Saturday, February 29, 2020

Chroniques de l'invisible - 055

Ce n’est pourtant pas compliqué à comprendre. J’étais malade depuis vingt ans ou cela a pris vingt ans pour guérir. Je n’ai qu’à prendre en compte les vagues émotionnelles qui passent.

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Friday, February 28, 2020

Chroniques de l'invisible - 054

Ce qui était vu hier comme un devenir n’est devenu à ce rythme que le plus récent passé où la mémoire trouve encore de nombreux détails. Ainsi, tout laissé comme tel n’aurait plus de signification. Voici le devenir et ce qui s’est passé. En même temps. On se demande qui trompe qui. C’est l’intrigue. Quelqu’un trompe quelqu’un pour protéger ou pour détourner. Ce qui est relativement similaire. La lecture devient ce retour nécessaire au présent. Assimiler tout ce qui a eu lieu, l’adapter également. De nouvelles questions se formulent. Je les vois défiler comme je vois défiler l’intensité du vivant, la manière que j’adopte pour traverser tout cela, sans heurt pour la pensée car je suis en train de réaliser ce qui fut rare jusqu’à il y a peu, qu’il est possible, oui, sur le long terme, de n’avoir qu’une zone de partage fort délimité, longtemps négocié, mais pour une longue partie, ce n’était ni de ma faute ni de mon fait. Il fallait tout de suite établir un rapport entre deux êtres alors qu’il suffit de se souvenir des périodes où je désirais être libre, n’avoir qu’à m’occuper de ce qui me semblait être le plus sensible. Ce serait à nouveau reconquérir les pages délaissées parce qu’il fallait s’interposer dans le monde socialiser. Le constat est terriblement sévère pour les paroles que je perçois ou les attitudes que j’aperçois, toutes en total décalage, se laissant berner par la nécessité d’être celle ou celui qui en saurait plus sur ce qui ne nous concerne absolument pas. De mon côté, je continue à laisser vibrer les hasards.

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Thursday, February 27, 2020

Chroniques de l'invisible - 053

Ainsi raconterons-nous toujours jusqu’à ce que cela ne nous atteigne plus, les permanentes tentatives offrant à l’égo tout loisir d’expression dès que le terrain est ouvert, oui, feu, tire, bombarde, fais-le tant qu’il te plaira de le faire, ce n’est pas moi à cet instant-là qui m’expulse du monde, c’est le contraire (et ce n’est pas inaction de ma part, je laisse le champ libre, pour l’expression, également celle-ci, qui ne pourra s’empêcher de s’y engouffrer, et elle le fait, à chaque fois). Dans ce domaine, tout m’appartient, y compris la colère des dominés. Je n’ai plus aucun problème avec ça. Exister comme ça ou par ça. C’est l’affaire de ce qui doit sombrer désormais. Tout était si clair, en deux parties, l’avant et l’après disparition d’une figure d’autorité, et la gorge serrée toute la nuit. Ce qui était adroitement masqué avant et qui est venu se positionner, oui, en travers de la gorge, et moi qui cours encore jusqu’à la pharmacie, « donnez-moi tout ce qui fait semblant de soigner », car la manifestation est physique, soit, mais la cause est morale. La facture est plus chère aussi. Je la supporte. Mieux qu’avant. Je compte bien sûr, mais je le supporte. Et puis, c’est mon secret. Je ne parle de cela à personne. Je pensais bien que cela ne s’était pas arrêté. Voir l’ampleur si proche de la splendeur me rend furieusement heureux. Ah, ce que j’ai souvent craint comme pouvant être des aspects négatifs. Course folle dans tous les domaines. Après la lune foudroyante, la lune conquérante. L’enquête se poursuit à l’intérieur de tous les paysages traversés. Du rêve qui témoigne du parcours d’une journée. Ce n’était pas peu d’avoir à interroger les traces dans toutes ces nouveautés, ce deuil invraisemblable alors que la lecture oblige à se demander où nous en sommes de tout cela et ce qui produit sans cesse ce besoin d’anxiété inhérent avec, en fond, le véritable sauvetage de ce que je juge essentiel, retour incessant à soi dans un tumulte qui n’a de raison d’être que notre attachement à ce qui pourrait être une manifestation du réel. Ainsi l’objectif parle, les armes déposées après le puissant éveil frappé de contradictions et de luttes qui sont autant d’errements, tel que je l’ai entendu aujourd’hui, « j’en saigne », et ce qui se « reconstitue » dans le corps, je connaîtrai bientôt tout cela par cœur, observant la lenteur du changement.

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Wednesday, February 26, 2020

Chroniques de l'invisible - 052

Croire que l’addiction serait protectrice. Plus que croire. L’avoir dans le sang. Vivant ainsi par procuration, jusqu’à ce que tout tombe et paraisse stupide. Inutile ou sans consistance. Quand se dégagera un profil, je pourrai dire. À ce stade, c’est le bombardement. Je réclame le domaine privilégié dans l’attente qu’un autre récit me parle. Je garde somme toute une même attention aux détails de cette mémoire volontairement trop sollicitée pour provoquer le détachement. Cet homme, cet être. Il n’en pouvait plus d’avoir été tant déçu. Ainsi, nous n’en étions que là, à toujours refaire les stratégies de domination. Extirper de partout la substance. Inlassable devoir. Je me place dans cette éventualité. Cela pourrait ne jamais changer, être à vie comme cela, l’éternel apprenant. Tout ne va pas si bien au sommet de l’état de l’être. On voit même apparaître des trahisons de l’esprit. C’est le même pour le moment qui s’en retourne. Il a dû y avoir une erreur quelque part. Reprenons. À stupide, peut-être. Ce qui gagne toujours à devenir sujet de société alors que cela n’évoque que les travers de quelques énigmatiques postulants masquant le fond où qu’ils soient et d’où qu’ils génèrent. Le pire, c’est que cela fait œuvre aussi et que ce n’est pas récent ni une nouveauté. Un vrai pouvoir qui s’est constitué pour garder les portes d’un palais où plus personne n’entre et d’où plus personne ne sort. Je sens poindre la revendication. Le « moi moi moi » éternel et constitutif de l’humanité vient ordonner et se plaindre. Je serais si heureux de connaître cela de mon vivant, qu’un autre projet naisse, qu’on fonctionne autrement, sans tous ces défauts de fabrication dont nous sommes dépendants et redevables. Jusqu’à se prosterner devant des statues, le symbole, l’inaltérable, alors oui, on prépare le piège, on reconnaît ses alliés, la bombe, tout saute. Ce n’était que du matériel. Il n’y a pas mort d’homme. Et maintenant, le truc tordu. Rien qui rentre dans les cases. On fait semblant. Et la singerie recommence pour des siècles. Je suis peut-être en train de mesurer combien il sera encore possible d’en faire. C’est si difficile de le trouver, ce moment où tout plaisir sera rendu. Ça peut venir au beau milieu de la nuit. Un rappel. Ça ne choisit pas. Et je veux le maintenir pensant encore réinventer ce qui est toujours là puisque c’est ainsi que cela travaille et existe, en continu. Je suis donc sur ce qui m’interpelle. Demain sera sublime pour concrétiser.

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Tuesday, February 25, 2020

Chroniques de l'invisible - 051

La santé du corps au service de l’esprit. S’en occuper n’est pas non plus renoncer. J’entends « au contraire ». Sauf qu’il s’est bien passé quelque chose. Ce n’est pas là-bas dans un pays étranger avec des étrangers. C’est ici avec le plus connu. Alors, je vais aider, aider encore. Chaque fois il sera plus facile de ne pas avoir à, de ne pas dépendre de, comme on fait tout de tout, une étiquette, ceci est mon corps, et on y passe tous, à la caisse, mais maintenant j’ai besoin de qualité et celle-ci se crée dans l’absolue nécessité, dès lors que c’est là, de toute chose et l’écoute de tout désir, y compris le silence, ne rien devoir à cette permanente sollicitation. Désormais que tout se travaille dans l’esprit et que je n’aurais besoin de tout cela que lorsqu’il s’agira d’atterrir, comme rendre visite à quelqu’un, on se prépare, on doit faire quelques concessions voire faire semblant, ce sera long, on ne peut pas partir au bout de cinq minutes, ou prévenir quelques secondes avant qu’on n’a plus envie de venir, domaine privé, on ne peut pas tout révéler, et puis ce qui est « vendu », tout vide, trop cher, tous les âges se soumettent, on attend, et ce qui fonctionne, c’est que la mise en scène déclenche ce qui n’aurait pas lieu autrement. Ce qu’on dit dans les vestiaires après s’être « battus », on ne le dit que là. Ou le trottoir. Ou la cuisine. Les conditions sont réunies. Cela donne le courage qui manquerait ailleurs. L’être fantastique apporte son aide. Il faudra continuer, de génération en génération. S’il y a des étapes ou des périodes, il n’y a pas d’arrêt. L’évidence s’interpose. Je la saisis. J’aurai cette volonté d’en améliorer ce que cela génère dans l’instant. Au fur et à mesure, je préciserai le contenu, plongeant dans les années à venir lorsque les phrases auront pris de la hauteur. J’aurais pu naître autrement mais c’est ce qui est arrivé. Mon image figée tant que rien ne décidera du contraire ou d’une différence. Dans ce tumulte d’origine, je veux y voir des formes de ce qu’a été d’entrer dans un domaine que je ne connaissais pas. Les facteurs étaient agissants sans que j’en mesure les conséquences.

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Monday, February 24, 2020

Chroniques de l'invisible - 050

On ne pouvait certainement pas mieux faire. Au cœur du récit, level 2, l’enfant au centre rit de tout ce chemin parcouru. Voici la sensation clairement déplacée. Je suis dans l’image protectrice, le sourire qui voyage, l’âme pouvant ne plus être que poésie. Mes lectures m’aident pour cela, mais qu’il faudra écrire pour le devenir, qu’il faudra écrire ! L’aventure complète réservée à l’esprit. C’est dire à quel point le domaine s’est construit. Tout ce qui a réellement changé commence aujourd’hui. Alors, c’est parti : jour 1. D’entrée de jeu, c’est la correspondance. Me voici à l’affût du moindre détail, y compris mon agacement devant ce que l’on aimerait montrer de soi à l’autre. Je ne le tolère plus. Confondre les âges, c’est fini. Je n’ai plus à justifier que j’ai changé de domaine concernant les petites soumissions. Tout est très clair. Arriver où « j’aurais dû » et ne plus y faire attention. Cela ressemble à du mépris, je le concède. Me concernant, tout se croise, tout se mobilise pour l’état de l’être, exclusivement. Je n’aurais qu’à me rassurer. Les faits sont là, et cela aussi, c’est rassurant. Tout ce qui va devenir contenu dans un premier mot, symbole, phrase. Que j’aie eu une forme d’impatience, je l’admets. Oui, je voulais le plus difficile tout de suite, problème banal de puîné. Ce qu’il y a de constitutif en moi et qui ne changera jamais, à part que de le savoir ou d’en prendre conscience, c’est développer un autre rapport à la connaissance, à mon niveau, progressant mieux grâce à cela. J’aime assez, aussi, cette étape-là. De mettre en place des niveaux de lecture permettant à l’autogestion-autoformation de non pas se substituer, mais continuer en quelque sorte son aventure singulière. Si la chose ne prend pas encore forme, elle se construit, se bâtit. Je l’ai vu, d’un même contenu à l’œuvre, le pas est franchi. C’est le présent. Travail couronné où la singularité, justement, se remarque et se montre. Le temps de se découvrir comme se dévoiler. Il y a bien transmission. Le savoir circule. C’est à l’intérieur de mon propre système. Il n’y a rien d’autre à prendre en compte. C’est un remplacement de mot. L’omniscience réapparaît. Je la préfère. C’est beau de se dire qu’un récit pourrait contenir le conflit intérieur. C’est sans doute le cas déjà mais s’il est conduit par une temporalité qui m’échappe ou que je ne gouverne pas, posant les questions concernant tous les domaines, puisque j’ai refusé de les assigner, je dois m’y atteler à travers les différentes significations que je trouve chaque jour. Et aujourd’hui, je dirais : les tentations, scellées par notre besoin de pouvoir, nos désirs de détruire, de subtiliser, de négocier pour que l’être agissant, poétique, soit à toujours bouleversé.

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Sunday, February 23, 2020

Chroniques de l'invisible - 049

Nouvelle lune transitant en poisson à 402 659 km. Je persiste à ne pas vouloir établir une échelle de valeur ou une signification à ce qui se présente. Mon systématique refus de certains sujets auxquels je n’apporte aucune importance me force à réaliser un autre système d’exploration. Je dois l’admettre entièrement. Ce n’est pas dans les livres. Tout prendre alors au pied de la lettre. C’est de là que quelque chose s’anime. Se dirige vers l’autre. Car jusqu’à présent, il n’est question que de mon propre aveuglement. Au bord de me retrouver en retard concernant la véritable action. Il y aurait toujours à reprendre comme hésitant. Partout se concrétise l’énergie que je rejette. Avec cette tentation permanente. Et pourtant, pour une fois seulement, je dois tout épuiser. Faire vivre, c’est entrer chaque fois dans le mystère. Sinon, il serait impossible d’affuter la sensibilité au point où elle pourrait enfin trouver la manière de dire au moment le plus juste. Voilà comment se moquer de tout en apprenant. C’est le même combat partout. Il n’y a pas de listes toutes faites. Cela parle au fur et à mesure. Et le reste s’imagine. Oui, c’est terrible d’être face à face et de se rendre compte que la peine qu’on voudrait envahissante n’a aucune accroche. Ce n’est pas pour rien que sur le retour on tenterait à nouveau d’expliquer ce qui s’est passé. Dans le langage d’aujourd’hui, ça n’a plus aucune tenue. Tourner les pages jusqu’à ce que ça parle. Il y aura des milliers d’heures, des milliers de fois, ce que personne ne fait jamais, construisant la singularité, car c’est surtout quand je manque d’explications que j’ose l’aventure folle. Je réhabilite. Heureux de le faire même si je me retrouve face à un paradoxe : je replonge dans les livres. Ce n’est pas pour avoir la réponse juste. C’est pour tenter l’aventure d’un autre, la vivre aussi corporellement. Mon université telle que l’ai imaginée en septembre 2018. J’irais vers les outils avec intensité mais sans obligation de résultat. Si de tout traverser prendra peut-être plus de temps, ce que j’emmagasine est immédiatement appliqué dans le réel, y compris les conversations. L’énigme se transpose à un autre degré de conscience, là où j’aime qu’elle soit et je ne le regrette pas. Attentif aux détails, j’élabore des stratégies de communication. Devant le pire, sans doute, je me relève. Il était temps de passer à la vitesse supérieure, pour l’esprit seulement. Le lien qui se fait est très émouvant et c’est cette émotion que je cherche toujours à inscrire dans la phrase, lorsqu’elle se mêle à ce que je lâche complètement de tout ce qui est vécu pour envisager dans l’imaginaire l’opération qui n’avait jusqu’à présent jamais eu lieu faute de me rendre disponible à cela pour mon propre plaisir. Retour, presque, au sujet initial, l’instant renouvelé de la révélation. Je l’ai comme appelé. Ce sera différent, encore, car la rencontre a lieu cette fois avec une communauté. Ce n’est pas une confrontation. On me désigne des voies que j’ai longuement étudiées, des domaines si variés que je ne m’ennuie jamais, fier de découvrir que j’ai suffisamment inventé pour explorer, oui, partir, voyager. C’est ce que tout cela m’offre, de ne jamais être au même endroit comme m’appropriant, souriant de voir que ce ne sera pas si facile et que certains protègent leur propre domaine (ce que j’admets rapidement). Ainsi, ce qui se voit et ce qui se doit s’éclaircissent. Réhabilitation totale. Je n’ai aucune crainte d’être merveilleusement accueilli.

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Saturday, February 22, 2020

Chroniques de l'invisible - 048

Je le confirme. Il y a (ou il y aura) des périodes. Des périodes où tout se mêle pour fonder une explication. Des périodes où se détache un sujet plus précis. J’étais d’accord pour ne rien ritualiser. Maintenant que j’aborde tout cela avec plus de simplicité, la cohérence se met en appel, même si mon travail consiste à évoquer le devenir. Il n’y a rien que j’avais préféré. Je laissais s’installer les petits détails, m’envahir de sensations. Le spectre harmonique venait d’initier son grand voile sur le fond désiré, l’alter ego au cœur, que je tenterais de ne jamais nommer autrement, car il est la question fondamentale, là où il s’est articulé. Il semble normal que cela inscrive dans la mémoire les formes annonciatrices, comme des forces agissantes. Je sais tant qu’il faut que tout cela voyage. Cette circulation est partout comme obstruée par la nécessité que nous aurions, socialement, qu’on nous dise en partie quoi faire devant les questions épouvantables parfois, tellement épouvantables qu’elles ne peuvent être formulées. L’écriture y répond malgré nous et toute notion de voyage ou de circulation est là pour provoquer la correspondance, la rencontre et la coïncidence qui ne traitent, ensemble, que ce qui nous occupe ou nous préoccupe. S’aider soi-même à signifier, ce n’est pas se forcer à une application stricte. Là encore, la mémoire de ce qui a été déposé, ce qui se présente à l’esprit. Enfin s’exprime le mystère où je porte mon attention, m’évitant d’être trop didactique avec moi-même. Le tout est d’entrer en communication avec l’élément premier, lui donner une valeur en tous points. Cela a directement à voir avec le désir.

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Friday, February 21, 2020

Chroniques de l'invisible - 047

Ce que je me suis offert n’a rien à voir avec le réel. Je suis à une autre source, au bord d’autres tentations. Ce ne sera pas difficile. La décision est déjà prise. Je ne dois pas m’occuper du calendrier des autres. J’aimerais que le temps d’observation, celui qui précède la phrase, me dise quelque chose. Il n’y a pourtant pas beaucoup d’éléments. J’ai beau dire, cela me plaît toujours lorsqu’il n’y a comme qu’un seul sujet et que je revois passer dans l’imaginaire celui qui s’était peut-être jusqu’ici juste mal exprimé. Il ne faut pas que j’aie peur lorsque tout s’arrête brutalement. Cela ne signifie pas une fausse piste. C’est uniquement parce c’est mon caractère, ma manière de faire. Il faut que cela disparaisse un temps. Je ne pensais pas qu’il serait si doux de reposer les mains sur ces trésors. C’est ce que la pensée a construit, posant les thèmes principaux qu’il faudrait développer. Comme j’aime désormais ces dates déposées. Il fallait que je m’y habitue, que je me fasse à l’idée qu’en effet, je n’aurais rien à prouver, juste à composer lentement dans le silence des mots. Tout revient alors et je me surprends d’avoir cru qu’il en serait autrement (ça, je le répète trop souvent). Cela s’invente en permanence, d’être au monde, et je me rends compte de l’épaisseur que cela prend, autour de moi, m’entourant. Dans cette matière, je me sens bien. Il ne me manque rien. Ce sera différent à chaque fois. Le moment où j’ose explorer, seulement, pour me distraire, ce qui ne viendra jamais s’inscrire. On pourrait ne jamais le croire. Il avait fait un drôle de choix fondé presque uniquement sur sa sensibilité. Et j’étais parti au milieu de la nuit. Drôle de type. Un mec sans problème. Rien à raconter. Il va bien. Attention : bulletin météo. Ce qui va se passer dans ma vie ces vingt-huit prochains jours. C’est le roman ésotérique. Une révolution. C’est pas si mal. Il faudra le prouver. C’est manifestement en lien avec le livre qui s’écrit. Je ne vois que cela aux quatre coins du monde. Ne me demandez pas. Ça lit. Surtout, ça lit. Tout le monde est mobilisé. Le même paysage. Focalisation. Tout cela est contenu, comme observé. Je suis très ému de ce que cela provoque. Je ne m’y attendais pas (encore !). À ce renversement. Au fait qu’un jour tout se réalise. D’aider à. Traverser. Les périodes difficiles, les impasses. De ce point de vue, je n’ai aucun calendrier. Pardon, mais juste, il fallait sortir un peu de chez soi, s’expulser du nombril. C’est souvent trop difficile et cette fois, je vais aller au bout. L’altruisme pur. Rien à gagner. Pour aider. J’essaie de trouver une limite mais je n’en trouve pas. Souviens-toi de revenir à ces pages le 20 mars. Autour du. Un peu avant. Un peu après. Peu importe. Ce qui compte, c’est comment tout se construit et donc le trajet. Objectif atteint, mais l’énergie retombe. Elle s’affaiblit. Et puis, on ne sait pas trop comment cela fonctionne, alors on interpelle, on interroge. On critique, même. Droite, gauche. Il faut mettre la virgule à cet endroit, point barre. Donc, si j’ai besoin d’un tout petit peu de mystère, il faudra que j’aille le chercher ailleurs que dans mon domaine professionnel. Qu’est-ce que ça m’amuse ! Le truc qui n’a pas d’issue. Vlan ! Et c’est la sanction. Le retour de l’autoritarisme. La claque. Rien à ajouter. Chapitre suivant. Et on s’éloigne de tous les bruits du monde. Cela ne changera pas le sujet. Cela ne changera pas l’objet du travail. Plus qu’à finir, à bâtir. La forteresse. Pour vivre en harmonie.

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Thursday, February 20, 2020

Chroniques de l'invisible - 046

Je reprends. Pour l’envergure. Cette fois-ci, je me laisse conduire. C’était donc l’attente que je devais créer pour vivre aussi l’exception. Encore un visage que je n’avais pas remarqué, et les brisures du temps, ce drôle de décalage. En quelque sorte, je ne sais plus. Quelque chose se confond avec le reste — je dirais : l’essentiel. Le souvenir que j’avais de certains événements n’avait plus rien à voir avec la réalité. C’est dire à quel point j’ai été détourné, au moment de la faire, bien sûr, mais aussi dans l’entretien de ce souvenir. Je suis sur un socle nébuleux tenu par l’illusion. D’où sans doute ce vertige. Il fallait réinventer pour ce bonheur quotidien, comme si la situation était tout autre. J’espérais ne rien perdre des éclats de joie, mais le temps était venu agir. Sinistre. D’un faible niveau. Je réétudierai ces plongées, comme des regrets. Tout aurait été tellement plus simple si j’avais suivi mes premières émotions. J’ai bien conscience que ce n’est plus depuis fort longtemps l’être de chair que je suis qui s’exprime mais celui qui ne se trouve que dans les mots. Et là encore, même après tout ce temps, je n’ai pas la mémoire dont j’ai besoin, je découvre des éléments, parfois même des couleurs, et ces phrases qui ne cessent de se répéter comme si je n’avais qu’une chose à dire. Ainsi, un sujet à chaque fois. Un début à chaque fois. Je ne sais même pas comment je me laisse surprendre par la situation, alors que je ne fais que cela. Je n’ai pas d’autre lieu d’écriture. C’est d’ici que cela se traduira dans d’autres de mes pensées. Je n’ai pas fait tout cela pour me retrouver à nouveau dépendant. Il y a des jours où seul l’élan compte. Je suis longuement revenu sur ce caractère addictif pour lequel j’ai toujours à veiller si je ne veux pas qu’il m’engouffre. C’est terrible d’être à ce point associé encore, des inséparables, non mais je rêve ! Changement d’ère. Je cours les cathédrales pour obtenir un signe et j’écoute ce qui se présente à moi de fantastique car c’est dans ce domaine que se trouve ma capacité expressive. L’imaginaire déborde. Devant moi, plusieurs portes. Ce sont des passages. Jamais je ne reviendrai à cet endroit. Je pourrais inscrire des détails concernant ces transformations. Les phrases restent d’une autre manière et puisque j’entends mieux certaines allusions, autant qu’elles soient partout. Ah ! La fameuse clairvoyance qui ne pourrait trouver aucun terrain à cause des séries d’inréglés permanents. Je n’entre pas dans ce jeu. Je le contredis, même. La même dynamique de la pensée. Toujours accélérer pour vite retourner où je me sens le mieux. C’est tout de même un exercice de détournement. Il y avait une fenêtre de quelques jours. Sorry. J’ai gagné.

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