Friday, September 25, 2020

Chroniques de l'invisible - 264

Je pourrais. Ce serait tentant. Personne ne verrait le changement. Ne rien faire correspondre. Je ne suis pas sûr que c’était ce qui était prévu. Cela fait trop longtemps. Et ce sera ainsi. Je ne suis pas mécontent, du reste. À part cette attitude. Je ne dis plus rien. Je pourrais me fondre. Ce serait pareil. Continuer à ne rien dire. Déçu, forcément. L’intérêt totalement déplacé de ceux qui attendent l’honneur et les remerciements. Je serai là. Il fallait y penser. Je me vois déjà devant ces regards regrettant. La part d’un presque rien qui fait toute la différence. Des mots que j’aimerais rejeter qui persistent. Parfois je les évite. Ça fait un trou. Je ne vais pas me forcer. C’est comme ça. Il y a des trous. Ce n’est pas du genre des hauts et des bas. Rien à voir. J’ai passé des mois dans la même situation. J’étais plus passionné, passionné par autre chose qui allait me détacher. Et maintenant je le suis. C’est malin. Aucun retour en arrière possible, des pressentiments qui s’enchaînent tels des désirs en appelant d’autres pour rater encore, se trouver face à l’échec. Ça ne tient pas. C’est l’heure des mises en garde contre soi-même. Relancer le processus. Je dois partir.

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