Saturday, October 31, 2020

Chroniques de l'invisible - 300

Le vivre ainsi avec tant d’intensité me permettra d’y faire quelque choix encore lorsque je jugerai nécessaire ces retours à soi. Si tout cela n’est adressé qu’à soi, alors c’est très différent. Je n’arrive pas encore à m’imaginer la portée de cette constatation. Il y a deux faits conjoints à la base (Ayé, c’est l’enquête), une concomitance, mon arrivée dans un espace déjà occupé, depuis si longtemps habité, je ne le sais que depuis quelques jours, ces détails qui surgissent dans la vue (c’est le bon mot, on ne le voyait pas), je n’ai pas à juger les pensées qui me traversent, je sais juste qu’elles se ressemblent, elles s’assimilent, doux souvenir d’enfance rappelé. Il y aura toujours cette spécificité étrange, ce drôle de hiatus dans la chronologie des faits, oh ce n’est pas tabou, on en parle même comme d’une histoire absolument improbable, lui ! que tout prédestinait au déboulonnement de statues, aux manif, aux oppositions, lui qui souvent était le seul qui venait mettre le pied dans la porte (remarque, ça ne m’étonne pas tant que ça, il a toujours été un peu à la marge), non non (c’est l’interviewé), pas de paroles précises à rapporter, mais vous me demanderiez (ou si je devais faire une liste) qui de tous pourrait avoir un comportement qui ne ressemble pas aux autres, il serait nommé, c’est sûr, cité, voire pour certains faits, le seul auquel j’aurais pensé.

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Friday, October 30, 2020

Chroniques de l'invisible - 299

Je ne m’attendais pas à une telle écoute intérieure, une telle qualité, lorsque s’est instituée autour de moi la réponse à l’un des plus grands mystères de ma vie. Ce palais ou royaume à l’intérieur duquel je me savais exister, je cherchais à le justifier sans paraître privilégié, sans mise à demeure d’autrui et cela semblait n’être qu’une infranchissable impasse de la pensée. Je n’avais plus qu’à convoquer puis accepter une présence qui dans le silence s’est délicatement adoucie. Ainsi, cela se contrôlait peu à peu, sans heurt, sans injonction, sans devoir à accomplir puisqu’il y avait là un élément constitutif de taille, un renoncement, qui m’obligeront à ne pas adhérer aveuglément avant de prendre part à ce que j’ai toujours ressenti comme le besoin de mon être. Seulement, je ne peux pas y arriver lorsque la colère monte, cette colère que je sens s’adresser doit être maîtrisée. Ce ne sera pas radicalement tel que je l’ai envisagé. Je vais devoir composer.

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Thursday, October 29, 2020

Chroniques de l'invisible - 298

De fait, je n’ai plus qu’à appliquer. On le verrait écrit maintenant qu’on dirait mais comment est-ce possible comme c’est facile finalement ils étaient un peu limités à l’époque. Très limités. Un truc et c’était tout, puis ce fut un cumul de décrets et de lois. Au centre, se contredisant en permanence, la liberté. Ce choix, pour laisser courir l’esprit, le laisser vagabonder. J’aurais dû m’en douter, dès lors qu’il y eut une forme d’obligation, et surtout, à partir de presque rien de m’avoir ainsi assigné une catégorie. Une version moderne du port de croix. Cela ne m’empêchera pas de respecter la rencontre, voire même de l’honorer comme on admire une œuvre d’art qu’on voulait chez soi. Elle évoquera cet ancien temps et tant que j’aurai les capacités intellectuelles de le faire, je reproduirai sans crainte ce que je cherche infiniment.

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Wednesday, October 28, 2020

Chroniques de l'invisible - 297

Écrire lorsqu’arrivent les premières sensations, je dirais, peut aider. De toute évidence, c’est un achèvement. Rappel de tout ce qui a changé. Partir plus tôt, revenir plus tard, ne pas entrer dans un autre rythme et ne pas se mettre à disposition des mots qui enchaînent, forçant à faire croire que l’alter ego serait un autre corps textuel où tout serait identique, des points communs qui n’en sont pas, même lorsqu’il s’agit d’être disponible pour partager des instants. Ils ne sont pas essentiels parce qu’ils ne sont pas suffisants. Je repense des parties du temps. Je refabrique, d’une certaine manière, alors que d’autres habitudes sont à l’œuvre. C’est l’au-delà, bien sûr, l’au-delà fantastique, où la pensée n’a rien d’autre à faire qu’assurer une continuité, si loin de tout, elle dépose, dans cet espace privilégié, dans une fièvre légère, je m’alanguis pour une autre nécessité.

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Tuesday, October 27, 2020

Chroniques de l'invisible - 296

Je pourrais justement forcer une pseudo croyance qui arrangerait bien l’alimentation du mensonge. Je vois bien ce qui pourrait avoir changé depuis ces quelques temps. Je ne refuse pas le progrès, naturellement. Juste, je m’interroge, là, lorsqu’il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre, vivre, apprécier, à nouveau, ce qui ne se racontera pas (il est pénible), oui, je sais. Si c’est ce que je désire, l’insaisissable, l’élaborer pour en partie le devenir, de loin, comme cela se regarde, « on touche avec les yeux », ou on ne touche pas. C’est l’erreur qu’il ne faut pas commettre, tout tenter pour, glisser, ne pas prévenir, ne pas demander si ça pose un problème, forme de consentement. Pour lutter contre cela, je ne vois qu’un moyen, placer le rideau de pluie incessante, l’impossibilité météorologique, le reste a peu d’importance, c’est mieux que la gastro, si c’est pour faire un compte-rendu permanent, non merci, t’es où tu fais quoi t’as mangé quoi, fini du jour au lendemain sans prévenir, on voudrait des héros à qui il arrive des aventures exceptionnelles mais on ne raconte pas la vie du personnage que le héros croise sur son chemin. Pendant que l’un chasse le dragon, l’autre traverse la rue pour aller acheter du pain. L’air de rien, tout se remet en ordre. Le personnage aussi a vu passer le héros. Encore un qui fera la une des journaux. « Un dragon terrassé par un héros d’aventures ». Rien sur celui qui a traversé la rue pour acheter du pain. C’est moins sexy. « Un homme traverse la rue pour acheter du pain ». Et pourtant, c’est là qu’est l’essentiel de la vie. Cela n’empêche pas de terrasser des dragons. On est juste anonyme, non appelé à devenir public et on ne le veut pas, de toute façon. C’est presque une hygiène de vie. Cela vient signifier enfin. L’apport personnel est simplifié, au plus direct, au plus sensible, là où je n’ai pas à inventer pour justifier quoi que ce soit. Cela permet même d’étudier d’autres brutalités que j’étais prêt à m’administrer alors que certaines modifications du corps textuel sont nécessairement plus lentes car elles sont organiques. Une rupture amusante n’y changerait rien. Le sujet est grave. Des vies sont en jeu, des vies importantes, en ce lieu où il est nécessaire de rétablir la confiance, rappel des décisions prises au fur et à mesure, tout ce qui aurait pu être différent mais c’est ainsi qu’ensemble, à plusieurs, nous avons choisi de prendre un risque, celui d’un pari, puisqu’il faut régler ce qui retient d’abord individuellement, ce qui inquiète voire ce qui angoisse, « vous n’y arriverez pas », ce n’était pas la bonne phrase à dire en ces circonstances. Parce qu’une fois que la confiance est rétablie, il ne s’agit pas d’aller appliquer la même méthode à tout le monde. Il est vrai que certaines personnes se rendent si indispensables qu’elles deviennent la solution logique alors qu’elles sont depuis des terrains impraticables, saturés, l’opinion y est ordonnée, pas d’union sur ce point. La merveille est de constater comment cela s’inscrit vraiment. Ça, je peux le raconter. C’est si évident. Tout a eu lieu tel que je l’ai désiré, avec au centre ce qu’il y a de plus important. Pas d’entrave. Basculement temporaire dans un autre monde de combats, un monde tout aussi fantastique. Tout va s’éclairer. J’aimerais tant le dire directement à celles et ceux qui s’inquiètent. L’effet est immédiat, tout ce qui semblait ne pas pouvoir bouger se met en mouvement (il faut juste prendre un petit risque au démarrage), on se dit c’est de l’auto-conviction, de l’auto-persuasion. Et pourtant, c’est bien vrai, le seul, sûrement le premier, sur un chemin, s’adaptant à la temporalité, je n’avais pas imaginé que cela se terminerait ainsi, de la place pour les autres, même si je l’avais conçu au fur et à mesure, ce qui signifie pour moi des semaines de silence, il ne s’est rien passé, ça se joue sur un parking, un ton dans la voix tel un geste qui dit casse-toi, la colère ressentie à ce moment-là aussi est préparée, je viens d’en avoir une nouvelle preuve, il faudrait l’enfermer, s’interdire, j’avais pourtant évoqué la lenteur d’une adaptation, ce n’est pas si douloureux, c’est différent, je n’y passerai pas la nuit cette fois-ci.

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Monday, October 26, 2020

Chroniques de l'invisible - 295

Admettre — mais ce n’est jamais simple — que je ne suis pas là pour cela. Que c’est tout autre chose. Je suis bien désolé de ce rien en commun, ce qui m’oblige toujours à une attitude ferme. Maintenant que c’est devenu source d’écriture, ce long poème qui accompagne où l’addiction se travaille à distance. Car c’est bien cette distance que je dois maintenir, les heures heureuses quand l’exception devient réelle telle qu’elle est chaque fois que je pose la question de la durée. Cela arrivera peut-être un jour lorsqu’on se penchera sur quelques raisons d’être qui se sont rencontrées. Une éventualité n’est pas pour moi une nécessité et lorsque j’entends qu’il en serait autrement, je me vois plonger dans la routine ou la banalité d’une répétition, ce qui ne m’est pas nécessaire. Je crée cet espace qui ne se raconte pas, entouré d’un simple mensonge trouvé grâce à la simplicité du ton retrouvé, détaché, de celui qui ne fera pas un effort de plus pour entretenir l’illusion. L’aspect autoritaire d’un « on verra plus tard », et puis j’imagine de drôles de paroles échangées avec soi-même pour justifier la situation d’abord incompréhensible. J’ai fait des progrès depuis quelques années. Ma manière de me punir était fort différente. Il y a eu un peu de hasard aussi, bref, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Mon besoin n’est pas le même non plus. Il faudra que je sache mieux l’exprimer, sinon je serai encore tenté par l’autopunition, que cela n’existe plus, que cela qui nourrit mon œuvre n’existe plus, que je sois obligé de m’enfermer alors que je peux avoir face à moi le spectacle éblouissant d’un ciel, l’admirable tenue de la nature des heures, ici comme ailleurs, partout, la sensibilité spirituelle à l’épreuve d’une saine quête. Je pourrais à nouveau tenter l’aventure complète, du début à la fin et non pas seulement un flash, une idée, ouvrir l’espace de l’imaginaire alors que la période des conclusions commence, comme on sème le grain puis on récolte. Je m’étais dit que c’était là que s’achèverait quelque chose, la même histoire, la même tentation. Il faudrait une assiduité que je ne me crois jamais capable de tenir. Jusqu’à ce que cela ait lieu, heureux en cette partie de moi, quelles que soient les marques de mépris glissées dans une phrase, révélant tout de plein d’autres mensonges que je ne veux pas justifier, accompagner, aider à perdurer. L’épouvante d’une confrontation, la voiture emboutie, le regard empli d’incompréhension, si âgé, on s’affairait sur le trottoir, une journée si banale, presque offerte, et tout s’effondre. Je ne sais qui pourrait aider. Il n’y a pas de blessé. C’est ce que l’on croit toujours. Pourtant si blessé. Le poignard dans le dos. Au plus proche, alors que la confiance est établie. Les sourires. C’est juste que je ne pouvais pas tout faire en même temps. Je devais aller au plus concret. J’avais pensé que cela suffirait et ça avait suffi à tout enclencher une fois l’autonomie assumée. Le mépris fait toujours mal, quel que soit l’âge. Une manière assez facile de blesser. Je suppose que l’on ne s’en rend pas compte. C’est pour cela que je n’en garde aucune rancœur. Il y a donc un présent à étudier. Cette sorte de maladie. Aucun remède immédiat. Il faut attendre. La crise ne révèle pas assez. Elle est trop chargée. Cumul de malaises, de questions sans réponse. Un sans avenir alors que chaque minute le construit, cet avenir. Sauf que depuis, contrairement à ce que certains méprisants pensent, j’ai fondé puis résolu un grand nombre d’énigmes qui font à la fois l’histoire dans sa continuité (on ne revient pas en arrière) et l’exigence intellectuelle face aux difficultés des choix — j’allais presque dire des vœux — prononcés. Marre, sans doute, d’entendre ressasser, d’élever des fictions au rang d’espoirs vains. Dans ce cas, j’adopte l’attitude de l’intransigeance vis-à-vis de cela. Ce n’est pas sans rapport avec mes propres désirs, connus, que j’aimerais qu’on respecte au lieu de les détourner. Soi-disant plus simple. Ce n’est pas le cas. Il y a la même complexité, le fait d’endurer ce qui se présente chaque jour. Je n’ai rien à dire d’autres banalités qu’on viendrait m’imposer sous prétexte qu’en apparence je serais disponible. J’agis de la même manière, vers une autonomie globale qui m’apporte la liberté de penser. Le tout est de ne pas alimenter, de ne pas entrer dans l’illusion d’un lien privilégié. Je me sens parfois cruel de faire part de ces considérations. Le temps jouera en ma faveur ainsi que ma façon de présenter les différents thèmes. Je ne vais pas chercher à les rassembler. Le mode sans liste est pleinement assumé. J’aime compter le nombre de phrases dont j’ai besoin pour lutter contre la dépendance. Des jours sans, il en faudra plein, davantage. Je veux entendre cette voix de l’arrachement, la retrouver sous toutes ses modalités. C’est elle qui compte, elle qui ne lâche rien, qui poursuit son œuvre. Je ne suis pas surpris de vouloir l’exprimer sous cette forme. Il n’y en a peut-être pas d’autre. Dès qu’elle est trop mise en fiction, elle perd de son efficacité, ce qui n’empêche pas qu’elle soit entourée de récits aisés à comprendre. Cela peut aider à traverser l’épreuve d’un fait de la vie jugé imprévisible, l’accident qui vient tout remettre en cause. S’il n’y a pas de place pour juguler son effet, l’ampleur devient incontrôlable et c’est cela, l’effondrement, lorsque cela ne s’arrête plus, ne peut plus s’arrêter.

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Sunday, October 25, 2020

Chroniques de l'invisible - 294

Parce que même où je m’attends à trouver quelque subversion, je ne vois qu’allégeance, accord tacite, la forme la plus banale de la désillusion. Cet alliage, forte concentration, non pas une expérience exceptionnelle, lorsque s’entrechoquent les mots comme des valeurs, des données, des émotions, là, lorsque tout se rencontre, que s’inspire la vie, que se déploie le désir, l’air glacé de l’hiver, imaginé, la main tremblante, déjouant le piège, se demandant laquelle des situations aurait été la plus simple. Intéressant instant de vérité. Je m’étais un peu mélangé les pinceaux, connaissances hâtivement apprises certainement. Cela s’est rectifié. Je vérifierai plus tard tout de même. En attendant, il s’agit de faire d’une fois tant de fois que le sujet n’est plus à s’épuiser mais à s’essorer. J’avais très certainement besoin de cette confrontation pour y prévenir l’entière conviction d’un état proche de la perfection. Cela donc qui transforme peu à peu un objet d’attente. Je fais ce choix, le formule dans toutes mes pensées pour me préparer. C’est ainsi à présent. Toujours cette affaire de proportion. C’est gagné, je le sais. Il faudra à nouveau mentir, prétendre à l’incroyable. Le sujet déplacé. Il fallait bien que ça vienne un jour. Une pause comme une autre. Qui a valeur de test. Puisque rien n’est vu dans le même lieu, là où s’est articulé pour moi une confirmation. Aucune surprise.

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Saturday, October 24, 2020

Chroniques de l'invisible - 293

C’est que j’étais en train d’élaborer une stratégie pleine de mauvaises pensées. Il fallait corriger. Il n’y aura qu’à ce moment qu’il sera possible, avant de partir ou de se mettre à disposition, je suis toujours à deux doigts de faire lire, au personnage devenu monstrueux, qui n’a plus d’existence parce que je le modèle comme un vieux chiffon sans allure, j’imagine, j’apprécierais d’avoir une sorte de première réaction, ajoutant l’effet regard à la fin de la phrase, et ce sourire gêné comprenant que la lecture d’un extrait n’était pas un cadeau de je ne sais quoi, je sais par contre comment conduire l’intrigue, la scène s’organise, je viens surprendre, pour les heures qui précèdent et qui suivent, ce bonheur-là, de préparation puis le plaisir de l’avoir fait. C’était inimaginable. Comme je le dis souvent, c’est une question de méthode et de technicité. Au début on croit toujours qu’on ne sait pas où ça va, un peu comme un récit un peu maladroit. Il a dû sécher les cours de métaphore et le cours de méthodologie des personnages, les bottes noires, la robe rouge. Forcément on entre dans un décor-paysage. Au minimum une maison quelque part avec vue sur quelque chose. Rien de cela. Ni bottes noires, ni robe rouge. Personnage informe dans un décor incertain. Cependant, il vient d’y avoir une scène terrible. On ne s’y attendait pas. C’était parti pour nous raconter sa journée. Et en fait c’est la terreur. Le personnage se décompose face à la situation. Tout un monde d’illusions qui s’effondre. C’est ça qui est terrible. Là où on s’attend à être cité remercié, je me souviens de ce jour fabuleux, la brume douce d’automne. C’est le temps qui va aider à prendre des décisions simples. Pas le choix. Tempête de niveau 5, alerte rouge.

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Friday, October 23, 2020

Chroniques de l'invisible - 292

À la fois, il me semblait bien présomptueux de croire qu’à deux situations exceptionnelles ne correspondent pas davantage de troubles, davantage de différences, d’exceptions. Chaque ingrédient venu participer à l’élaboration, participant au climat, se laissant emporter avec tout ce que cela contient, lorsque le commun devenu ennuyeux doit peut-être disparaître, n’être plus qu’une couche délibérément enfouie. Parce que ça commence à bien faire de ne pas savoir qui on est, de décrire la beauté idiote et paradoxale de ce que ce serait rencontrer on ne sait jamais comment le nommer comme si ça dépendait de l’autre l’amour comme si y’avait besoin de cela pour l’éprouver, à la grammaire des temps anciens, le complément d’objet direct et sans cela ce serait l’épouvante. Je ne vais pas attendre. Je ne vais pas tenter de m’accrocher à cette misère sous prétexte qu’elle aurait le don de refléter ce que nous sommes tous en partie, alors qu’au contraire, c’est la marque du pire qu’il nous faut éviter. Éviter, malgré tout, comme d’être redevable. Je vois bien où se joue la tolérance. Je ne veux pas manquer cet épisode. Il y a de ce tout à l’intérieur du tout. De même, le paradoxe prend forme. C’est le mieux pour moi. L’instant du dire à l’instant même où il s’exprime. Il aurait manqué quelque chose d’essentiel si j’avais suivi la voie de l’intolérable. Cela ne me correspond pas. Je ne suis pas cela et j’existe autrement. Ce sera facile de s’interposer dès lors qu’il est possible de le réaliser, y compris l’errance de mots qui se coordonnent. Ils n’auraient pas lieu d’être autrement.

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Thursday, October 22, 2020

Chroniques de l'invisible - 291

Exceptionnel. Il pourrait ne s’être rien passé. Pourtant, il y a eu tant, tant à la fois, les merveilleux silences entrecoupant la conversation, tout s’accélérant pour entrevoir les correspondances. Alors, alors, comme un bilan, ce qui a eu lieu depuis, sans surprise. J’imaginais ce qu’on pourrait retenir, l’idéal sans doute, oui, presque, le même, tout est contenu là, comme une hallucination, la réponse qui ne correspond pas aux questions, l’histoire endormie, on ne pourrait pas deviner, il faudrait sortir de soi, impossible. J’aimerais tout reprendre point par point. Maintenant que j’ai des dates, c’est facile. Il est parti et il est revenu. Entretemps, la vie misérable, les mêmes gestes tous les jours. Sa présence vient nous le rappeler. Pas une question. La situation est trop difficile à gérer. Personnellement, je ne refuse pas d’y être quelque peu associé. Pardon, je ne fais rien pour que ce soit clair. Il faut dire que c’était au bord de la crise cardiaque. Le désir souverain. Ce qui n’a pas d’expression. On le tait, tout simplement. Quand on ressortira les archives, on essaiera d’y voir plus clair. Le trouble était différent. Cela se compte en années. Éviter. Éviter cette période. Tout était renouveau mais il avait fallu que j’aille me jeter dans les griffes de la bête, pleurer bêtement en attendant d’être broyé. Rien à foutre. Il n’en avait rien à foutre. Pourtant, c’était un retour. Il n’y a pas de sujet primordial. C’est comme ça. La conscience n’a plus cette notion du temps qui voudrait qu’on mette dans l’ordre des éléments aidant à comprendre. Tellement se passe en amont, en dehors. J’aime l’idée d’apparaître dedans sans qu’on s’y attende, car si je devais faire un rapport, il aurait fallu que j’enregistre. Ces sons qui viennent tout tricoter dans des zones que je n’entendais pas jadis. Une peur ancienne. Chaque jour. Chaque jour encore. Que tout s’effondre. L’accident maladroit. L’objet qui n’aurait pas dû être à cet endroit. Chu. Poésie. Le mot qui n’a rien à voir au milieu de la page. D’un désastre obscur.

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