Tuesday, August 28, 2018

[NO WAY] - 18

Nouveau départ, encore, pour tenter de ne pas se laisser abattre, parce que la situation n’est pas encore totalement réglée et que la menace est toujours tenace, elle encercle la tête et coupe tout désir de continuer, comme si l’esprit de l’autre continuait d’agir à l’intérieur même du désir. Une forme d’épouvante s’empare. Tous les gestes attentionnés qui pourraient être comme un retour à soi sont totalement figés. Il faudrait réussir à rappeler les sensations d’une main caressante sur la cuisse, du jour où je l’ai retrouvé.

Friday, August 24, 2018

[NO WAY] - 2

Le temps passé à vouloir à la fois reconstituer la chronologie de faits anciens et développer l’univers fictif que ces mêmes faits génèrent au présent n’aura été qu’une période d’acceptation durant laquelle l’empêchement et le désir d’aller contre se sont confrontés en une multitude de variations qu’un quelconque plan d’action n’aurait jamais réussi à prédire autrement qu’avec des séries inaptes à leur nécessaire adaptation.

Monday, August 20, 2018

[NO WAY] - 9

De l’insomnie.
De la mémoire du corps.
Des coups dans la poitrine.
Des bras tordus.
Des coups dans le dos.
Des étranglements.
Des coups dans l’épaule.
Des courbatures le lendemain.
Des maux de tête.
Des nausées.

Solitude.

Parce c’était trop. Trop souvent. Trop longtemps.
Des coups. Des maux. Des courbatures.

Et la nausée.

Tuesday, August 14, 2018

[NO WAY] - 15

Il l’avait croisé par hasard, à la sortie de la gare. Toujours ce hasard. Il avait l’air de planer, dans son monde. Rien d’important, jamais, mais tout de même des pensées qui l’emportaient, ailleurs, dans son monde à lui. Ah, tiens, oui, pourquoi pas un café, mais il avait pris un jus d’orange et un croissant, quelque chose qui prendrait plus de temps que prévu, mais ça lui allait. Ça lui faisait du bien de juste passer quelques minutes avec lui. Il serait sans doute un peu en retard, d’autant qu’un café, c’était vite avalé, mais un jus d’orange et un croissant, ça voulait dire attendre, ça voulait dire l’attendre. Une donnée parmi d’autres : l’autre n’avait pas vraiment la notion du temps. Un café, c’était juste cinq minutes. Parfois plus. Jusqu’à moins le quart. Ça dépendait de l’heure d’arrivée des trains qui, à cette heure-là, dans ce sens-là, n’étaient pas prioritaires. Les conducteurs avaient ordre d’attendre, de laisser passer. On voyait la banlieue défiler. Paris, dans son nuage de pollution, et tous les matins, une vision du ciel dans lequel il vivait. C’était le plus beau point de vue sur l’aube ou, selon les saisons, le début de toutes les matinées qu’il allait passer en dehors du tumulte de la ville, juste pour le plaisir d’avoir à traverser un bois, sentir qu’il respirait mieux là, se rappeler qu’il avait fait le bon choix.

Friday, August 10, 2018

[NO WAY] - 54

Ce qui va faire actualité est plus simple que ce qui s’imaginait plusieurs mois en amont. C’est un commencement, une arrivée dans une sphère inexplorée, où il faudra de la sincérité. Un positionnement a été décidé. Il ne faudra pas s’en écarter. Ni de toutes ces sensations qui naissent lorsque le repos s’impose. Il est vrai qu’une dimension échappe à tout ce qui se produit au fil des journées, s’inscrivant dans ce qui longtemps ne fut qu’admirer. La carrure, par exemple. Cette manière grâce à laquelle le mot ne fait que se former. Ce moment où il vient s'immiscer. C’est comme un plan qui se mettrait en mouvement, un temps de travail à consacrer à autre chose. Tant d’heures passées à se relire. La mémoire est pleinement sollicitée. Elle s’engorge de données qu’aucun format ne pourra jamais saisir. Il n’y a plus que le vivant à l’œuvre. Une seule force à contenir.

Monday, August 6, 2018

[NO WAY] - 34

Des connexions sont faites. Conviction que tout en soi s’entraide et que cela apporte plus de pertinence à l’ensemble. Rien ne se perd dans le temps. L’imaginaire prend le dessus.

Monday, July 30, 2018

[NO WAY] - 30

Un mouvement se prépare. Les pensées nettoient. Une priorité absolue, désormais, sera de ne plus se laisser envahir. Puisque les coïncidences ont permis que naisse une parole, si intense, si peuplée. Temps d’écoute. La crise monumentale est peut-être passée. Ce ne serait pas utile d’y revenir. Et pourtant, elle est là. Dans la paume des mains. Comme un froid permanent. Elle n’aurait fait qu’agir sur la manière de dire, changeant de format. La voilà donc, cernée. De toute part. Cohorte d’outils simples. Un principe pour chacun. Il n’y a rien d’autre à dire que de s’en servir. Ce qui apparaît est sous la forme d’une atmosphère émotionnelle. Points de fuite ou points de chute. On ne le saura que dans un mois, dans un an, dans dix ans. Nécessaire lecture de ce qui a eu lieu, maintenant, existant, la naissance d’une opération méditée, volontaire, dont il faudra se dessaisir.

Tuesday, July 24, 2018

[NO WAY] - 13

Le règne de l’insignifiance. Il suffit d’une star et tout le monde applaudit. Il n’y a pas de système dans le système. Il faut arrêter de croire qu’on est manipulés. Aller moins vite. Travailler sur le micro temps. L’instant même de l’émotion. Gravure de l’âme. Musique répétitive. Tempo de l’éternité. Un mot, puis un autre. Entrecoupés. Une longue phrase, qui n’a rien à voir, mais qui surprend, par sa beauté. Saisissante, comme une Haïku. L’évocation de quelque chose d’intime. Une figure de l’auteur. Obsession. Conviction. Ce n’est pas si facile de partir. Dans tout ce qui est là, il y a une partie d’un tout qui, jusqu’alors, semblait cohérent. Réussir à s’arracher un bras. Abandon de soi. Le long des maréchaux. Vie bruyante. Toujours en travaux. Il marche dans l’inconnu. Lentement. Comme en sortant d’un spectacle bouleversant. Il ne prend pas les transports en commun, et pourtant, il est dans la foule. Nouvel espace. Ça respire déjà.

Friday, July 20, 2018

[NO WAY] - 7

Il aurait fallu supposer qu’on n’ait rien d’autre à faire, le matin, que de laisser fuir ces drôles de personnages tentant tout de suite de piéger la pensée, comme s’il ne pouvait exister qu’une seule manière de l’alimenter, qu’une seule manière de la programmer, se sentant toujours dans la catégorie de ce qui doit, pour survivre, envisager de chaque jour s’améliorer, non pour mieux se faire comprendre de qui que ce soit mais pour être soi-même plus à l’aise avec l’idée qu’on est peut-être venu, sans trop s’en apercevoir, à peu à peu mieux espérer que tout installe dans la durée un idéal qu’on avait d’abord cru possible uniquement en se consacrant aux regards blessés, aux vies longtemps malmenées de n’avoir eu qu’à lutter, comme si, en aidant, on serait arrivé jeune à l’objectif fixé, tâchant de le maintenir, de se voir être quelque part, identifié, pour qu’un entourage n’ait plus à se poser la question de savoir dans quelle case on s’était, peut-être, retrouvé, croisé, à quel moment il était envisageable de partager, ne se laissant pas emporter par l’évidence, la récurrence, la seule méthode qui aurait été considérée pertinente, pour aussi apercevoir, là où ils sont, les trous de la conscience, comme un dimanche, on range, on lave, on fait différemment, on revient à soi lentement, ce pourrait être le dernier jour, la dernière fois, on dirait « il est arrivé jusque là », puis un virage, un autre paysage, où il faudra faire cet effort de se déplacer, pour n’être plus jamais figé dans un unique tableau, pour ne plus avoir à justifier quoi que ce soit, puisque l’intérêt n’est d’en vivre qu’à la manière que nous avons choisie, celle de n’être obligés par aucune convenance, aucune obligation que nous n’aurions pas nous-mêmes inventée.

Monday, July 16, 2018

[NO WAY] - 35

Il se disait que cela ne servait à rien d’essayer de comprendre ce que signifiait l’insouciance de cet instant. Le rythme de la vie était pour lui comme une chanson qui tournait dans le vent. Il pensait à ce que pouvait être le climat de tension dans l’esprit d’un fils qui se serait cru sans père, alors qu’il pensait un peu benoîtement : « On a toujours un père. Même s’il est mort, on garde toujours une partie des défunts en soi ».