Wednesday, February 12, 2020

Chroniques de l'invisible - 038

Je ne vais tout de même pas continuer de mentir à longueur de temps. Il faudra bien un jour que la chose se sache. Si c’est dissimuler qu’il se passe essentiellement, je ne suis pas sûr de tenir longtemps. Ce sera presque alternativement le même travail à fournir pour habiter cet espace laissé infertile par des séries de conclusions, comme si la théorie avait d’abord tenté l’aventure pour ne pas virer dans l’histoire fantastique. J’y résiste, non que je n’y crois pas, mais parce qu’il me semblerait étrange qu’apparaissent Anges et Dragons ailleurs que dans l’univers poétique. Cela tremble de vouloir, alors je me force de rester fidèle. Je me souviens comme je tentais de l’expliquer. Il n’y avait pas la matière nécessaire pour en établir un dialogue, à cause du format imposé. Du coup, je suis parti avant que le sujet n’arrive sur la table. C’était me dire que je ferais ce travail dirigeant ma conscience à l’aide d’autres mouvements de la pensée, sans devenir fou bien sûr, mais sans être cette forme matérialiste détestée qui ne s’occupe que de son propre domaine. Ainsi suis-je revenu avec un éventail plus déployé. Une autre image, même, pour la fiction. À qui j’accorde un statut très particulier, relevant de la nouveauté aussi, comme m’adressant. Les troubles qui précèdent ne sont pas sans signifier qu’il y a une juste intuition, aussi forte qu’une manière d’aimer, aimant à ma manière, je dirais, sans tabou. J’ai grâce à cela envie de concevoir. J’attends presque le moment où des éléments de la plus grande importance se connecteront. Cela arrive dans le réel. La vie y est paisible. Je m’attache à chaque signe. L’élément important que j’attends est une sorte de retour à l’esprit. Tout me semble trop terre à terre, à devoir reconstituer l’énigme. J’aimerais la découvrir. Je dois pour cela me concentrer et m’intéresser à ce qui devient, comme cela se présente d’abord, la fameuse image. De toute évidence, tout se lira comme une première phrase. L’éternelle construction. Ce qui est en cours. La question de la proportion dans ce domaine qui n’a pas de limites. Je m’active sur un sujet puis je laisse tomber préférant m’atteler aux sensations du réel, à ce qui m’environne, tel que seule ma sensibilité accorde à l’être qui veut vivre où qu’il soit. Partout s’envisage ce que je ferai de tout cela après. Ce n’est pas d’actualité. L’actualité, c’est de remettre à demain les tâches matérielles. Le spirituel veut plus de temps. Il réclame. Ainsi, je sais mieux ce que signifieraient certains changements d’allure dans l’établissement de la pensée. Un rôle que j’élabore avant qu’il advienne la possibilité de dire. C’est cela, la pensée, c’est l’avant-dire. L’être réel qui se présentera posera lui-même les questions. Je les connaîtrai bientôt toutes, car je comprends mieux où se situe le point fondamental, ce qui lie les souffrances les unes aux autres.

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Tuesday, February 11, 2020

Chroniques de l'invisible - 037

J’avais dit que je noterais toujours lorsqu’il reviendrait, l’enfant, l’enfant de la pensée, l’enfant du renversement, le tout-puissant avec son rire éclatant, qui fait se dégringoler des croyances nous permettant, en continu, de dire ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Voilà. Il fallait que cela arrive aujourd’hui. La question de la norme. Pauvre norme. Très certainement qu’elle existe, qu’elle se présente à nous sous une forme, et dès qu’on la perçoit, on la déforme, on la détourne, on veut l’avoir conçue, alors qu’il y a bien toutes sortes de lois, énergies, forces, courants, sur lesquels non seulement nous n’aurons jamais aucun moyen d’action, mais qui en plus nous englobe totalement. Il sera drôle, finalement, ce calendrier, à reconstituer, tout dispersé qu’il est à présent. Quand je reviendrai me demander combien de temps cela a pris d’entrer dans la matière, de la laisser ensuite conquérir d’autres espaces au risque de la croire abandonnée, mise de côté, ce qui pourtant s’est adapté à d’autres nécessités pour, finalement, ne faire qu’une seule et même chose. J’y verrai les ponctuations, les périodes où je ne compte plus, où je ne tente pas de mémoriser les mots comme on apprend une leçon. En attendant, j’ai envie de poursuivre avec une idée qui m’anime depuis plusieurs jours : ce qui est l’un n’est pas l’autre. Je pourrais développer : ce qui est vu révèle ce qui se cache ou ce qui est dit ce qui se tait. À ce stade, je ne saurais faire autrement. Revenir en arrière serait comme m’amputer. Alors, quelle que soit l’heure, je dois intervenir sur ce qui approche absolument. La fois, peut-être la seule fois, où je pourrai traduire ce qui se passe vraiment.

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Monday, February 10, 2020

Chroniques de l'invisible - 036

« Les ponts du commun », sur lesquels nous marchons tous, allant d’un territoire à l’autre, main dans la main. Et ce lien entre les générations, cette pensée de la descendance, la marque du temps, le passé, en quelque sorte, qui refait surface sous la forme d’un corps pour lequel je ne comprendrais pas l’attraction si je la laissais au domaine réservé du hasard. Ainsi, comme les astres et autres objets célestes, nous gravitons les uns autour des autres, éloignements, rapprochements, y compris la pensée participant bien naturellement à l’élaboration de ce complexe tangible. Il n’y a pas, personnellement, individuellement, le corps puis l’esprit ou le corps sans l’esprit. De même aucun corps social ne peut s’être constitué sans l’esprit collectif. C’est le cas dès que deux êtres se rencontrent déjà savamment constitués. Le choix d’un pas vers l’autre est composé à la fois d’une prédétermination, reflet de l’expérience et se réalise, me concernant, dans l’indétermination. Je ne saurais rien du devenir à part ce que j’y place pour chaque relation. Évoquer alors l’attraction plutôt que l’attirance, tel que je l’ai vécu récemment. Il y avait quelque chose de plus fort au sens plus important, une nécessité autant d’un dire que d’un laisser-faire, comme dans un escalier, ne rien se dire pour juste être ensemble. L’un sans l’autre à ce moment précis devenu impossible. Son attitude, son regard, tout me disait « Te voilà, je te cherchais ». C’était déjà l’après, une manière de vivre l’après, faire le point pour d’intimes convergences, les vérifier, en quelque sorte, cette sorte d’envergure attendre, commune, et cette drôle de manière d’en faire état. Où nous serions l’un pour l’autre dans chacun des détails de la vie, dans l’image (« vivre dans l’image ») et son élaboration totale dans les formes mystérieuses, connaissances d’un au-delà terrifiant où tout se met rapidement en mouvement. Rien n’autorise de figer. Mémoires immédiates et souvenirs déjà lointains se mêlent pour disposer au présent. Chaque jour comme un nouveau test. Ce qui m’amuse encore, c’est de voir à quel point il serait tout de suite nécessaire d’expliquer, dans un format où je ne pourrai pas mentir s’agissant des dates, à part quelques correspondances faites dans mon histoire individuelle. Et puis, il y a les faits, les retours. Les mots qui disent « ce qui ne s’effacera pas », les traces. Je refuse d’associer cela à l’amour, ce qui ne m’empêche pas de constater des présences plus fortes à certaines périodes, comme des focalisations. Je sais en quelque sorte ce qui se prépare, et ce retour est nécessaire pour qu’il n’ait pas d’empreinte dans l’œuvre où je ne désire plus de ces traces à part ce qu’elles auront généré de créatif. Nécessaire et permanente séparation. La même, le même effet. La création redevient centre du sujet. Pour cela, il fallait rencontrer. C’est fait. Époustouflante matière. Tableau de l’âme. La poésie n’est pas loin. C’est ce qu’on oublie souvent de dire, le dernier mot. Toutes ces fois répétées, interrompues. J’ai cru que je pourrais avoir une influence sur tout cela. C’est bien sûr le contraire. La poésie dévoile un autre type de présence, rassurante. Elle conduit aussi à des formes d’aboutissement de soi. C’est comme tout finit parfois, au fil des jours, et sans trop se demander pourquoi, constater que tout s’étiole de plus en plus tendrement.

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Sunday, February 9, 2020

Chroniques de l'invisible - 035

La pensée, cependant, n’est plus ce qui est dominé. Elle n’est plus le constat d’un effondrement. Elle ne serait peut-être même plus un lieu de négociation. Pleine lune en lion, et le vent déchaîné. Je rêvais qu’il pourrait exister un temps du présent. Qu’un seul pourrait lire et comprendre, un message adressé. Je me dois, par respect, de ne pas en bouleverser ce qui relève de l’ascendance et aussi du genre. Chacun son tempo. C’est aujourd’hui que je dois rouvrir quelques livres. De ceux que j’ai à ma disposition dans ma bibliothèque. Eux aussi, je pourrai les citer pour plus de commodité, mais je préfère qu’ils s’inscrivent dans les mots provoqués, les phrases propulsées. Les êtres liés désormais. Il fallait tout ce temps pour les voir différemment, non plus des miroirs, mais ce qui se détermine l’un avec l’autre. C’est une génération, presque une foule, une communauté. De ce lien qui s’est produit effectivement naissent d’autres rencontres. Tout cela conduit sans surprise à l’équilibre et je vois partout le palimpseste. C’est comme un support et je mesure à quel point mon intuition vient renforcer ma pensée. J’en évalue également la portée. À nouveau, tout danse. Les doutes et les certitudes, les établissements et les méconnaissances. L’innocence, en quelque sorte, se met au service de l’invention. Je ne me fais plus d’illusion. J’aime seulement cette présence que j’ajoute. Peut-être n’en sera-t-il plus jamais question. L’oubli, comme un deuil, devant se faire peu à peu. Cela n’empêche pas de s’amuser un peu avec les concepts, et comme j’en ai pris l’habitude, plutôt que de rester béat devant ce que je ne sais pas, à consulter les encyclopédies, je me laisse embarquer par la création intuitive. Toujours ce dogme qui se présente comme inévitable. Incroyable. Il ne cédera donc jamais. Je serai chaque fois celui qui lui dit non. Au fond, il me prévient : pas d’accès. C’est mal ma connaître. Je suis dans l’espace du tout pouvoir. « On m’a dit que » n’a plus d’effet et je suis là pour déjouer également. Le contrat, je l’ai lu, est celui de « l’individualisation ». Ce n’est pas le traitement d’une folie durable. J’intègre.

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Fragment de jours - 11

C’est vrai. J’ai comme besoin de rajouter encore un nouveau sas en amont pour faire exister cet étrange personnage qui est né de tout cela, presque pour ne pas abîmer les éléments qu’il contient réellement et qui me bouleversent tellement ils me sont devenus précieux. La même étrange sensation me traverse. C’est allé si loin en si peu de temps. Et aujourd’hui, rien ne presse. La conviction a besoin de cela pour encore se former comme on apprend toujours de soi. Il faudra lier ces plongées à une structure qui n’est pour le moment qu’en germe. La fin dit toujours où je conduis l’émotion, et je trouve toujours de quoi me reposer, de quoi reposer la fatigue due au travail. Ce que je trouve merveilleux, c’est que la notion que je me faisais de l’échéance, même ici, n’a pas de raison d’exister et que tout se fond réellement. Quelque chose a fini, mais une autre chose continue. Tout ne s’est pas coordonné de telle manière que j’aurais cru aisément à une force extérieure. Or, c’est l’énergie interne qui est à l’œuvre et celle-ci n’étant pas commandée, elle résiste au calendrier. Elle n’a que faire de ce qu’il faudrait faire pour réussir un coup médiatique. Elle s’était déjà manifestée à deux reprises. Un désir en moi avait tenté de la contraindre. Ce serait devenu l’épisode de l’oubli. Les tests grandeur nature ont cet effet dans la continuité. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas déployer un effort singulier pour aboutir, par exemple. J’ai peut-être mieux visé les périodes où cet effort serait possible en prenant en compte ce qui semblait, avant tout, insurmontable, mais qui n’était en fait que l’expression d’un trop tôt dans la réalisation. « Les mystères sont des monstres patients ». La phrase arrive à point nommé. Je n’irai pas plus loin avant plusieurs semaines, et cela s’achèvera dans la douceur.

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Saturday, February 8, 2020

Chroniques de l'invisible - 034

La polyphonie fait son grand retour. Je fais fondre plusieurs sujets ensemble, comme une manière inédite de poser la question de l’alter ego. Inédite parce que s’incruste (au sens s’inscrit) une image au cœur de la lecture et de l’écriture. Je le conçois tout de suite comme un dialogue à distance grâce auquel l’imaginaire vient inventer une logique basée sur la confiance. Ce qui se transmet à l’autre, comme un démasquage. Je suis encore très confus s’agissant de quelques thèmes évoqués à cause sans doute d’un manque d’expérience. En avoir des éléments de discussion m’a en quelque sorte placé à un degré de convergence. Je ne traiterai pas des différences. D’un côté comme de l’autre, puisque l’on ne dit pas tout, ce qui pourrait se traduire par de subtils mensonges, il n’y a pas lieu d’interroger cela.

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Friday, February 7, 2020

Chroniques de l'invisible - 033

Et puis un jour, une parole se libère. Comme s’il fallait à nouveau un guide, mais le trouble s’installe. Je ne sais pas qui est le guide de l’autre. Quelque chose de si intime s’est déposé que cela ne pourra plus jamais être autrement. Une telle pureté. Tout envahit. C’est ainsi que je le désirais. Et je voyais qu’à ce tournant-là, les blessures bouleversantes semblaient béantes, une ouverture de l’âme. Rien ne fut forcé et je pense à ces nécessaires retours. Que ne voudrais-je les éviter. C’est inventé. Depuis le début. Il fallait juste se préparer. Pour une première fois. Je laisse sonner. Dans ce temps fracturé, j’appelle. Entrer ainsi sans terreur. On m’offrait de quoi observer, comme jouant moi-même l’œuvre musicale. Je pourrai rappeler commet tout s’est passé depuis cette rencontre. Merveilleuse harmonie.

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Thursday, February 6, 2020

Chroniques de l'invisible - 032

Lorsque le lien d’un jour à l’autre est opérant, l’image de soi n’est plus confuse. S’il s’oublie, nous n’y sommes plus pour personne et il faut recommencer. Le temps poétique n’a pas besoin de quelque urgence qu’on s’imposerait à cause de cette performance permanente, signe du vivant de l’être. C’est donc à nouveau la même allure, avec cela que cela est, entre lecture et écriture. La connexion a eu lieu. Je n’ai plus rien d’autre à faire. La sublimation aurait eu une autre matière. Dans le corps. Ce qui se reforme ou se replace. Sans hésitation, la question de la structure afin de merveilleusement décrire comme je repasse une seconde couche, à toute une vie. Grâce à ce genre d’étincelle que j’ai rarement connue. Cela n’a rien à voir avec la situation vécue, et pourtant, je suis comme emporté par un sentiment de victoire. Tout cela, tout à coup, propulse dans la joie intérieure et je me retrouve tout sourire. Cela aurait pu arriver à n’importe quel moment mais c’est aujourd’hui. Voici l’être maltraité coincé dans la fiction où je n’ai plus qu’à jouer avec les symboles, massacres consécutifs de tout ce qu’il y a d’obscur, angoisses comprises. Le sang coule sur l’ingratitude. Le vent se lève. Je veux tout voir d’un coup. Comme dans une fête foraine. Je suis l’amusé permanent, celui qui n’entend plus les cris de ralliement pour les causes personnelles désespérées. On court partout. On se mobilise. Il faudra répéter l’exercice des milliers de fois. Concours de bonheur. Ils se touchent. Ils ne font plus attention à rien de ce qui les entoure. C’est l’autoroute, à vive allure maintenant. Les coincés sur le bas-côté. J’en pleure de rire. L’énergie fondamentale vient très légèrement précéder des formes d’impacts de la pensée. La mémoire enregistre. Figures d’apaisement dépassées. Franchement, la lune en cancer, j’adore. Elle propulse dans le devenir. Je n’ai d’yeux que pour elle. Foudroyante.

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Wednesday, February 5, 2020

Chroniques de l'invisible - 031

La question d’origine, des racines. Du genre. Ce qui se conduit et ceux qui sont tressés. Il faut à présent que j’écrive les mots que je vois. Le regard qui se porte, intense, avec ce poids de l’âge, comme renversé. J’aimerais lui ôter toute dignité. Retour à la désinvolture. Je ne pourrai jamais éviter ces ponctuations de la pensée. Mon désir est en quelque sorte conçu à partir de cela. C’est cela que j’aime, ne plus savoir pourquoi je passe de l’une à l’autre. C’est pourtant simple, mais après plusieurs jours, je ne m’en souviens plus. Je crois que le sujet d’une contradiction ou d’une soudaine révélation quasi mystique n’a pas de raison de rester dans les phrases. Je n’ai qu’une dynamique à travailler. Voici du dos à dos. Les mêmes mots pour dire tout autre chose. Je garde l’idée fondamentale de trois niveaux de discours. Il n’y en a pas un supérieur à l’autre. Ils vivent autonomes et multiplient les convergences. La mémoire du texte doit en conserver les détails, aussi bien les éclairants que les alarmants. Dans ce monde sans danger doit s’opérer une connexion que je n’ai pas encore. Je sais juste ce qui se travaille pour le devenir. C’est une folie qui se prépare. Une autre forme de communication. D’être avec entièrement. Ce n’est pas fini. Je sens que ce n’est pas fini. Il n’y aura rien cette fois-ci sur la durée. C’est l’instant. Le monstre caché. Le corps informe se déplaçant. Cela ne concerne personne d’autre que moi. L’absolu. La fiction était commencée. Clé de l’imaginaire. Voilà peut-être le plus grand paradoxe, au cœur de ce que j’admire, la raison d’un autre établissement. Sa propre loi. Que rien ne pourra contredire. La seule question actuelle est comment rendre tout cela public. La présentation. Elle avait été d’une certaine manière effective le 22 février 2019. C’était un échec parce que je n’avais pas imposé mes conditions. J’étais déjà dans cette partie de ma vie où je n’allais plus confondre devoir et désir, mais cela m’avait coûté cher. Je n’avais pas couché. On ne me le pardonnait pas. Dont acte. J’avais cru qu’on pouvait s’intéresser or ce n’était pas le bon sujet. Je me fous royalement des conséquences. Le loisir est plus simple. Vainqueur. C’est un échange de bons procédés. Je relirai tout cela en me torturant l’esprit. Ce que je n’avais pas écouté à cette période ne se renouvellerait pas. À chaque fois je me satisfais de la richesse d’une application. Bien joué. Il fallait y penser. Avant les mots qui se diront. Je dis : pauvre con ! Concevoir que quelque chose me freinerait dans l’analyse. C’est raté. Tout me va. Tout me sied. Je ne vois que légèreté de l’amour. Une tromperie permanente. Ce qui s’accélère. De tout foutre en bordel. Que j’aime cette vie qui surprend tous les jours. Que j’aime de me savoir ainsi pleinement entouré.

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Tuesday, February 4, 2020

Chroniques de l'invisible - 030

Il est fort probable qu’il suffirait de le décider un jour pour que n’importe quel récit commence, d’un mystère observé, d’une union consacrée. Il n’y a pas de Royaume. Il n’y a pas de Palais. À moins qu’il suffise qu’en soi se vive l’infini du récit où Anges et Démons, masques et hologrammes, viendraient soutenir le discours. Les reconnaître par leur opacité. Saisir le sens d’une seule blessure, lorsque la marque d’un autre, de tant d’autres, passerait presque inaperçue dans le cumul du temps. C’est donc que je vais faire un tour du côté de l’Esprit. L’application stricte des domaines d’affection n’a plus d’économie en tant que tel. Il n’y a ici que l’établissement de niveaux fictionnels. De toute évidence, cela parle, conduit, mieux qu’un amour inespéré, mieux qu’une préparation de ce que je suis réellement, non au point d’aboutir mais sur le chemin singulier et, sans mesure, protecteur. Je pourrais m’arrêter là, me contenter de cet acquis, et pourtant, je poursuis, ce bagage et ce message, comme ce qui va arriver, témoins de l’absolu. Il y a toujours cette crainte face à la fragilité de tout cela car il est bien question d’émotion et de sensibilité, en lien très certainement avec le quotidien de la vie devenu opérant. Une transition, comme l’aube. Et au moment où je me demande qui cela concerne, et comment m’en soigner, il n’y a que moi, l’alter ego, l’ami proche, l’être aimé, le choix de la pensée consacrée, la douceur de ce qui s’offre, ce qui affleure. Et puis, sans prévenir, les marques du temps, les légers déplacements, la petite ride, dont je ne me lasse pas. Ce qui s’efface renforce aussi ce qui reste, entre mes mains, comme se révélant, une manière qu’il faudra prendre en compte grâce à ces mots qui m’atteignent. Des phrases entières me semblaient vouloir trop faire correspondre entièrement et pourtant, de ces pages découvertes, je m’étais inspiré. N’y voir qu’un détail pour l’instant et laisser le corps se transformer, s’en nourrir. C’est la lenteur de l’assimilation qui fait ses preuves, mais à chaque fois, à chaque nouvelle porte, c’est attendre à nouveau, une autre fois. Voici une clé pour la prochaine fois. À partir de cela et de cela seulement, nous construisons. Il est vrai que dans ce cas précis, je ne suis pas seul, ni à déterminer ni à signifier. La lenteur s’est imposée. Je l’ai compris au fur et à mesure alors que j’étais parti diamétralement à l’opposé, dans l’urgence, la boulimie. Que voulais-je savoir ? Si je n’avais pas raté un accès quelque part. S’il y avait des formes dont je serais dépendant. Si j’allais y arriver. C’était pour me distraire et je m’étais d’abord emporté plongeant à nouveau dans l’addiction.

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