À chaque fois je me dis que c’est pour cela que parfois je me réveille au milieu de la nuit. À ce stade, ce ne sont plus des rêves. Ce sont des films. Le corps textuel effondré, les yeux cloués, l’esprit léger virevoltant entre tous les sujets, fractions de seconde. Debout soldat il nous faut conquérir ! Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu une petite guerre. Ah, la guerre, l’intrigue facile, le scenario déjà écrit, le suspens (à peine) quand soudain (surtout) juste avant paf ! et juste après bing ! On veut du sang, on veut frémir. L’idée me plaît. Je vois d’ici les scènes superposées avec l’issue de l’une dépendant de l’issue de l’autre. Si on veut de vrais morts il suffit de prendre dans l’histoire réelle. Sinon, les robots c’est bien, les machines, les extraterrestres, les démons. Parce que s’il y a des anges, il y a des démons. On en connaît qui en ont terrassé plus d’un. Ça se corse un peu s’il y a des mauvais anges et des bons démons. L’ange tue le démon. C’est bien. Le mauvais ange tue le bon démon. Ça se complique. Pas facile de savoir qui on défend. Et puis la langue. Faut pas croire qu’elle se laisse faire aussi facilement. Genre on joue et on la jette. Usage unique. C’est la période. Mauvais ange. C’est pas le bon. Mauvais choix. Erreur. Bon pour le paradis ou bon pour l’enfer. Le bon démon. On dit que ça n’existe pas puisque les démons sont des anges déchus punis qui ont fait le pire, sont chassés bannis, condamnés pour l’éternité à torturer les esprits mortels plantés sur terre comme on plante des souris dans un bocal de laboratoire. Tiens, foutons-lui une pile dans le cul. Paf. Oups. La pile dans le cul ne résout pas grand-chose Monsieur le démon professeur en blouse blanche qui n’a que ça à foutre apparemment. C’est pour le science démoniaque. On voudrait savoir à partir de combien de morts on s’inquiète on s’insurge on condamne. Oh ! Ce n’est pas le nombre de morts. Comme dit le démon professeur philosophe entouré de livres : il suffit d’un seul. Plantez-le sur une croix. Deux mille ans d’histoire. Bel investissement de la pensée. Tout est amour. Aimez-vous les uns les autres. Paf sur la croix. Comme ça on sait pourquoi on pleure. Crime originel et une belle hiérarchie. Un démon supérieur dominant une armée prête à tout. Les anges se sont organisés de la même manière. Pratique. Un référent. Un responsable, qui a le droit aux colères et donc d’en foudroyer quelques-uns. Au fond on adore ça. Se soumettre. On les voit débarquer, sortir de leur trou. C’est interdit. Aucune exception. Alors que c’en est plein. La langue est ainsi faite. Paradoxe du présent. Le gars n’a aucun autre rôle que celui qu’il se donne. Je pourrais répondre que s’il y a un problème c’est à mon patron de me le dire. Déjà qu’il a le regard médusé. En fait il revient une seconde fois vérifier. Indescriptible. Il la porte. Je rêve ! Il va sûrement en référer à la bonne personne. Je sais où il se cache. Me voilà dénoncé.
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