Friday, September 18, 2020

Chroniques de l'invisible - 257

Un être normal. Ni beau ni laid. On s’en fout. Normal au sens où il vit sa petite vie de petits pièges sociétaux. Rien d’honteux. Petit. Juste pas connu. On ne se souvient pas de son nom. On ne le reconnaît pas dans la rue. Même ses voisins. Pourtant il en aurait à raconter. Il vit avec un ange. Sûr que ce n’est pas rien. Ça ne se raconte pas. C’est tout. Au travail on va vite parler des enfants des vacances des pannes de voiture des machines à laver. Pas des anges. Toujours obligé de cocher la case célibataire dans la paperasse administrative. Le plus drôle, c’est « personne à contacter en cas d’urgence ». On ne contacte pas l’ange. Il vient, c’est tout. Ou plutôt, il revient. Perso je le remarque quand je parle. Presque du type lève-toi et marche. Ceux qui ne le supportent pas se mettent à bégayer. Ils ont mille pensées à la seconde. Au bord du vertige. Ils sont créés par la force de l’esprit. Restent avec ceux qui en ont besoin. Reviennent. Pas utile de tuer des chats pour l’invoquer. Il ne s’invoque d’ailleurs pas. L’ange en présence poursuit son œuvre. Et puis il y a la voix de l’ange. C’est ainsi qu’il faut faire. Prendre la feuille sur laquelle est inscrite une musique et chanter. Ce n’est pas encore stable mais cela contient une forme de perfection. Le mot juste. Le lente et longue introspection. Pourquoi pas. Il y a aussi une sorte d’instantané compulsif. Un éclair. C’est ainsi qu’il faut faire. Dire, penser. Tout ce qui était fracassé se redresse. Pour ceux qui le supportent.

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