Tuesday, October 20, 2020

Chroniques de l'invisible - 289

L’entendre dire bien sûr me fait du bien et si je suis actuellement en train de tester ce qui occulte la pensée, que ce soit ce sujet qui s’installe partout ou l’incapacité collective de prendre du recul, c’est que je mobilise une énergie créatrice fondée sur la sensation globale. Je me trouve décalé, mais pas d’un autre temps. Nous sommes contemporains. J’embellis en tout premier lieu, aussi bien le personnage que son cadre d’action. Décision prise, pour faire entrer les démons. Je suis là pour ça. Pas de chichi, je connais tout par cœur, révision accélérée, nouveau rôle, il apparaît, c’est moi, le corps textuel mis en scène pour provoquer le jugement. Il n’y a que cela qui fonctionne depuis des siècles. Les bases sont bonnes — plutôt bien inspirées même — mais il faut réformer. Ce n’est pas possible de se prendre autant au sérieux. Et puis, l’adoration du maître et les courbettes d’apparat, ça va bien deux minutes. Il faut de la noblesse dans le regard, une tenue digne de ce nom, un respect, de l’invention, un peu de fantaisie et de l’amour propre. Le nouveau, là-bas, en effet, il a fait un effort vestimentaire, manque pas d’air, il s’est mis au milieu, ne s’agenouille pas, ne se signe pas, ne va pas gober le corpus Christi comme il se doit, sur le pas de la porte, « je m’attendais à plus de spiritualité », laisse sa carte dans la corbeille à l’ancienne, « contactez-moi », immédiatement il se fait quelques amis, « ah oui, celui qui enfreint la loi vraiment, la loi morale, oh, ça ne m’étonne qu’à moitié, je travaille avec lui depuis quelques années, chaque fois qu’il y a une exception, il est dedans ». On va voir ce que tout cela va entreprendre, ce que tout cela va définir. Pour une fois, tout est daté. Ce sera facile de savoir après quelle conversation ces délires ont eu lieu, et surtout après quelles lectures.

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