Thursday, December 10, 2020

Chronique de l'invisible - 340

Et puis tout simplement. De l’amour. Je t’aime. C’était bien sûr possible d’aimer, malgré ses vœux, malgré ceux que j’allais formuler, à la lune, pour expier. Lune parfaite qui me jette du lit au milieu de la nuit. Loin de l’aube et pourtant commencé, éveillé. La cloche, comme cette fois, conclusive. Le ton que je ne voulais pas. Conclusif. Je pensais : « Tiens, déjà les corneilles ». Elles aussi, à la lune se levant. Que je vois doucement décroître, moi aussi. Annonçant. L’image d’un premier amour avec ses propres enfants. Vérifiant chacune de mes mains. Conclusion : « Il n’y a pas de trace d’elle ». Je le traduis dans l’émotion. La même douleur de larmes versées. Une simple lettre. Il fallait en finir avec ces violences. Une manière de les rendre. Ce n’était pas les bons destinataires. Tant de fois révélé. Maintenant que je n’ai plus rien à prouver — puisque la place que j’ai actuellement me convient — je n’ai plus besoin de paraître. Seul en-dessous, jusqu’à la peau, ma couche protectrice est à mon parfum, ma couleur, tel que j’aime être. On n’en saura plus rien. Drôle de personnage, pensera-t-il sans doute. Il devra lui-même lutter contre quelques a priori pour me croire, puisque nous allons le dire ensemble. Credo. Tous les lieux traversés où je suis tant resté m’imprégnant de ce qui s’y était enseigné et pratiqué. La victoire de ce que je vois, j’écoute, je ressens de l’ancien malgré les pratiques arrogantes d’aujourd’hui que je juge trop autoritaires. Il faut laisser venir à soi. Une rencontre, c’est deux entités minimum. Nous sommes donc au même degré de découverte. En si peu de temps, je révèle par le changement ce qui chez l’autre ne change pas. Ce en quoi il ne croit pas. Je viens aussi aider à ma manière lorsque l’autre m’a aidé. Sans surprise, la journée ne se déroule pas comme prévu. Justement. L’imprévu. Dans la mesure où tout doit être régulé autrement. Immédiatement accepté. Ainsi tout passe avec plus de simplicité. C’est fait. Objectif atteint. Quelques secondes de doute. J’ai cru qu’il allait y avoir d’autres exigences. Finalement non. Tout cela me replace infiniment autrement. J’ai couru au sanctuaire, rendre grâce. Là, les réponses sont assez fulgurantes. Pas de pause. Pas de repos. Il fallait juste, pour taire les tourments, régler une formalité quasi administrative. Bon, ce n’était pas que cela. Jouer le jeu. Récit correctement restitué. Bon élève. On s’en souviendra. Le téléphone qui sonne pendant le Credo, la femme de ménage qui arrive en pleine évocation de la douceur des laudes, mes mots tentant de faire part d’une beauté inhérente. J’ai même eu envie de décrire les nuées, mais ce n’est pas le lieu pour cela, ni le bon interlocuteur. Comprendre que je suis éveillé par le lever de lune, que mon émotion est tout entière rythmée, que je la dois aux anges. J’avais raison sur un point. Celui qui n’y croit pas. Lui ou un autre, son avatar, sa représentation. Je savais qu’il me parlerait d’argent. 90 millions de déficit. Oh la la. Je m’en fous. Je suis venu restaurer l’essentiel. C’est fait. Un bon bain de lavande me fera le plus grand bien. Après complies. Dans le silence de la nuit.

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