Mais cela arrive tout de même. Je pensais bien qu’il y aurait des ronces. Je me dis : tu vas voir qu’il va tout te raconter depuis le début. Pas manqué. Regard figé et désespéré. Ces vies qui n’arrivent pas à admettre qu’elles viennent de traverser le pire et que cela continue. Le téléphone ne sonne plus. Nous sommes tranquilles. On se contente de cela. Avec des personnes qui s’emprisonnent. Avant j’avais le droit d’être absent. Maintenant c’est vendu corps et âmes. On n’y verra plus rien. Personnages effacés de l’histoire. Voilà cette drôle de période. Des personnes que l’on ne reverra plus. Certains sont morts paraît-il. Je m’attendais à ce qu’il y ait un décalage entre réalité et ce que certains expriment d’une autre réalité, référante à ce qu’ils sont ou ce qu’ils pensent être auprès ou au sein des autres. Comme des représentants. Ils étaient tels dans ma propre fiction. Y sont restés figés, glacés dans leur rôle. Tombe encore un rituel. Si j’étais juste déplacé. Ce serait le même lieu. Les sons qui m’entourent ne sont pas de même nature. Il y a tout de même un peu de vent, soleil doux de l’automne approchant, un coin de ciel, presque un horizon. Je retrouve une forme de qualité, apprise lors de mes éloignements. L’alerte a été entendue. Si la fiction témoigne, elle élabore aussi.
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