Monday, August 31, 2020

Chroniques de l'invisible - 239

Des gens normaux. Rien de spécial. Ni beaux ni moches. Hors du canon des séries télé.

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Sunday, August 30, 2020

Chroniques de l'invisible - 238

Il n’y a pas vraiment de raisons à tout cela. Ce qui me semble évident n’a tout à coup plus lieu d’être. Peut-être que je veux concentrer. Un effet secondaire, un après-coup. Si loin du début. J’ai comme l’exemple à ne pas suivre qui s’incarne, où pourrait s’intégrer une forme de débat, d’apport de connaissances, où des sensations vives se coordonneraient. J’accepte d’aller sur certains terrains du commun, jusqu’à une certaine frontière, surtout lorsque je sens qu’il y a un autre besoin qui s’exprime, comme se place dans un domaine où nous serions en attente, être dans l’exploration. Cela m’intéresse et je l’écoute mais je précise avec plus d’acuité ce qui ne se partage pas. Je n’ai sûrement pas envie que cette période soit achevée, me promettant dans ces lignes que cela peut continuer. Il ne faut pas se retrouver débordé, ne pas laisser installer le désordre. Je n’ai qu’un seul repère temporel pour le moment, un seul fiable, lié à une sensation physique, à mon regard aussi, ainsi que mon touché. Pour en avoir d’autres, il faudrait que je sois plus assidu, que je note des détails par exemple, lorsque parfois je me décide, presque chaque jour, parfois juste une fois et le chaque jour reste en projet, alimentant des doutes sur ce qui me porte jusque-là. Puis il y a l’échéance. Je me l’impose violemment. L’essentiel a tenu mais le projet a changé. C’est que le désir d’un changement de forme est plus fort. Ce n’est pas que ça s’arrête. Ça se reporte en quelque sorte. Cela ne provoque aucune angoisse. J’y pense. C’est tout. J’y pense en ce moment même. Je ne veux pas oublier mais je ne veux pas faire de listes pour autant.

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Saturday, August 29, 2020

Chroniques de l'invisible - 237

Ce terrible constat. Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Je devais très certainement être celui qui tend la main mettant fin ainsi à des années d’ignorance, ces vies étonnamment tout à coup parallèles alors qu’elles semblaient constituées d’une profonde amitié. C’était une forme d’amour que j’avais ignorée, ce trouble au bord des larmes qui vient traverser le corps textuel et pour lequel je ne trouve qu’un moyen d’apaisement, le signifiant pour que ce qui est entrepris continue. C’est une nouveauté. C’est immédiatement disponible, en direct avec le présent. Les lieux et les personnages étaient clairement identifiables. Pas de détour. Je dois y être très attentif afin d’éviter certains doutes qui persistent. En effet, l’événement a eu lieu, il a empli des nuits puis des mois. Le relire, forcément, me transforme. Je ne suis pas surpris que cela puisse enclencher une agressivité de la part de celles et de ceux qui sont là concentrés à l’intérieur d’une misère affective.

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Friday, August 28, 2020

Chroniques de l'invisible - 236

Très clairement, je ne veux pas que cela bloque tout. C’est assez surprenant. Les données ne sont très certainement pas les mêmes. Il faudrait comparer. C’est à cela que servent les cahiers. J’avoue qu’il y a un sursaut se ressemblant à chaque fois, que je tente d’éviter, retardant tout le plus longtemps possible, ces images qui prolifèrent, comme un désir, toujours là. Je ne fais rien de particulier pour les chasser. Je sais qu’elles seront vite remplacées par d’autres. C’est inscrit dans la méthode, installée depuis tant d’années, mes petites cures de jouvence. Avec l’âge, je me dis que c’est dommage que l’on ne m’ait pas dit que cela se mettait en place pour la vie. J’avais quinze ou seize ans. Aujourd’hui quarante-cinq. Rien n’a changé, à part que d’une certaine manière le niveau est atteint. Ce n’est plus à franchir, ou ce qu’il y a à franchir est ailleurs. Mais cette base-là est toujours nécessaire. Elle m’a chaque fois rendu heureux d’y arriver et d’en être physiquement éreinté, comme à chaque fois accompli.

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Thursday, August 27, 2020

Chroniques de l'invisible - 235

Non, c’est là que ça se passe. Paris, fin du mois d’août, ciel gris et humide, la nuit fut un peu agitée, surtout, quelle histoire, et là c’est allé très vite, une sorte de noyée, on croyait juste qu’elle s’abandonnait au plaisir des vagues, eh, pas de blague, puis la suivre dans les égouts, perdre sa trace, je cherche Marie, je la trouve, elle est en pleine discussion avec des connaissances communes qui trouvent déplacé que je les interrompe sans me demander d’abord si je ne trouble pas un moment intime, douloureux, affectif, personnel, avant de jeter mon sujet dans le groupe pensant que c’est plus important. Je ne pense pas que c’est plus important, je n’y pense pas, cela n’existe pas, je lui hurle même « je m’en fous ». Quoi ! Il s’en fout ! Oui, il s’en fout et je me casse. C’est la colère de ne pas réussir à aboutir, je me dis que ce séjour aura globalement mal terminé, peut-être que j’étais censé m’occuper d’une organisation générale, d’assurer une responsabilité, une représentation, on pensait que j’étais l’homme sans colère, l’homme qui s’adapte toujours, l’homme qui trouve les compromis, et tout à coup il y a des exigences déplacées, de la part de certains, non mais pour qui se prend-il, on frappe avant d’entrer, et puis Moimoimoi superactif qui n’a pas envie de lâcher l’affaire. Je n’ai pas envie d’expliquer qu’au moment où je viens d’intervenir je suis en train d’essayer de sauver la vie de quelqu’un, je n’ai pas envie d’expliquer qui ni pourquoi moi, ni pourquoi j’ai besoin de Marie, d’ailleurs, je n’ai pas besoin d’elle physiquement, j’ai besoin de ce qu’elle sait, et de la voir au milieu du groupe m’apporte ma réponse, elle n’a pas suivi le corps comme je l’ai supposé, une histoire compliquée, je veux tous les plans en même temps, une stratégie qui s’élabore dans un immeuble moderne, ils ont l’air affairés, un homme qui court dans un bois, il s’entraîne, il vide ses pensées, une petite famille où tout a l’air normal, paisible, dans une maison assez classe, bien rangée.

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Wednesday, August 26, 2020

Chroniques de l'invisible - 234

Alors, il est vrai que j’ai tenté de ne pas laisser s’échapper la pensée, la capturant, en quelque sorte, dans les volutes du temps, presque des nuages, en tout cas, au minimum, la nuit, grâce à tout cela, je me dis qu’il n’y a plus à s’inquiéter, à partir du moment où les sensations auront de quoi s’exprimer sans trop toucher au reste-à-bâtir (une question d’ordre j’imagine mais j’espère que cela ne se résume pas ainsi sinon il serait si simple d’expliquer comment faire, d’ordonner comment faire). Si je l’aborde comme si l’écriture devant courir après des images défilant à toute vitesse, un début de film terrifiant, on voit bien que l’intrigue va se ficeler mais on ne sait pas encore ni où ni quand, on a peur, chacun semble important, les enfants, DITES-NOUS LES NOMS, on ne peut pas tout retenir, ça sent la catastrophe, pas de science-fiction, c’est la réalité. Tout s’arrête côté production. Ça aurait été cool de changer de décor cette fois. La réalité prend cher à chaque fois. Inventez d’autres planètes, des formes de vie qu’on n’a jamais rencontrées, le truc qui surprend, on ne s’y attend pas, le président des États-Unis impliqués, un truc, bref, qui promet de changer, métamorphoser nos visions.

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Tuesday, August 25, 2020

Chroniques de l'invisible - 233

Je n’ai peut-être que quelques heures pour me préparer. J’ai cet appui avec moi grâce auquel je ne chasse plus les évocations avec ce qui fut une colère contre moi-même. La composition est plus sensible. Il suffit de quelques mots échangés. Le même revenant auquel j’ai cessé de croire. C’était le pire, dans toutes les directions, j’allais devoir me repositionner. Puis je me suis dit : puisque c’est cet en-dehors que je recherche, autant aller presque au bout, comme un acte de générosité, un nouvel investissement. Je n’ai pas à douter. Je n’ai pas à attendre. Ni à me précipiter. La première vague doit rester amicale, pour qu’on le sache aussi, autour de moi, que je n’attends rien. Il y aura cette question à se poser. Ce qui est là, suspendu. Au fur et à mesure je saurai si c’est de l’ordre de l’inachevé. Je dois prendre en compte qu’il y a eu un élan, plusieurs élans même. Ce n’est pas loin, accessible. Tout le monde y passe. Le procès de tout le monde. Je n’ai pas vu cela arriver, comme un effondrement, les situations que je n’ai vécues qu’en pensée reviennent, elles sont une même présence très certainement réactivées par ma dernière relecture, doté de mes nouveaux attributs. Cette fois-ci, je vais peut-être tenir. Cette agression que je m’inflige. La dernière en date est tout aussi violente que la première. C’est la même. Je veux retourner dans les mots, fouiller. Maintenant que tout semble purifié. Tous les dossiers sont là, sous mes yeux. Cela creuse dans la tête, une douleur perçante. Il faut modifier la façon de penser. Le corps textuel s’en occupe. J’y reviens après de longues heures tâchant de ne rien voir de ce qui se passait. La crise sous des airs nouveaux. Je me surprends d’y porter une attention concentrée. C’est ce qu’il ne faut pas rater. J’ai tout stoppé sur un coup de tête, un caprice. Il n’y a plus que ces vies sans moi qui continuent. Heureuses, comme je l’ai écrit maintes fois. Cela devra prendre plus de temps chaque fois, que je ne cède pas lorsque je n’ai pas envie. Ce doit être une nouvelle doctrine, à partir de maintenant, jusqu’au présent.

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Monday, August 24, 2020

Chroniques de l'invisible - 232

Seulement, il y a des heurts, que je provoque. Je les désire vivants, pour me mettre à l’épreuve. Il est alors question de ce que je décide, comment je profite de ce que je m’offre, laissant partir ce qui a trop longtemps contenu. C’est aussi la question de faire exister ce qui me semble ne pas devoir prendre trop de place. Bien sûr, je vis cet instant d’une grande pureté que je ne partage qu’avec moi-même pour inscrire cette sensation lorsque rien ne coûte, rien ne pèse, rien ne prend l’espace de la respiration. Je viens de le lire intégralement. L’effet est encore dans le corps textuel. Je veux le maintenir. Cela me permet de résister. Le danger serait de se soumettre à de drôles de manières. Il faudrait se plier devant ce qui me semble tout simplement directement sorti d’un délire, car je le sais, des éléments peuvent se présenter, je les ressens en permanence, mais pas sous cette forme. Ce retour à soi pour développer une aptitude complémentaire. Je ne supporte pas de voir comment la faiblesse est utilisée. Le tragique n’a pas besoin de ces transports. Or, il est en nous mobilisant nos savoirs et notre compétence. Je dois entendre dans tout cela ce qui somme à suspendre pour prendre en compte d’autres voies. La différence me semble si criante. Tout me paraît plus petit, anecdotique. Je ne dois pas m’en empêcher pour des raisons économiques. Très clairement, il y aurait eu dans cette façon une manière d’effleurer. « Les effleurants. » Cela ne peut pas être autrement que de les rencontrer, d’y être confronté en permanence. Leur échapper, c’est ne rien dire et pourtant j’en dis trop. Je suis parfois à fleur de peau. Je n’oublie pas ce que je suis venu chercher. Côté spiritualité. Ce ne sont pas que des mots. Je ne veux pas dire. C’est un mystère. Ce que je garde pour moi. J’en ai trop accumulé pour dire. Prendre de la hauteur comme entrer en profondeur. Cela n’a aucun sens pour moi d’en faire une distinction sociale, mais c’en est une tout de même, une distinction, pour trouver ce qui me semble plus sensible, plus ancré, sans jugement. Je dois travailler ce territoire. Ce n’est qu’un début.

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Sunday, August 23, 2020

Chroniques de l'invisible - 231

J’adore cette période. Cet entre-deux qui ne finit pas. Le « je passe ma vie entre deux livres », si puissant. Je n’arrive pas à le penser autrement, comme un hommage, purifiant. Envisager que ce ne sont plus que les options qui travaillent me plaît et m’attire énormément. Cela ne m’inquiète plus du tout. Je maîtrise quelques proportions. Je devais le faire sans concession. Légèrement au-dessus du destin tragique. Mais c’est tragique malgré tout. Une forme d’échec et un retour au sol, le plus concret, comme un contrat. Je veux à la fois tout de suite passer à autre chose et ne rien laisser de ce qui se produit parallèlement depuis. C’est un lien si fort. J’y suis intimement attaché. Je ne peux pas supporter l’idée que ce que j’ai conçu ne soit pas autre chose que ce pont, répondant au plus instable alors que justement j’étais en train de bâtir à nouveau pour ne pas être submergé par l’objectif. Cela se fera si naturellement. Cela se fait déjà. Avoir tant de bonheur est presque indécent.

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Saturday, August 22, 2020

Chroniques de l'invisible - 230

Ce sera trop. Arrivé à saturation. À la fois, je n’ai pas hésité. Sans doute pour prouver qu’il n’y a pas de fausse retenue. C’est cela qui m’intéresse. Les périodes. Et puis ces trous dans le temps. Cela dure aussi. J’aime bien. N’oublie pas ! Chaque fois. N’oublie pas de prendre le temps d’inscrire. Il n’y a eu pour l’instant qu’un seul débordement, à cause du niveau qu’il fallait atteindre pour être à la hauteur. Il devait très certainement être question d’un autre sujet venu s’interposer sans prévenir. Presque un accident de parcours. Je voulais des détails précis, des preuves, des prénoms. Et puis, cela concernait des enfants. De vrais enfants. L’auteur devait tout mettre en œuvre, ce qui voulait dire ne pas rater à cet endroit-là. Alors, il fallait les nuits pour laisser courir la pensée. C’est possible. Je vais y arriver. C’était une pulsation du sang. Tout semblait aller beaucoup plus vite. Urgence. Les sirènes hurlaient de tous côtés. De ce genre d’événement qui n’arrivent qu’une seule fois. C’est un signal fort. Tout est bouleversé. Les rages se manifestent. Elles se concentrent sur l’objectif. Elles identifient les personnes. Le système s’interpose. C’est un ficelage qui dure depuis plusieurs générations, puis tout se mêle, se confronte, on s’oppose les uns aux autres. Je prends le chemin que personne ne prend jamais, l’inédit, l’inconnu. Tout se place. C’est très puissant. Et je prends le risque. Parce que personne n’avait pris ce risque jusqu’à présent. Je me dis que cela vaut la peine. Je ne voulais pas refuser à l’enfant la joie de se lancer dans l’aventure. Cette joie était plus importante que tout autre chose. Je n’ai pas hésité une seconde. Je me souviens de cette fatigue immense. Drôle que ce sujet revienne. C’est peut-être la même source de joie que j’autorise. Jusqu’à l’étonnement. Quelques heures suffisent. Cet aspect purement minéral. Exceptionnel. Je me souviens de ce contact, de la manière que je maîtrise d’aller d’un corps à l’autre sans inventer le vulgaire. Ce n’est pas nécessaire. L’enfant rit aux éclats. Cadeau inestimable. Il faudra aller jusque-là à chaque fois. Je me suis dit qu’il fallait un after, pour ne pas rester sur de mauvaises impressions. Une fois encore, tout était là, disponible. Merveilleuse intention d’une force agissante. Nous voici posés avec l’inattendu si je maintiens l’orientation que j’ai prise d’écouter l’image profonde en moi. Oui, l’écouter. Extraordinaire voyage qui se prépare dans lequel je suis, gouvernant. Cela se réduit, se simplifie.

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