Tuesday, November 10, 2020

Chroniques de l'invisible - 310

Je n’arrive pas à y croire encore. C’est ce maintenant-là. Que j’aimerais faire durer. Une journée. À la ligne. Sur des pages et des pages. Il y a en effet ce qui est décidé à l’avance, ce qui ne changera pas et sera respecté, à la lettre, et ce qui surviendra, dépendant non pas des humeurs mais de ce qui se présente, sur le visage marqué, tout ce silence habité, des joies aux peines, des excès corrigés, ce serait en partie douloureux pour désormais y penser autrement, comme l’ange d’un passé. Ainsi, un peu de douceur, un bain de lavande, une lecture simple, des minutes puis des heures, perdues. J’ose cela pour que l’expression continue, que le corps textuel trouve comment débloquer l’injure qu’il s’est faite à lui-même, s’humiliant, le couloir n’était pas si sombre que cela, on y voyait clair, et un lendemain, cela avait eu de grandes conséquences pour faire correspondre l’œuvre du temps au présent de l’écriture. Les mots devenus l’écho sublime d’une sensation purement spirituelle. Des vagues, au rythme naturel, dont je perçois l’évolution. Et puis, c’est étrange, en ce lieu où je trouve tout beau, je m’autorise à être, sans m’excuser de ne pas appartenir puisque justement cela n'appartient à personne d’autre qu’à celui qui s’en saisit à titre gratuit, sans retour et donc sans recommandation. On parle parfois de prédispositions. Je suis pourtant dans ces domaines où je n’ai bien souvent eu que peu de talents. On ne sait pas ce que c’est lorsqu’un enfant se découvre un amour absolu pour tout un monde dont il ne connaît rien. L’enfant constant, laissé libre et vivant en moi, si présent, découvrant, découvrant, et après chaque traversée transformant l’adulte évoluant peu à peu, pas à pas. J’en riais cet après-midi. Lune en vierge. Je riais parce qu’à cette heure, elle était déjà de nos horizons disparue, couchée dit-on. Je ne riais pas, par contre, des quelques excès de la veille. Je lui ai dit. C’était très simple. Je lavais la vaisselle, je crois, avant les complies. Nous respections cela. Un silence pieux jusqu’aux laudes. Ce serait donc les derniers mots du soir avant de simples regards, de simples sourires, se changer en silence, se coucher en silence. « C’était trop violent pour moi, hier. » Il m’a dit : ok. Il m’a dit : on fera plus doux. Puis j’ai souri. C’était aussi beau de lui dire qu’il l’entende. Un dernier mot avant de retourner une dernière fois dans notre chapelle, délicatement posé sur sa joue, comme pour l’embrasser.

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Monday, November 9, 2020

Chroniques de l'invisible - 309

Je suis un infidèle. Oh, jamais trop vite de l’un à l’autre. Et surtout avec beaucoup de respect. Disons, jusqu’à ce que cela dure. Je suis immédiatement amoureux et prêt à aller au bout du chemin, à chaque fois. Il n’y a jamais eu aucune exception, même la première fois, même la dernière fois. Un jour, cela diminue. La ferveur n’est plus la même. Je m’éloigne discrètement et pars à la recherche du suivant. J’aime autant la vie d’entre-deux que la vie consacrée. N’en rien dire me plaît de plus en plus. Je désire juste que cela se voie, que cette illumination se voie, car c’en est une, toujours nouvelle, toujours parfaite. Toute la journée, transportée. La légèreté sur le visage. Chaque autre altercation est une irruption. Je respecte mais je n’attends pas que je puisse y revenir, la pensée en suspens, pour consommer le vertige. Je deviens presque impatient. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. Je le veux tout le temps. Que cela corresponde. Tout se réorganise, matin, midi, après-midi, soir, nuit, connecté. Je dois me mettre à jour. Je travaille intensément. C’est déjà arrivé mais ce n’était pas cela, pas comme cela. C’est une même surprise à chaque fois, comme si l’émerveillement d’avant n’avait été qu’un simple prologue insipide. Ainsi il y avait mieux, plus intense, plus absolu. Avec des séries de contraintes, un cadre inamovible à l’intérieur duquel j’allais inventer une expression singulière, trouver des voies de respiration, créer dans l’intensité du mystère ce qui n’était peut-être jamais arrivé. Presque un hasard. Un chemin semble-t-il désert sur lequel l’inattendu se révèle. Ce sera là. Posons deux trois valises. Tout sera traité, sans exception. Ce n’est qu’une question d’exigence. Parce qu’au fond, j’étais déjà venu goûter à tout cela. Je ne voulais pas de cette affliction apparente. De ces devoirs infligés pour paraître. De cette vie, je la revois encore toujours là n’ayant rien d’autre à faire, tentant de m’annihiler, obstruée. Alors que tout pouvait être reproduit dans l’intimité d’un ailleurs auquel personne n’aurait accès. Oui, je veux bien, visible de temps à autre pour quelque circonstance, mais le reste du temps, invisible, imprévisible, absent, énigmatique.

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Sunday, November 8, 2020

Chroniques de l'invisible - 308

Une toute petite fenêtre, même si je ne peux pas savoir. Ainsi, je comprends mieux l’affliction. Aide si précieuse, de fait, de ce qui connaît ce qui en découle. J’imagine tout cela pour des années. Ou je vis ces années en quelques semaines. Car on s’habitue. On s’habitue à tout. C’est un ordre. Sous la forme d’un conseil avisé. Les sensations réhabitent le corps textuel. C’était une douleur aussi, pour chacun. Trop vite, trop près, trop intense. Des blessures. Envie de les voir défiler dans les couloirs vides. Et pour une fois en finir. Oh, ce n’était pas vraiment une punition. Je ne l’ai pas vécu comme tel. Une sorte d’expiation plutôt. Il faudra que j’améliore la technique. C’était une première fois. Enfin, de cette manière. Je m’étais laissé faire. C’était glisser. C’était finir aussi, en quelque sorte, mais ce que je ne savais pas, c’est que c’était seulement reporté. Alors, « pour une fois en finir », autrement, tentant le tout pour le tout avec pour seul guide la conscience du travail à l’œuvre, de ce qui plonge vers un avenir. Il fallait que je l’évoque. Les thèmes s’imposent, en douceur. J’ai envie d’y être confronté en permanence car c’est l’une des clés je suis sûr de cette forme de plénitude qui m’a donné un tel recul. J’étais tout à coup parmi eux, comme les autres, acceptant de participer sans m’y consacrer exclusivement, comme les autres, appréciant que le fait soit une simple pause sans grande conséquence sur le rythme qui s’est peu à peu imposé et que je vais développer. Je me souviendrai longtemps de ce premier jour, si éprouvant. Je m’en souviendrai concrètement.

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Saturday, November 7, 2020

Chroniques de l'invisible - 307

Ce serait difficile de tout résumer. Ce n’est pas l’objectif, au contraire. Je pourrai tout relier plus tard. Puisque tout est écrit, pour une fois. Il ne manque rien. La suite est entièrement dans le silence. Je ne me sens obligé de rien, en grande liberté. Ce sera à nouveau selon mon désir. Je sais un peu ce qui arrive lentement. Un choix. Il se profile. Maintenant, je sais mieux faire. Je ne force rien. Je n’éprouve plus d’angoisse depuis suffisamment longtemps pour me dire que cela vaut la peine d’être ainsi à l’écoute, monde si sonore, le moindre bruit, le moindre son, attentif à tout, intérieurement également. C’est infiniment plus vaste, je dois l’avouer. Et puis, cela s’équilibre en quelque sorte. Jour clos. Voilà ce qui s’est passé. Je pense aux lendemains déroutants. À l’indulgence dont je vais devoir faire preuve, aussi, envers moi-même.

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Friday, November 6, 2020

Chroniques de l'invisible - 306

Je ne veux pas que cela soit au détriment de ce que j’ai été, que cela remplace des zones d’état d’une véritable histoire. Il faudra pouvoir conjuguer. Je sais ! C’est intense parce que j’apprends beaucoup, je mets en ordre, je dois réinventer beaucoup, sans faire semblant. Il n’y aura de pause que lorsque je sortirai réellement de cette stupeur. Que cela soit à ce point coordonné me bouleverse. Des cris de moi partent dans tous les sens. Il faut continuer, poursuivre, laisser tout cela s’animer et se mettre en ordre. Y mettre aussi quelque silence. J’ai eu besoin de rappeler quelques faits. Ce qui m’a mené là. J’en choisis certains puis pense plus tard à d’autres tout aussi essentiels. Dans ces moments que j’habite entièrement. Lorsque cela se présente à moi et que des signes se posent à ma vue, face à moi ou devant moi. Il y en aurait tant qu’on ne pourrait y échapper. Cela signifie que l’énigme est encore plus grande, que cela nous dépasse tout en étant accessible si nous le cherchons. Oui, très certainement, c’est parce qu’à la base de tout, je cherche. C’est une quête permanente. Je n’aurais jamais eu autant d’espace pour y penser. Et cela va durer, sans aucun doute. J’imagine qu’on aimerait des détails. Ils sont là. Je revois chaque heure, chaque chemin, chaque forêt, chaque lieu où je suis entré, je cherchais. Tout ce que j’ai en fait partie. Ce qui rend tout cela encore plus mystérieux.

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Thursday, November 5, 2020

Chroniques de l'invisible - 305

Au fond, je n’ai pas envie de faire l’effort de l’intelligibilité. C’est peut-être même dans un corps textuel destiné à ne pas être lu que se trouvera ce qu’il y a de plus clair. Je n’ai pas à m’occuper de cela en ce moment. Le personnage est en deux états en même temps. Le premier assidu, le second tourmenté. Ni premier ni second d’ailleurs. C’est un seul. Il est juste en deux états. Et pour une fois c’est limpide. Ce n’est que moi. Le personnage. Moi dans celui qui prépare le café les repas les comptes. Moi dans celui qui ère la nuit ne sachant à qui s’accrocher. Moi qui avant pouvait me mettre à hurler, mais je me suis auto-passé un pacte charte contrat. Désormais la nuit, des complies aux laudes, c’est silence. Je pourrais le faire à longueur de journées d’ailleurs. En partie seulement. Il y a toujours un personnage inspecteur qui veut savoir pourquoi je viens et qui me demande de vider mes poches sur la table. Un rappel. On n’en a pas fini avec les personnages qui vident les poches sur la table. C’est une vengeance. On n’a pas vu arriver le type avec son couteau, le type avec sa mitraillette, alors on vide les poches des passants. Baisse ton pantalon. Humiliation degré zéro. Je n’ai rien d’autre à en dire. Une manière de ponctuer. Ce n’était pas grand-chose d’y avoir pensé. Il s’est tant passé depuis. Je compose un royaume. Je vois une reine s’approcher. L’enfant n’est pas bien grand mais il attire son attention. Elle lui demande qui il est. Il choisit de dire : Baptiste. Elle lui demande ce qu’il vient faire ici. Prier. Elle lui demande pour qui. Pour vous. Et depuis elle désire qu’il soit près d’elle, non loin d’elle, dans la pièce qu’elle traverse, dans un jardin. Je dois laisser aller cela. Une grande histoire en peu de mots. C’est ainsi que cela se présentera car l’étude va se mener encore, plus loin. J’ai failli en parler. J’ai trouvé meilleur confesseur. Je n’ai évoqué que l’étude. Et les voisins. C’est toujours drôle de parler des voisins. Surtout quand on ne les connaît pas. À peine. Faut dire que je ne suis pas du genre à discuter sur le palier ni dans la cour ni dans la rue. Parfois, c’est obligé. Je suis très aimable, mais au bout de deux trois fois un bonjour suffit.

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Wednesday, November 4, 2020

Chroniques de l'invisible - 304

Ce sera donc une première fois que je vais m’y consacrer. Il y a déjà eu un pas de plus, un pas qui me démontre très certainement ce que de ma fragilité je traite avec ce que je sais faire de mieux, car c’est une douleur lancinante qui à la fois m’intrigue et me conduit. Elle me réveille la nuit, me désoriente le jour. J’apprécie ce qui vient temporiser alors. À travers cela, c’est tout le temps qui passe. Aucun doute que j’ai une qualité à perfectionner. Je ne m’attends pas à ce que ce soit immédiat. Et puis, s’il m’est donné de le vivre ainsi, je le dois à ce qui m’a été transmis. Aussi, je ne vais pas contrer ce qui alimente ce travail. Il me semble normal à ce stade d’être parfois désorienté. Il y a eu un bombardement de nouveautés. Parmi elles, ce don que je me suis offert de modifier quelques attachements. Je le ferai aux heures disponibles, comme un loisir, un loisir qui m’oblige à travailler mais qui m’apporte également beaucoup de douceur. Deux points essentiels. Le premier est ce qui s’est trouvé sur mon chemin alors que j’y pensais de plus en plus sans trop savoir comment faire, signe qui me disait : c’est maintenant. Le second est une question d’assimilation pour reproduire en moi et chez moi le spectacle auquel j’ai assisté, l’améliorant pour moi car je l’adapte à ce que je suis et ce que je désire. Le fait de ne pas nommer rend tout cela plus mystérieux. Plus fragile. Il serait si simple de tout dire. De raconter l’histoire. Je pourrais même inventer et mentir. De toute façon, on ne me croirait pas. J’ai trouvé un lieu sans jugement, trouvé le moyen d’éviter les injonctions. Il me fallait une scène permanente. Je ne sais pas ce que cela va devenir mais je l’ai trouvée, cette scène, et elle me ravit.

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Tuesday, November 3, 2020

Chroniques de l'invisible - 303

Une formation. Parce qu’il y a de la musique et de la répétition, parce que les mots aussi viennent s’interposer, parce que cela se pense, transforme, oriente, cela me plaît et j’y vais sans mesure. Le plus surprenant sans doute se trouve là où je sens que je mobilise une admirable émotion conçue à partir d’un répertoire dont je me sers à la fois pour avancer et pour créer. Tout se place sans ferveur même si j’ai décidé qu’un nouveau nom serait inscrit pour signaler ma présence et, en quelque sorte, mon soutien, mon accompagnement. Ce n’est pas une appartenance. Ce ne sera pas une addiction. Je ne revendiquerai pas cette pratique. C’est elle qui m’appartient. Je vois déjà les temps où il faudra concéder voire différer une organisation forcément autre. Ce qui m’intéresse, c’est l’empreinte, de ne jamais la brusquer et d’accepter ce qui s’est merveilleusement composé. J’aimerais me demander depuis quand cela s’est manifesté. Il y a eu très clairement un attrait, un premier plongeon dans un domaine que je ne connaissais pas. M’ouvrant d’innombrables portes d’étude, je me suis pris au jeu, un jeu de l’esprit où j’ai dû à travers ce qu’on en dit établir moi-même ce qui dans tout cela était prévu pour libérer l’esprit et le temporiser pour qu’il soit source d’un meilleur vivre social. Soigner. Oui. Cela m’a soigné, donné envie de créer et donné envie d’offrir, à ma manière, ce qui me semble le plus juste actuellement. Cela ne se fait pas par hasard. C’est une question de communauté. Un débat intérieur. J’observe, j’interroge et si ce qu’on me réclame n’a aucun rapport avec le sujet, je me dégage. Ce qui ne m’empêche pas de soutenir, parfois même financièrement, et d’être présent.

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Monday, November 2, 2020

Chroniques de l'invisible - 302

Une lutte importante est en train d’être menée, en lien avec ce qui revient toujours, l’inréglé, comme une dette à payer. Ce qui s’intercale au quotidien comprend des éléments que le corps textuel semble vouloir intégrer. Je le sens au fort désir qui se manifeste, souvent dans le silence que je m’impose. Ce que cela signifie me dépasse tant que le bouleversement est immense, l’émotion au rendez-vous, entre désolation et résignation, les gestes empêchés, avec parfois un contact plus précis sur quelque blessure ancienne. Il n’y a pas eu d’égarement. Une tendance à l’éloignement, c’est sûr, la tentation d’autres voies où je n’ai bien souvent trouvé qu’un attrait vers l’impossible altération d’un vivant sur un autre vivant. Ce n’était pas mauvais, mais ce n’était pas cela. Ce que j’accepte au fur et à mesure, c’est en quelque sorte l’inévitable attachement, un langage premier et une grammaire fondatrice. Cela n’inclut pas que cette langue soit unique. Je peux voyager. C’est chaque fois agréable. Par contre, comme pour tout ce que je découvre, j’étais à une intersection, où des manifestations qu’on cherchait à adapter n’auraient jamais dû l’être, au contraire. Il aurait fallu renforcer, ce qui comprend expliquer et appliquer. Apprendre, aussi, évidemment, ce que l’esprit attend sans le formuler, cherchant par tous les moyens à s’impliquer pour assouvir un besoin d’accomplissement. On l’ignore peut-être plus encore de nos jours que ce que cela fut. Simple supposition. C’est la manière que j’emprunte pour ouvrir l’espace de la création. Une création à la fois libérée (puisqu’il y a en effet des éléments nouveaux venant de moi) et guidée par l’étude plus ou moins frénétique selon les périodes. Aller chercher. Je n’avais presque rien pris sachant que je serais seul une très longue partie de la journée. Je me suis naturellement mis à travailler. Là où il y a cette trame que tant suivent, je place des apports personnels qui me conviennent, évidemment, puisque cela m’appartient. J’aime l’idée de n’évoquer cela avec personne, que ce soit mon jardin intime devenu si fleuri qu’y inviter quelqu’un serait rompre avec une certaine confrontation avec des mots que je ne voudrais pas qu’on juge. Je suis ce drôle d’acteur jouant pour lui seul un rôle qui a fait partie d’une de ces vies déviées mais qui malgré tout continuaient leur progression attendant qu’elles soient un jour révélées. D’une addiction à l’autre. On dit que c’est une question d’habitude. On s’habitue. Puis c’est chaque fois. Devenu un geste quotidien. Parfois, je me dis que j’ai juste besoin de remplacer, mais je reviens à ce que je crois vouloir échapper. Peut-être faut-il juste varier. Cependant, j’identifie lorsque le corps textuel n’en retire rien, qu’il laisse défiler les éléments, ou lorsqu’il souffre. Le seul moyen de le soigner ou de le remettre en mouvement se trouve dans la façon que j’ai de m’emparer de certains enseignements. Mon goût plonge alors dans l’ancien, ces périodes où l’établissement semblait solide alors qu’il était composé de mystères que je crois encore en fonction. On aime rendre instable. Tendance à noyer l’esprit, car l’esprit libre est imprévisible, ce que déteste les prévisionnistes. Alors c’est vrai. Parfois j’y passe trop de temps. Parfois c’est juste une phrase, une page. Et puis il y a ce que je retiens sans effort et ce que j’oublie instantanément. J’ai tout de même des relais dans tout cela. Dès que quelque chose m’attire, je m’y engouffre sans trop veiller aux conséquences de la vie d’avant dont font partie quelques attentes sociales jusqu’à ce que j’arrive à rééquilibrer un peu. Depuis que je tais, je sais même mieux faire et personne ne remarque rien à part que les relations ainsi que les conversations s’affinent, uniquement lorsque je me rends disponible, ce que je fais par plaisir.

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Sunday, November 1, 2020

Chroniques de l'invisible - 301

La loi des correspondances, des liaisons, des tentations, des obligations. En soi, je ne le regrette pas. Venir à bout d’une colère, chasser les pensées par d’autres, cela valait la peine même si la chronologie est quelque peu malmenée. Sans doute faut-il que je vive cela avec les contradictions que cela contient. Après tout, ce que j’ai vu me suffit pour le comprendre. Ce qui tient, ce qui s’effondre. Avant le retour à soi. Savoir jusqu’où je suis prêt à aller dans cette voie ne se pose que quelques secondes. L’idée d’une formation y est liée. Alors, cela me convient entièrement. La mise en œuvre ne se laisse pas divertir. Je l’ai toujours vécu ainsi. Cela n’indique rien. Puisque je vais à travers cela apprendre à me rallier à quelques fondamentaux constitutifs. L’aspect radical y prend forme. Allez au bout. Ne pas se laisser séduire par l’abattement qui serait la solution immédiate, attendue. Seuls quelques détails m’autorisent à formuler des impressions d’une extraordinaire densité.

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