Saturday, October 24, 2020

Chroniques de l'invisible - 293

C’est que j’étais en train d’élaborer une stratégie pleine de mauvaises pensées. Il fallait corriger. Il n’y aura qu’à ce moment qu’il sera possible, avant de partir ou de se mettre à disposition, je suis toujours à deux doigts de faire lire, au personnage devenu monstrueux, qui n’a plus d’existence parce que je le modèle comme un vieux chiffon sans allure, j’imagine, j’apprécierais d’avoir une sorte de première réaction, ajoutant l’effet regard à la fin de la phrase, et ce sourire gêné comprenant que la lecture d’un extrait n’était pas un cadeau de je ne sais quoi, je sais par contre comment conduire l’intrigue, la scène s’organise, je viens surprendre, pour les heures qui précèdent et qui suivent, ce bonheur-là, de préparation puis le plaisir de l’avoir fait. C’était inimaginable. Comme je le dis souvent, c’est une question de méthode et de technicité. Au début on croit toujours qu’on ne sait pas où ça va, un peu comme un récit un peu maladroit. Il a dû sécher les cours de métaphore et le cours de méthodologie des personnages, les bottes noires, la robe rouge. Forcément on entre dans un décor-paysage. Au minimum une maison quelque part avec vue sur quelque chose. Rien de cela. Ni bottes noires, ni robe rouge. Personnage informe dans un décor incertain. Cependant, il vient d’y avoir une scène terrible. On ne s’y attendait pas. C’était parti pour nous raconter sa journée. Et en fait c’est la terreur. Le personnage se décompose face à la situation. Tout un monde d’illusions qui s’effondre. C’est ça qui est terrible. Là où on s’attend à être cité remercié, je me souviens de ce jour fabuleux, la brume douce d’automne. C’est le temps qui va aider à prendre des décisions simples. Pas le choix. Tempête de niveau 5, alerte rouge.

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