Wednesday, September 30, 2020

Chroniques de l'invisible - 269

Le rythme parfait, et tout s’efface à part la joie. J’ai dit que j’en parlerais. C’est un fait très exceptionnel ce moment où une personne lance un sujet. Il n’y a plus de prochaine station où l’on descend. Il faut écouter, changer d’itinéraire, être celui qui reçoit. Parce que le sujet n’a jamais rien à voir avec ce qui s’est dit juste avant. C’est la caractéristique du sujet que de sembler tomber comme un cheveu sur la soupe. La question de l’enfance. Je ne peux pas interrompre cela. « Il me parle d’un élément essentiel ». Mes pensées gouvernent. Je n’ai que faire d’arriver plus tard, de changer de trajet, véritablement. Je me mets à disposition. De l’inouï sur une ligne de métro extrêmement bruyante. Pourtant, les murmures, je les entends. Admirable beauté du regard. L’ange patience. La difficulté de dire que le travail n’aboutit pas, que c’est impossible devant l’autre, parfait devant la glace chez soi, tout devient bafouillage. J’ai cette confiance depuis quelque temps. Cela se présente admirablement. Cela se conduit admirablement. Aux manœuvres. Le seul heurt est l’évaluation d’un prochain investissement. Je ne suis pas disponible ou il me faut encore attendre, attendre que cela se pose, vienne en moi comme une saison, naturellement. Maintenant que s’allègent les pensées. Une technique comme une autre. Elle a le mérite d’être en présence et je ne me soucie pas de sa réalisation. Cela produit en permanence, d’heure en heure. Je suis donc dans la matière. Il pourrait y avoir des séquences, de ce dont il est question quelques lignes. Je ne perçois que d’immenses masses sombres, glissantes. Des ténèbres. L’énergie, la force, dominent. Si je suis là, c’est pour cela. Y être confronté dans la période la plus délicate, alors que l’abandon est toujours à deux doigts, si proche, hurlant « s’il te plaît, rien qu’un jour, je ne dirai rien ». Si, ça dira. J’ai déjà cédé une fois, à cause d’une urgence sociale. Une colère m’avait envahi. Tout ça pour ne pas être capable d’anticiper la moindre anicroche. Le vivant venu s’interposer. C’était si beau ce dernier échange. Je devais agir avec franchise. J’avais en face de moi quelqu’un que je ne pouvais pas trahir, lâcher tout ce qui nous liait dans l’instant pour que le devenir existe, qu’il le comprenne en quelques secondes. Cela pourrait être la fin d’un roman. La plus belle scène jamais vécue, moi, dans l’escalier, je ne me suis pas retenu, il fallait un baiser, je lui ai envoyé depuis ma main, c’est un souffle de vie, de l’amour pur.

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