ne dois pas m’arrêter à la complaisance. Je dois m’attribuer un allié ou un maître spirituel. Je le pressens. Cela se compose. L’art de la contradiction. Modifier à chaque instant la focalisation. L’élément soyeux n’est pas forcément bienfaiteur. Il y a peut-être même une menace dans ce que je croyais protecteur. Je n’ai d’yeux que pour l’idéal. Un bonheur d’enfant que je retrouve après avoir cru que devenir adulte consistait à s’empêcher ce bonheur. L’essence du héros. À l’instant même où j’ai tenté de me moquer, une autorité me rappelle à l’ordre. Je tente de combiner mais le silence s’impose. Tout cela ne me veut que du bien. La manière avec laquelle je vais l’aborder doit me dire ce qui se place dans mon domaine, ou comment habiter cette Terre aux violences exubérées. Alors que tout est si calme la majeure partie du temps. L’image propulsée n’a pour objectif que d’inquiéter. Ce retour au livre est là pour traduire un désir d’accomplissement. Cela m’appelle au respect. La rencontre est alors immédiate. L’amitié profonde. Le bonheur de revoir. Dans la fluidité du temps, je parcours l’illustration imprimée dans ma mémoire sensorielle. L’unité est si belle que je me demande où j’en étais resté de mes velléités ésotériques, à trop vouloir, cumulant l’activité jusqu’à l’épuisement. Il est vrai que j’en étais venu à me piéger dans le calcul. Tout allait devenir stratégique. Au point de tout archiver pour l’histoire littéraire. Heureusement pour moi que je trouve les outils qui déchaînent et que ces outils contiennent suffisamment de bienveillance pour me conduire où il faut et m’orienter. Ce qui me contient. Voilà ce que l’on me raconte. J’ai été éveillé. Je dois l’ancrer dans mon histoire. L’enraciner. J’y passerai le temps qu’il faut. Il serait trop brutal que je trouve l’intégrale explication. Ce ne sont que des rappels. Des aide-mémoires. L’avis éclairé est là pour m’accompagner. Ce qui me repoussait devait être dû au fait que trop d’affect était engagé dans le « devoir de réaliser ». Je n’ai pourtant face à moi que des êtres de même nature. Maintenant que je sais que je peux compter sur cet apport, je continue. Je m’imagine dans le futur. Je construis l’image mentale du devenir. Je dois pour cela m’assurer que je ne prends pas à nouveau des chemins d’addiction ou de dépendance. L’image mentale nécessaire, au-delà de la correspondance, est la liaison. Les mots changent. Je peux avoir confiance et m’endormir paisiblement. Je sais que tout cela travaillera en moi, où cela se situe et ce qui veille.

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Wednesday, January 8, 2020

Chroniques de l'invisible - 003

On peut tout dire à partir de très peu. Je suis attiré par l’exception, la jeunesse, au sens vitalité. Il y a bien une correspondance à faire entre le nouveau et l’ancien. Il n’y a pas à se sentir moins noble. État de virginité où le désir s’accumule. Potentiel créatif en gestation. Timidité. L’intellect interfère et bloque l’énergie. Les couleurs célestes. Le bleu. Les regards qui s’affrontent. Que des hommes. Rapport de société ou affectif en crise. Il faut se nourrir. S’amuser. Tout semble en circulation depuis longtemps, et pourtant c’est tout proche, dans l’instant, un présent d’écriture. S’amuser, donc, sans perdre de vue que le récit épaule, que cela autorise d’inventer à partir de soi, face à l’importance de soi. La clairvoyance oriente le regard. C’est un fond appelé à s’élever. Amour et sensualité, marques de naïveté. Aucun doute : une confiance sereine. Merveilleux amour, en effet. Si heureux de voir la lune. D’un même élément, le corps s’équilibre. Figure ailée et couronnée. J’aime les symétries, le « nœud » d’un monde. Tout brille, y compris les papillons dorés. C’est plus qu’un changement. C’est une apparition. Les choix auront un lien avec l’état de l’être pour lequel je n’ai pas besoin d’aide pour sentir où il en est, quand il est confronté aux activités, à l’intimité. Il s’agit d’habiter. Il n’y a pas d’ailleurs. Il n’y a qu’une forme de réduction de l’être due à l’organisation sociale semblant prépondérante. Elle ne domine qu’une partie du sensible. L’autre n’appartient à personne même si elle n’est pas dénuée d’influences. La forêt, les roses, les compagnons, le chemin. Personnage couronné d’où émane de la magie. Au lointain, la vie plus sauvage n’est pas effrayante même si elle est puissante. Tout danse. Merveilleuse rencontre de l’être magique pur, séduisant, enraciné. Il nourrit la Terre de son énergie créatrice, donne, partage. On le trouve. On sait où le trouver. Personnage de la nuit et de la transgression. Tout semble lui sourire. Je suis prêt à admirer la métamorphose avec patience. J’ai besoin de voir ce qui s’anime dans le corps, les mouvements qu’il faut répéter, les zones qui s’activent. L’esprit s’écoute. Le regard s’intériorise. Les couleurs apparaissent. L’élément matériel et le symbole ont une même fonction. Ils sont équivalents. Se détournent, se manipulent avec délicatesse. La clairvoyance vers le seul état de l’être inonde s’il est consacré. Personnage aux blessures dues au labeur. Il hante, tente d’entrer dans le domaine social. Il n’arrive pas en ennemi. Il est une force symbolique qui apporte la protection. Il prend la décision, fait face. Alors, l’histoire sera longue. Il faut toujours épuiser avant de conclure. Je sais cela depuis longtemps. De l’autre côté du miroir : accueil, aboutissement. Les attributs sont opérants autant dans leur élément que dans celui qu’ils ont acquis merveilleusement. Entrer dans la dissimulation sans pour autant oublier sa valeur. L’œuvre du tout est disponible. Un autre pas s’accomplit. L’alliance entre les éléments. L’abandon de tous les préjugés. Il faut s’attendre à recommencer encore, peut-être à changer encore, peut-être à répéter. Il faudra trouver d’autres voies. Le fond de soi est sain, l’introspection apaise. Il y a une sorte de peur, une énigme. Concernant la mise en ordre. La phase publique. Comment se présenter. Ce n’est pas un soutien, mais plutôt une mise en forme du récit. La mission est de protéger, de veiller. Cela se voit mais ne se sait pas au sens où l’initiation n’est donnée à personne comme on donnerait une méthode. Tout le monde n’en sera pas. Je vois qu’un autre point centre l’introspection, le représente sur le corps. Un point de sagesse peut-être. Un retour à l’élément d’origine. Et maintenant que l’histoire est complète, je travaille sur d’autres plans. Je m’autorise. Je tente une autre aventure. Qui contient tout. Introspection active. L’aventure au niveau du contenant. Les outils sont ceux de l’humain, de l’expérience. Je montre, dévoile, expose, à partir du raisonnement. Je suis celui qui s’apprête à agir. L’aspect matériel fleurit, le bagage de la connaissance est aussi le trésor. Je suis prêt pour l’épreuve. L’énigme démultipliée. Les savoirs classés. L’épreuve est spirituelle et aboutit à un résultat concret. Il y a un risque d’erreur important, une duperie liée aux apparences. Les notions ne se travaillent pas en dehors de cette complexité. Croire qu’il n’y a qu’une réponse n’aboutit à rien. Il y aurait un sacrifice à faire. Ou un deuil. La force est puissante. Elle interdit et enferme. Elle refuse. Il n’y a pas de moyen d’agir. La créativité comme mise à l’ombre, emprisonnée. Je suis focalisé par un sujet qui n’est pas le bon, ou bien qui est composé d’autres données auxquelles je n’ai pas accès. Les coups sont violents. Le corps les ressent comme une trahison. Je forme l’image d’une autre autorité alarmante, qui trône, dont l’évocation fait souffrir. L’enfant roi, armuré, intouchable. Il met le dominant face à ses contradictions, lui rappelle l’ordre à suivre, la règle à respecter. On ne mélange pas. On ne confond pas. On n’inverse pas. On ne se dote d’aucun artifice. C’est une action de vérité. Peut-être des degrés de conscience. L’ennemi intérieur. Je suis plus frêle, prenant la mesure du chemin à parcourir, moins sûr de moi. Presque convaincu que l’image figurée est bien là pour tromper. Homme, femme, ange ou démon. Une trilogie. Ce qui règne règne absolument. Je pense au crime, évidemment. À ce qui peut aider dans la résolution, et que j’ai sous les yeux. « Nous invite, par la ruse sacrée, à substituer au perfectionnisme la notion d’excellence ». La voie est très active, conquérante. L’empreinte ne va rien concrétiser dans la conscience immédiatement. Elle est une règle du jeu qui s’installe. Tout parle plus fort. La lune. Du lever au coucher, toujours les mêmes questions. La trilogie parle. Au fur et à mesure, la lecture ne peut se faire qu’en correspondance. L’être enchaîné se libère. Ce n’est pas parce qu’il y a deux personnages qu’il y a deux identités. Tout est double ou pourrait l’être. Le trouble est aspect réceptif. Il y a un ordre dans les couleurs. Bleu, rouge, jaune. Ou jaune, rouge, bleu. C’est bien la lutte entre le dogme et la vie, la règle qu’il faut contester pour créer. On nous enchaîne dans des problématiques psychologiques alors qu’il n’est question que d’éveiller la sensibilité. Même si le tout est admirablement composé d’éléments interdépendants, une unité ne peut se confondre avec une autre. Elle doit avoir son indépendance, une force vitale autonome. Je laisse tomber les dépendances, s’évanouir les superstitions, les a priori grotesques directement associés du type : masculin pour la force, l’énergie, la réalisation matérielle ; féminin pour la sensibilité, l’accomplissement spirituel, la réceptivité. Cela conduit à nous faire croire que nous sommes prédéterminés. C’est nier l’extraordinaire puissance de la vie.

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