Friday, February 14, 2020

Chroniques de l'invisible - 040

Il n’était pourtant pas trop difficile de concevoir un monde où tout serait différent. Je voyais ce qui se préparait dans la pensée, avant de venir se déposer aujourd’hui. La terrible angoisse, me demandant si un jour je serais empêché de reproduire à l’infini ce que je suis devenu. Tout à coup apaisée, car je ne faisais qu’imaginer le devenir avec les marques de l’ancien temps, or ce temps ne sera plus jamais de retour. J’avais à laver le temps, comme élaguant la pensée de toutes ces ronces jetées presque sauvagement un jour de colère où je voulais enfin tout libérer. Ce qui me convient, c’est l’actuel, et comment dans tout cela, je m’éveille. Il n’y aura plus pendant longtemps de matins difficiles ou de soirs désolés puisque j’ai avec moi ces sortes de compagnons rêvés et je n’ai pas de scrupule à envisager que c’est à ce niveau la raison qui s’est comme offert un domaine où tout se coordonne avec passion. Heureux, aussi, de réentendre le merle de ma rue. La lune a vingt-et-un jours. C’est le même puissant désir. Proche d’apporter quelques conclusions. C’était donc cela. Mais désormais, ce qu’il faudra vivre ou déduire, qu’il soit nommé avant ou après va ressembler à tout ce qui va suivre face aux énigmes de plus en plus nombreuses, fascinantes, parce qu’il y aura en moi cette possibilité permanente du renversement, puisqu’il n’y a dans tout cela qu’un hasard apparent, lorsque la figure d’autorité se présente comme une force, un allié, et non ce que j’aurais à combattre. Il n’y a qu’à admirer les points d’accord, l’instant, encore, où tout se coordonne.

---