Sunday, September 20, 2020

Chroniques de l'invisible - 259

L’idée est bonne. À explorer. Un changement. Tout va bien et paf ça change. Tout va bien ou tout va mal. En tout cas, il y a un changement. On ne sait pas pourquoi et on ne le saura pas. Parce qu’on est d’accord. Tous les jours des scènes qui se répètent à l’identique, ce n’est pas passionnant. Un truc du genre. Cher journal. C’est étrange. Presque indescriptible. En chacun de nous. Quelque chose a changé. J’efface tout suite à un coup de panique. Il faut retrouver. C’est quelque part dans la mémoire. On ne peut pas oublier ça. Si c’est mieux. L’esprit peut se focaliser sur des scènes passées. Il évite le traumatisme. L’acte. Le geste. La parole. Le regard. Avant, ça va, je peux raconter. Après aussi, pendant des siècles. Mais l’acte. Le geste. Etc. C’est enfoui. Terrifiant. C’est ça qui est saisissant. Je ne dois pas minimiser l’instant. Avec ce que je raconte sur le bord d’un fleuve. Un test. Il en restera une part non négligeable. Tourbillon de l’amour. Je me dis : ne cherche pas à éliminer ces images. Elles sont au présent en voie d’absorption. Les personnages ! Bien sûr que j’y pense. Je ne pense qu’à eux. Je veux juste ne pas les laisser seuls. Il est là le mensonge. Il faut le faire. Ce n’est pas un choix. C’est sous les yeux. Plus qu’à décrire les scènes oubliées. J’aime l’idée qu’elles soient reconstituées. Depuis que j’ai adopté ce moyen d’y revenir chaque fois, de les mettre sous la table. Ce qui est là est extrêmement délicat. J’ai cru d’abord que cela ne pouvait pas exister, que c’était l’œuvre de l’imaginaire. Je ne pourrai jamais faire semblant. Je veux cette rencontre. Sans dialogues. Énigme folle. Tout a eu lieu. Je vois la forme. Je la vois s’éveiller.

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