Friday, November 24, 2017

Au contraire

Au contraire, nous avions déclenché les fougues, le besoin des uns d’en détruire d’autres, la confusion irréversible de toutes les amitiés, une rupture de solidarité, des motifs d’exclusion, des jugements arbitraires, un verdict qui serait étudié plus tard s’agissant de son application, jusqu’au procès suivant, jusqu’aux assises, dédain renouvelé, focalisation du sujet, moralisation sans débat, stigmatisation d’un conflit inventé pour éviter d’aborder les réelles responsabilités, ce qui, seulement quelques mois plus tard, semblera dérisoire, masquant subtilement la vérité, les raisons fondamentales, drôle d’idée, de s’être emporté pour si peu, alors que le fond n’a pas été révélé, l’imposture, le vol, la malhonnêteté, la réelle faute, inscrite à tout jamais dans l’indicible métaphore d’une matière fictionnelle.

Monday, November 20, 2017

Nous voulions juste que l’entourage comprenne

Nous voulions juste que l’entourage comprenne que les incidents qui avaient provoqué tant de remous, une fois détachés de nos propres craintes, n’avaient été que des points de focalisation, rendus à eux-mêmes, sans autre sens que ce qu’ils étaient venus mettre en lumière, que l’expression d’un malaise certain, un jour, avait décidé de s’inscrire dans la réalité d’un mouvement, pour qu’une fois isolée, encadrée, elle puisse signifier ce qui n’avait jamais été dit, dans les forteresses de l’ombre, le royaume des secrets bien gardés, là où se décidaient des lois incontournables, forçant à ce que l’abandon de soi, cumulé, fasse unité, armée composée de soldats aux volontés détournées, n’envisageant que l’essor d’un système singulier, qui n’avait de raison d’être que dans ce seul domaine, où pour faire taire l’opinion divergente, on avait réinventé la geôle de la perversion, le dédain masqué d’une perfide ironie, le rejet systématique de toute nouvelle proposition, le fait d’oublier, peu à peu, de prendre en considération l’existence-même de l’individu en tant qu’unité de mesure, resserrant l’instance de décisions dans le huis-clos des dominations, instaurant un réseau fin d’informations, des canaux de communications subtils, où un seul, séduisant quelques autres, par la radicalité du ton, la démonstration d’un pouvoir réel, consolidait le trône sur lequel il s’était installé, garantissant la pérennité d’un désir latent, celui d’être au centre, l’incontournable, sujet de toutes conversations, admiré des plus proches, accusé par celles et ceux qu’on avait voué à l’inexpression en les enfermant tacitement dans un circuit de discussion d’où n’émanait plus aucune décision.

Tuesday, November 14, 2017

Nous allions enfin pouvoir nous promener à notre rythme dans nos propres aventures poétiques

Nous allions enfin pouvoir nous promener à notre rythme dans nos propres aventures poétiques, vouer ces longs moments d’observation à l’établissement de la seule source à laquelle nous viendrions puiser grâce à la valeur que nous allions y placer, un tout formant en permanence un autre tout, pour que l’histoire que nous allions désormais raconter soit nôtre, dans les prairies, au-dessus des arbres, horizon circulaire, quelle que soit la direction que notre regard allait choisir, l’amont, l’aval, mieux que l’avant et l’après, la perception de plus en plus fine de l’interconnexion de tous les éléments, jusqu’à ne plus croire que nous manquions l’événement, puisqu’il était là, au présent, devant nous, autant ce qui nous entourait que nous, participant, notre corps, enfin, s’imprégnant et influençant à sa manière, dans son style, aux heures où plus personne ne l’attendait, pour mieux rencontrer, mieux écouter, mieux traduire, celles et ceux qui allaient composer, avec nous, la lente mélodie que nous avions entendu naître lorsque notre voix, rejetant pour toujours de se soumettre, s’était élevée, d’abord timide, d’abord fragile, pour non plus constamment contredire ou s’enfermer seule, dans l’incompréhensible tristesse désolée, mais pour apporter une aide précieuse, une touche s’harmonisant, simple, entière, un point du tableau, un point de la globalité à laquelle nous étions raccordés.

Friday, November 10, 2017

Nous observions

Nous observions, nous participions, nous accompagnions, lieu composé de tant de facettes, lieu de contradiction, l’amour pur, tel qu’il se traduit dans le besoin d’un autre, sa résonance dans nos corps, ses soupirs, ses attentes, ses mains posées, le souvenir d’une forme d’origine, à laquelle nous avons cessé de vouloir attacher des mots, puisque l’émotion ne fait que se diffuser, ressemble, mais ne répète pas, chemins de rencontre, plénitude de l’instant, regards posés, en écriture, éprouvant la sensation d’un retour, avec cette certitude d’être venus là chercher à se démunir, écouter la nuit, le voyage aidant à assumer une décision, à la confirmer, pensant à tout ce qui, là-bas, a été laissé, pensant surtout au vide que tout cela crée, un espace d’invention continue, le seul capable de supplanter les énergies semblant nous gouverner, avec ces faiblesses de l’esprit qu’on tente de nous faire passer pour prodigieuses, sans oublier les scandales et les guerres, la météo du quotidien, car ce serait en partie ça qui déciderait notre degré d’inquiétude, notre seuil de soumission, à droite, à gauche, tout droit, admettant qu’un juste combat avait été mené, qu’il aurait des conséquences, mais en attendant, il fallait souffrir d’avoir laissé passer une autre forme d’autorité, tout aussi puissante, peut-être moins dévastatrice, pensions-nous, mais qu’il faudrait un jour combattre, ainsi, parce qu’il n’y a pas d’autres formes possibles, par le document signé, daté, adressé, par la littérature qui seule a la liberté absolue, au centre d’un pavé indéchiffrable, pour les quelques-uns qui auront le désir d’aller au bout, de dire que le système est bel et bien gangréné de petits chefaillons s’enrichissant, prenant un plaisir malsain à soumettre, à inventer de nouvelles lois, des lois de savoir-être, jusqu’à se multiplier dans les corps malades, atrophiés, devenus hystériques, les sentinelles, retour des collabos, ou graine de collabos qui s’est réimplantée, mystérieusement, à l’endroit-même où nous étions, par chance, déjà en culture dans tant d’autres domaines que nous savons que si un jour un système doit s’effondrer, ce sera celui-là, celui des délations et des sentinelles, parce que le travail est en cours, le chemin que nous empruntons leur est invisible, parce qu’ils se maintiennent dans une forteresse, n’existent pas sans les prisons qu’ils construisent, parce qu’il suffit qu’un jardin nous sépare pour qu’ils n’aient plus aucune influence sur ce que nous préparons.

Monday, November 6, 2017

Un chant lointain

Un chant lointain, hors de soi, un souffle de bien-être, entoure ce que nous avons été, ce que nous allons à nouveau rechercher, qui sera bon de toujours approcher, révélant, une lente métamorphose, d’un être, d’un état de l’être, aux dimensions élargies, un fond de réel, presque une ossature prenant chair, dans les couloirs en friches, paysage désolé, nous aimions, seuls, observer le degré de tristesse apparente, dans les regards, le lire sur les corps, un épuisement, un égarement, une erreur admise, du temps qui ne servirait plus à rien, où il serait devenu impossible de produire, à cause de cette fin espérée, l’entendre déjà, « c’est fini », nous devons envisager de rentrer, alors qu’il était si bon d’être entre soi, voyant, peu à peu, se former la communauté poétique, la même attention portée à l’intensité d’un orage, nous y sommes, au présent, les signes le disent, les signes suffisent, le calme, un lieu public presque vide, les mots apparaissant dans la douceur, volonté subtile d’un laisser-faire, laisser-aller, lui, lisant au bout d’un comptoir, déplaçant le devoir, envisageant désormais, d’autres objectifs, long terme à peine mieux défini, sur un tout autre support, l’imaginaire ouvert, oui, c’est mieux, pour ce qu’il est possible de reprendre, là où nous l’avons laissé, un numéro de page, une ligne, un mot, mis en mémoire quelques minutes, s’allongeant, au gré du rythme des convenances, dans l’air pur, poétique, où de nouveaux visages prennent part, drôle de génération, l’amont, sans doute, proche de la source, plus proche, merveilleusement déployée, gouvernant, avec ce sérieux dramatique, presque inexpressif, consciente de son rôle, aux affaires, nous allons nous occuper de tout, disent-elles, disent-ils, la frontière tracée, le respect, visible, reconnaissant celui qui, on ne sait, porte un mystère que d’autres n’ont pas, sorte d’aura, lorsque, se relisant, se recopiant, nous nous souvenions, de cet échange, nous choisissions de ne pas le transmettre, barrant le reste à sa diffusion, laissant voir, ailleurs, où rien n’est évident, où il faudra chercher, les marques de l’usure, les couleurs passées, ce qui semble avoir été rénové, et puis, entourant, l’éphémère, la vie si courte, vrille, fusées, propulsées, révélant qu’il y aura, une poignée de main, un contact, se préparant au-delà de toutes les dimensions jusqu’ici rencontrées, places réservées dans la continuité, d’avoir dit avec justesse, agi avec bienveillance, pour tous, à tous, l’intention proportionnée, il était passé se rendre compte que tout allait bien dans ce lieu réputé sans danger, où l’histoire se raconte, en parallèle, où il avait connu, peut-être un an auparavant, la même sensation qu’il y a dix ans, une déflagration, désignant, après avoir choisi quelles portes protègeraient un lent balancement encore méconnu, entre deux rives, entre deux mondes, jusqu’aux explorations insensés, y revenir, seul, étudier, travailler, une traversée de la pensée, de longues marches, forêts des désirs indéfinis, se livrant aux pluies fines, pointe de douleur dans la poitrine, le bas ventre, aspiré d’un sommeil profond où tout résiste, la nuque à nouveau serrée, souffle pur, souffle impur, inspirer, expirer, le mouvement du monde, la matière révélée, la voir métamorphoser, unis dans l’addiction, déplacés, le long d’une colonne vertébrale, les points de tension, une main caressant, une présence, quelqu’un, est là, veille, attend, que le repos habite, nous nous sommes tant aimés, de ce deuil en retour, lieu du deuil, d’avoir si longtemps cru que nous étions dessus, peur d’être immergés, alors que nous étions tout entiers presque au fond de ce que pourraient être d’immenses océans suspendus, emplis de tout ce qui est, constitue, choisir de s’y déplacer en conscience, rencontrer les éléments un à un, puisque la vie s’y propulse en permanente naissance, fruits visibles, si proches de réussir, dans l’ère des combats, des volontaires, des assaillants, ils se reconnaissent, travaillent leur expansion, on ne les prévoit pas, personne ne les voit se préparer, sous l’apparente immaturité, ils contrôlent déjà, occupent, font rire, mobilisent l’attention de quelques-uns, à qui ils manifestent, un signe de reconnaissance, parce qu’ils auront besoin d’aide, au moment venu, à l’heure des choix, alors qu’ils seraient supposés n’avoir aucune légitimité, nous les accueillerons, nous les soutiendrons, nous dirons combien nous leur faisons confiance, combien nous serons avec eux pour mettre en œuvre l’exceptionnelle beauté d’une fin romanesque.

Monday, October 30, 2017

L’image de l’obsession

L’image de l’obsession, isolée, dont il faudrait s’occuper, exclusivement, s’incarne, en pensées, puis un corps silencieux, perversion, pour détourner, le sujet, quitter, les arbres défilant, déjà, un autre paysage, quitter les sources où l’on voudrait empêcher la liberté d’être, des prisons, des rôles assignés, pour maintenir l’ordre nouvellement établi, sortir, de ce positionnement imposé, où l’on apprendrait la délation, pour avoir l’habitude de la faire, lorsqu’on peut, il suffit d’une fois, céder, dire le tort d’un autre à qui ne devrait pas l’entendre, sans maladresse, refuser, de feindre qu’on n’aurait pas aperçu le mensonge au détour d’un maigre aveu, de tous ces centrés, autocentrés, égocentrés, tant virevoltant jusqu’à ce qu’ils deviennent l’objet de toutes les attentions, pauvre petit, pour remplacer la part d’eux-mêmes qui leur a manqué, peut-être de l’amour, d’une mère, celui qu’ils espéraient, qu’ils n’avaient pas envisagé de voir se signifier en gifles, en situations incompréhensibles, le sourire, puis l’irritation, puis le silence, plusieurs jours, ressemblant à une punition, alors, les rêves, de massacres, de devenir surpuissant, pour rien, parce que la porte s’ouvre et que tout est fini.

Tuesday, October 24, 2017

Les sensations s’accumulent

Les sensations s’accumulent, se contredisent, s’alimentent, se métamorphosent, s’exploitent, s’organisent, veillent, ordonnent, témoignent, pulvérisent d’un regard, fondent en larmes, provoquent des soubresauts, des fous rires, des transes euphoriques, des chants, des danses, des mouvements imprévisibles, des fictions improbables, la justesse d’un moment, lorsque c’est devenu l’heure d’être, de répéter, mille fois, un même thème, une phrase, pour puiser, développer, créer la trappe à travers laquelle les possibles s’entrecroisent, beautés échangées entre l’extérieur et l’intérieur, la rencontre, le flux, l’imaginaire concrétisé, le sens se formant, l’influence, le partage, la révélation de l’identité singulière, ce qui ne ressemble à rien d’autre, ce qui s’enseigne et s’apprend chaque jour d’une manière différente, parce que ce qui est fait n’est plus à faire, ce qui est dit n’est plus à dire, si la matière cherche à mieux s’orienter, si elle s’est suffisamment épuisée, de mille fois répétée, devenue cri sourd dans la nuit, une respiration bloquée, penchée, l’épouvante, le gouffre des possibles, d’où émane un parfum de feuilles fraîches, un air léger, glacé, notre profonde humanité.

Friday, October 20, 2017

Il y aura donc l’adresse invisible

Il y aura donc l’adresse invisible, sans calcul préalable avec, en formation, quelques soldats de l’idéal, postés pour dire avec les mots que nous nous interdirions ce qu’il faut faire pour réussir, stratégie élaborée en dehors de tout contrôle, pour s’adapter, pour réagir, parce que le corps réclame, il a faim, il prouve sa gémellité avec l’esprit, non la fusion, mieux encore, le contact indéfini, la pulsion, l’intonation d’une expression, si puissante, qu’elle s’incarne, présence à l’autre, désir fou, l’image d’une simple venue, des univers qui se rencontrent, fierté de l’être, fierté de montrer l’existant, ensemble, après de si longues années, le lien qui se reforme, en direct, en public, toi, moi, lui, le voici, ce qu’il est, ce qu’il transporte, sa facilité à communiquer, ce ton dont le jugement est absent, ce qui vient tout à coup circuler, les organes opérants, pour mettre en scène, grâce aux arbres, grâce aux dunes d’où surgissent des colonies d’enfants, grâce à la singularité de la situation, l’aveu d’une focalisation, à partir d’un format offert, la boucle, en place, le sens, s’insérant, métaphore de la violence, mon patron m’a viré, ma copine m’a trompé, pas assez, encore, pour atteindre le niveau d’expression, pour révéler les tremblements dans les mains, le regard plongé, l’hystérie créative de l’imaginaire, tout serait mieux, tout était possible, tout est trop tard, à cause des personnes qu’on a laissé passer, celles que nous n’avons pas recontactées, celles qui ont oublié, les promesses non tenues, ce besoin d’aide informulé, que personne n’a perçu, parce qu’au moment où il s’extériorise, tables renversées, destruction de l’intime, hurlements, bras lancés au hasard, murs, fenêtres, nous sommes seuls, ou celles et ceux qui nous entourent, préférant le tabou, créent ce fossé entre nous et ce qui aurait soigné, ce qui aurait aidé.

Friday, October 6, 2017

Il fallait avouer, désormais

Il fallait avouer, désormais, puisqu’il était lui-même venu se dévoiler, ou alors, si ce n’était pas seulement pour menacer, il fallait dire quel était le but, de faire comprendre à l’autre qu’il serait possiblement partout, l’épiant, dans son sommeil, entrant, durant ses rêves, sans faire aucun bruit parce qu’il avait les clés, identiques, les mêmes, un double, un miroir monstrueux, l’impensable reproduction, dans un couloir étroit, se gênant, se barrant le passage, à faire comme s’il était chez lui, à laisser deviner dans l’intensité de son regard que l’autre ne pourrait rien, que personne ne saurait, le crime parfait, l’insoupçonné, l’oublié, tout à coup, revenu, pour la vengeance, à se demander quelle arme il allait sortir, si tuer serait au programme, quand on ne sait plus s’il sera possible de se contenir, si nous aurons la force d’aller jusqu’au bout, si proches d’un objectif qui s’est lentement construit à l’intérieur-même du désir, d’entrer en confrontation pour qu’il n’y ait plus qu’un fait à relater, quand seront découvertes les misères venues s’y exprimer, sous la forme, peut-être, d’un corps abandonné, d’une tête fracassée, de coups portés, partout, sur les bras, dans le dos, sans aucun autre indice de violence, sans aucune effraction, comme entreposé dans un décor paisible pour frapper la conscience, pour devenir la scène d’un crime, là où personne ne l’aurait imaginé, brisant la continuité de toute une série d’histoires, un matin, se levant, l’appel d’un agent de police, la suffocation du discours, pensant qu’il s’est trompé de numéro, que ce n’est pas la bonne personne, « vous devez faire erreur », tout ce qui est dit ressemble, mais ce n’est pas ça, ce n’est pas vrai, quelqu’un l’a inventé, pour faire mal, pour que jamais ne s’arrête l’illusion d’avoir créé le cœur-même de l’intrigue, comme un poème dont il n’était pas utile de comprendre le sens, parce qu’il fallait un début et une fin, à quelque événement, le bouleversement, immédiat, l’avant et l’après se faisant face, pulvérisés, dans la pensée, le rythme cardiaque s’emballant, puis la haine, puis la rage, puis les larmes incessantes, à cause d’un corps qu’on n’a pas encore vu, à cause de l’imagination qui reconstitue, comme à la télé, comme un gros titre, quand nous pensions déjà que c’était insoutenable, oui, insoutenable, de devoir ralentir à ce moment-là de la vie, ce matin-là, à cause de lui, n’accusant pas celui qui tue mais celui qui meurt, c’est un non-droit, pas dans ce sens, pas aujourd’hui, parce qu’il va falloir annuler des rendez-vous, changer les plans, non pour un personnage qui disparaît, mais pour un personnage qui apparaît, un spectre, un esprit, une idée de ce qui serait une fin, à se demander qui, à vouloir faire des liens, des chronologies, vérifier dans les tiroirs, se persuader qu’il n’y a pas d’autres options, oui, c’est cela, avoir trouvé la preuve, appeler dans tous les sens, violenter tout le monde avec cet incident, les amis, choqués, se renseignant, se trompant, faute de temps, ne comprenant pas l’utilité, ne pouvant plus expulser, faire comme si, des jours passant, puis des semaines, quand il aurait suffi d’en parler, la cohorte des malentendus, jusqu’à laisser faire, admettre qu’il faudrait régler cette affaire, trois, deux, un, l’ultimatum, le médiateur, c’est maintenant, le choix à faire, la décision à prendre, le silence imposé, bien sûr, il faudra, revenir au début, essayer de mettre du sens, corriger les erreurs, s’excuser, admettre qu’il y avait matière à confusion, ce que serait une conversation qui n’aura jamais lieu, entre le criminel et la victime, parce que nous n’avons plus envie d’entendre les justifications, parce que le plus important, maintenant, est d’avoir vu qu’à l’horizon le soleil allait se lever, que la lueur changeait, que les oiseaux traversaient le ciel, que l’émotion se répandait dans le corps, proche du bonheur, un vrai bien-être, apaisant, pour signifier que nous n’avons rien oublié, qu’il a suffi de dormir quelques heures, de se dire que c’était un nouveau début, une nouvelle histoire, nous avions choisi une autre voie, de nous souvenir des exaltations, des romans inscrits dans le désir, des parfums d’embrun, des vertiges de cette volonté qui donne la force d’ouvrir un volet, de partir se promener dans la vie des autres, dans la continuité, pour le plaisir que c’est de partager, un premier regard, une première poignée de main, un premier aveu, « si tu veux », tant nous avons envie d’être ensemble, de chercher ce qu’est ce petit morceau de soi que l’on trouve un peu partout, dispersé, relégué, transporté, pour un prénom, échangé, quand il a été si simple de dire la vérité, « t’as bien raison », à la terrasse d’un café, des convictions similaires, une situation qu’on n'aurait pas envisagée, d’une combinaison quelque peu surprenante, drôle de truc, un passé qu’on ne refuserait pas mais qui n’aurait pas d’influence sur l’immédiat, à part l’énergie de son évaporation naturelle, temporelle, un écho dans le quotidien, nourrissant ou ralentissant un nouveau projet, selon les cas, selon la norme, outil puissant conduisant l’impatience à construire alors qu’elle n’avait jusque là fait que détruire, empêcher, perdre, quand chacun voudrait que soient justifiés tous les gestes, que soient concrétisées toutes les attentes, ne plus supporter ce qui se répète inlassablement dans la vie, qui ne sera jamais autant bouleversé que ce que nous espérions, parce qu’un nouvel espace s’est détaché, ne s’attardant plus aux quotidiennes injonctions, comme une conclusion, un avis, exprimé, c’est-à-dire, d’abord, ressenti, jusqu’à l’évidence, puis s’inscrivant dans nos corps, ce qu’ils disent, à leur manière, la voix métamorphosée en souffle timide, n’osant plus prendre sa place autrement que dans le tumulte des désordres apparents, ce qu’ils préparent en ne dormant plus que le temps nécessaire à l’imprégnation, pour enfin laisser faire, laisser venir, une fin, l’inconnu, ces vagues légères, ces regards doux, une main se posant, un contact avec l’espéré, esprit d’une solitude habitée, pour être venus, ensemble, admirer les mêmes éléments, abandonnant ce qui nous avait alourdis, sans regrets, pour la saveur d’une paisible joie, encore marquée par la fatigue, les élans d’une angoisse si profonde qu’elle agissait malgré eux, qu’elle agira malgré nous, constitutive, écoutée, aimée, comme tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, en partie, si complexes qu’il sera inutile de juger, préférable d’apprécier, ce chemin parcouru, qui nous a menés là, à nous retrouver, le sourire généreux, les hasards rassurants, pour y avoir cru dès le début, l’avoir ainsi envisagé, que l’essentiel serait sauvé, qu’il n’y aurait bientôt plus de réelles intentions de nuire à la parfaite continuité d’un savoir, visualisant une prochaine étape dans une sphère où des images ne peuvent se figer, par nature, poétique, matière de l’éphémère, ce qui s’éveille et s’assoupit, en nous, conscients, qu’un travail est en cours, qu’il se donnera à voir, aussi, dans les foules que nous traversons, sans date, sans ordre, sans limite, ce silence imposé pour trouver un seul mot, le dernier, que nous aurions à formuler, déjà en train de se dessiner, puisant son énergie dans la mémoire de plusieurs êtres, des idées, des essais, des exemplaires, disponibles, des romans, des personnages que nous aimerions revoir, ne plus les nommer, les aider à ne faire plus qu’être là, dans un paysage que seule l’émotion sait créer, ressemblant à celui que nous observons chaque jour, ciel ouvert, mobile, tortueux, de ce qui résiste, à cause de la séparation nécessaire entre ce que nous avons vu nous échapper au moment où nous aurions tant souhaité que ce nuage-là, cette pluie fine, n’en finissent plus de revenir tels que nous les avons perçus, silhouettes, debout, face au mouvement permanent, le dos disant, les bras disant, que si nous étions ce nuage, cette pluie, nous aurions vu deux visages différents sur lesquels une même larme coulait, deux corps se rapprochant n’osant pas constater la présence de l’autre, se retournant, finalement, longue inspiration, ne souhaitant plus se cacher l’un de l’autre, acceptant qu’il faudrait faire quelques pas, les corps, s’unissant, les désirs, l’intime, ne doutant pas qu’il faudrait sans doute apprendre à compter autrement, quand les douleurs reviennent, que la tête penche, qu’ils arrivent sur une même rive, qu’ils savent qu’une nouvelle partie de leur vie se prépare, un temps que nous aimerons partager parce que nous savons que de ces êtres que nous croisons désormais, aucun n’est venu par hasard, qu’un nouveau souffle viendra porter nos écritures communes, dès ce soir, dès demain, dès que nous sentirons qu’il sera temps, dès que nous nous serons séparés de ce qui nous a occupés tant d’années, quand, au creux de la gorge, la tristesse revient, la volonté de la voir naître, sensible, quand il sera à nouveau possible de l’entendre, que nous pourrions tout perdre à tout moment, qu’il ne serait pas possible de reproduire ce qui n’a pris qu’une seule couleur, ce rouge orangé, bouleversant, ce trait violent traversant tout ce qui nous surplombe, nous contient, nous envahit, l’air que nous respirons, ce qui fonde notre vie, comme dans la hâte, être épuisé de l’avoir pensé, cet effort, pour expulser, les tensions inutiles, les agressivités incontrôlées, pour pleurer, laisser ce qui doit disparaître s’éloigner, ne plus croire que reviendront les heures de pureté qui se sont attachées à nos propres histoires, insensées, improbables, d’avoir tenté d’en faire le récit-même de l’écriture, alors qu’elle savait, l’écriture, qu’un jour l’encre se tarirait, qu’il n’y aurait plus assez de place pour continuer, qu’il faudrait se transcrire dans un autre format, pour vivre à son tour, constamment inachevée, le long parcours de sa propre élaboration, pour être ailleurs, partout, autrement, à l’écoute d’un mystérieux engagement, une lenteur que seules les années peuvent instruire, pour que nous lui offrions ce qu’elle désire développer.

Monday, October 2, 2017

Toutes les questions venaient confirmer le seul aspect pervers d’un caractère

Toutes les questions venaient confirmer le seul aspect pervers d’un caractère, parmi d’autres, parmi tant d’autres qu’il faudrait reconstituer pour qu’il ressemble à l’un ou l’autre, une taille suffisant, une expression sur le visage, trop de similitudes, tout à coup reconnu, oui, lui, ici, alors que rien ne le laissait supposer, parce qu’il aurait été impensable de le concevoir, même en ce lieu où les angoisses se mêlent, là où se craint le pire, lorsque nous tentions d’anticiper ce qu’il aurait fait si cela, si autrement, la semaine suivante, d’une promesse non tenue, à cause d’une sensibilité différente, consultant chaque instant ce devenir, ne se voyant plus, nulle part, de ce besoin d’exister, il s’était installé, avait attendu, pour surprendre, ne plus donner le choix, maintenant, trop tard, parce que tout était projeté, qu’il fallait finir, qu’il faudrait un gagnant, quitte à entrer dans les sphères de l’illégalité, se disant que le plan avait réussi, devant l’autre, en colère, pointant du doigt, cherchant des explications, révélant ce qui n’aurait jamais dû avoir lieu si le respect avait été le lien fondateur.