Saturday, October 3, 2020

Chroniques de l'invisible - 272

Rajouter à tout cela la traversée pénible d’une angoisse non assumée. Alors, il faut non seulement en faire profiter tout le monde (s’isoler, s’absenter, continuer de communiquer) mais la transmettre aussi par tous les moyens, y compris la fiction singulière d’une catastrophe s’approchant à grands pas. La catastrophe, c’est qu’il n’y en a pas. Tout est calme, tout va bien, pour tout le monde. Nous devrions être ravagés enfermés déprimés désespérés inquiets. Nous devrions informer la famille les amis la boulangère. Catastrophe. Personne ne suit. Seul au monde face à la catastrophe à la fois vide de sens et emplissant tout. « J’ai bien conscience que je devais prendre une décision. » Ne soyons pas si présomptueux. Nous étions sept et d’autres avis ont été pris. Mais il faut montrer encore. Et si ceci et si cela et en fait si rien du tout, la vie continue, c’est la pleine lune, l’aube, le vent, le silence, l’absence d’obligation devenue intolérable, alors tentons l’au-delà de la loi, plus que la loi, au-dessus des lois, ministres au rang d’agent de service, président larbin qui signe les chèques aveuglément tant que celui qui appelle cinq fois par jour, envoie mail sur mail avec informations contradictoires, cesse d’importuner.

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