Thursday, September 10, 2020

Chroniques de l'invisible - 249

C’est sans doute le pire que j’impose, de voir comment ça se passe, montrer dès le début les terribles furies. Battez-vous. Ce n’est pas moi qui décide du combat. Ma seule arme est cet éclairage immédiat, jusqu’à sortir, impossible de supporter la présence de l’autre, « ce n’est pas comme ça que ça se passe », croire qu’il suffit d’être le premier, si stupide, enragé de se trouver stupide, de n’avoir aucune autre possibilité, de ne donner que cela à voir, si cela ne fonctionne pas, tout s’effondre et tout s’effondre vraiment, rien ne tient des certitudes toutes ancrées dans sa propre vie, tout autour, du début à la fin d’une journée, tout s’enroule, père, mère, femme, enfants, travail, opinions, prêt à tuer, capable de tuer. Bien sûr qu’on me demande comment réagir. Globalement, on me demande quelle est ma position. Tranchée, amputée. Exiger trop dans ce domaine mène à avoir moins. Depuis le début, l’air pollué, l’agression permanente. Et ce dingue qui croit que je vais entrer dans son jeu. Je suis plus fin que ça. Là où j’ai de la marge comme en langage libéral, c’est sur ce que je donne. Je ne donnerai pas, plus, différemment. Là, c’est moi qui décide et j’ai tout autour qui me protège. Ce qui m’amuse, c’est que le temps que je m’offre pour élaborer me fait aborder les problèmes de stratégie. Les mettre devant un choix. Au fond, c’est presque ce qu’il y a de plus beau. Je ne donne pas mais je peux offrir quelque chose tout de même, quelque chose qui ne se présente jamais sous cette forme.

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