Saturday, December 5, 2020

Chronique de l'invisible - 335

Il n’y a pas mille objectifs en ce moment. Il n’y en a qu’un seul. Fini les pollutions visuelles et les programmes générés par des robots. Quatre livres pour une autonomie qui me convient. C’est mon office divin. Chaque heure une recherche, un travail, des choix à prendre, des décisions à distinguer. Ici, c’est moi qui officie, je l’espère, dans les règles de l’art, après une pleine immersion. Gabriel apparaît dans les mystères. Les antiennes. Celui qui est venu m’accompagner. J’irai jusqu’au bout avec lui. Je devais être de ces temps anciens, lorsqu’il s’agissait de ne pas juger. De ne pas faire semblant non plus. Au sujet de la haine. Je l’avais pressenti. Un décalage. Dans l’ordre du temps. Cela me semblait inévitable. Pour certains, ce n'est qu’une question d’horaires. Pour d’autres, c’est tout l’intérêt que nous portons. Ce n’est pas très complexe. Quelques heures seulement. Tout cela me semble mieux équilibré et mieux proportionné. L’effet sur le corps est réel. Impressionnant. Traversant une forêt avec légèreté. C’est si loin. Je ne sais même plus comment c’était et si cela reviendra. Ce n’est pas le moment d’y penser. Chaque chose en son temps. Lieu du secret. Que c’est bon. Parfois, je me dis que cela pourrait coïncider parfaitement. Mais je me fiche de la performance. C’était si beau le jour où je suis parti. Je pars aujourd’hui. Nous nous sommes dit que nous nous aimions. Garder contact. À bientôt. Chemin d’un retour admirable. L’écriture avec le paysage. Les plaines. Le crépuscule. Autour de moi tant d’autres vies. Les habitudes conservées. À la maison. Reproduire. Les mêmes heures que lui. Lui dans chaque pensée. Au quotidien. Les mêmes gestes. Mon royaume, établi. L’enfant qui tend les bras. Je n’ai pas pu lui expliquer tout cela. Il fallait du concret. Du concret. Dans le bois sacré. Dans toutes mes errances. Un nombre d’années qui ne peuvent se compter. L’attrait du surnaturel. Croire que c’est bon. Qu’on y est. Le détail qui m’a fait tilter. Trop d’argent encore. Il faudrait que cela coûte, que je paie, alors que cela ne coûte rien. Éloignement immédiat, radical. Le pendant d’un roman achevé peut-être. L’enracinement. Maintenant la terre, la joie, parce que tout est parfait, à l’unisson du désir.

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