Tuesday, September 15, 2020

Chroniques de l'invisible - 254

Juste avant. Comme c’est amusant. Ou intriguant. De drôles de liens qui se tissent et Pierre, toujours là, en pensée, en hologramme presque. Ce besoin de redire des phrases avec leur tonalité, comme un murmure, « arrête », s’il te plaît, « arrête ». À croire que ça ne disparaîtra jamais. Sûrement parce que c’est impossible à dire. Je cherche ce qui aurait une valeur. Pensant que le pire aurait cette place. Et puis d’autres fois se superposent. Elles sont pires. Elles sont pires parce qu’il y a eu les autres avant. Pires parce qu’il y a eu une première fois. J’ai dû penser que ça ne pouvait pas être pire. Et pourtant c’était pire. C’est terrible de ne pas pouvoir dire, terrible parce que depuis longtemps maintenant je ne retiens rien. Je protège, je protège, mais je ne retiens rien. Je connais ça par cœur. C’est dans le corps textuel. La menace de mort permanente. Je hurle. « Arrête ». Oui, maintenant c’est hurlé. Je ne changerai pas de place. Tout cela ne sera plus renversé. Je n’y ai pas pensé sur le moment. Ces formes d’oubli ne m’impressionnent plus. J’y pense seulement maintenant. Absent, protégé, sous mes arbres, déposant. C’est cette forme que j’adore. Tout est au beau milieu. Tout est là dans la matière de l’air, son aura, son mystère. Je veux y être en permanence, n’en rien perdre pour le dire.

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