Thursday, February 27, 2020

Chroniques de l'invisible - 053

Ainsi raconterons-nous toujours jusqu’à ce que cela ne nous atteigne plus, les permanentes tentatives offrant à l’égo tout loisir d’expression dès que le terrain est ouvert, oui, feu, tire, bombarde, fais-le tant qu’il te plaira de le faire, ce n’est pas moi à cet instant-là qui m’expulse du monde, c’est le contraire (et ce n’est pas inaction de ma part, je laisse le champ libre, pour l’expression, également celle-ci, qui ne pourra s’empêcher de s’y engouffrer, et elle le fait, à chaque fois). Dans ce domaine, tout m’appartient, y compris la colère des dominés. Je n’ai plus aucun problème avec ça. Exister comme ça ou par ça. C’est l’affaire de ce qui doit sombrer désormais. Tout était si clair, en deux parties, l’avant et l’après disparition d’une figure d’autorité, et la gorge serrée toute la nuit. Ce qui était adroitement masqué avant et qui est venu se positionner, oui, en travers de la gorge, et moi qui cours encore jusqu’à la pharmacie, « donnez-moi tout ce qui fait semblant de soigner », car la manifestation est physique, soit, mais la cause est morale. La facture est plus chère aussi. Je la supporte. Mieux qu’avant. Je compte bien sûr, mais je le supporte. Et puis, c’est mon secret. Je ne parle de cela à personne. Je pensais bien que cela ne s’était pas arrêté. Voir l’ampleur si proche de la splendeur me rend furieusement heureux. Ah, ce que j’ai souvent craint comme pouvant être des aspects négatifs. Course folle dans tous les domaines. Après la lune foudroyante, la lune conquérante. L’enquête se poursuit à l’intérieur de tous les paysages traversés. Du rêve qui témoigne du parcours d’une journée. Ce n’était pas peu d’avoir à interroger les traces dans toutes ces nouveautés, ce deuil invraisemblable alors que la lecture oblige à se demander où nous en sommes de tout cela et ce qui produit sans cesse ce besoin d’anxiété inhérent avec, en fond, le véritable sauvetage de ce que je juge essentiel, retour incessant à soi dans un tumulte qui n’a de raison d’être que notre attachement à ce qui pourrait être une manifestation du réel. Ainsi l’objectif parle, les armes déposées après le puissant éveil frappé de contradictions et de luttes qui sont autant d’errements, tel que je l’ai entendu aujourd’hui, « j’en saigne », et ce qui se « reconstitue » dans le corps, je connaîtrai bientôt tout cela par cœur, observant la lenteur du changement.

---