Tuesday, December 23, 2014

Advice to be an avant-garde Christmas tree

If you want to be an avant-garde Christmas tree and set up on your own, be on the right place just before everyone and don't forget to write a beautiful date everywhere : 


*** The Twenty-third of December, 2014 ***
Merry Christmas and happy new year!


Tuesday, December 9, 2014

L'incréée

All these dreams that are going close to us and that we are letting through.

Sunday, November 9, 2014

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE

Les plaisirs nous suivront désormais ;
Nous allons voir nos désirs satisfaits.
Vivons sans alarmes,
Vivons tous en paix.
Revenez, reprenez tous vos charmes,
Jeux innocents, revenez pour jamais.
Il est temps que l'aurore vermeille
Cède au soleil, qui marche sur ses pas ;
Tout brille ici-bas.
Il est temps que chacun se réveille ;
L'amour ne dort pas,
Tout sent ses appas.
L'aimable Zéphire
Pour Flore soupire ;
Dans un si beau jour,
Tout parle d'amour.

Sunday, November 2, 2014

Emile Zola

The sad, solemn atmosphere, which he had breathed from childhood, gave Silvere a strong heart, in which gathered every form of enthusiasm. He early became a serious, thoughtful little man, seeking instruction with a kind of stubbornness. He only learnt a little spelling and arithmetic at the school of the Christian Brothers, which he was compelled to leave when he was but twelve years old, on account of his apprenticeship. He never acquired the first rudiments of knowledge. However, he read all the odd volumes which fell into his hands, and thus provided himself with strange equipment; he had some notions of a multitude of subjects, ill-digested notions, which he could never classify distinctly in his head. When he was quite young, he had been in the habit of playing in the workshop of a master wheelwright, a worthy man named Vian, who lived at the entrance of the blind-alley in front of the Aire Saint-Mittre where he stored his timber. Silvere used to jump up on the wheels of the tilted carts undergoing repair, and amuse himself by dragging about the heavy tools which his tiny hands could scarcely lift. One of his greatest pleasures, too, was to assist the workmen by holding some piece of wood for them, or bringing them the iron-work which they required. When he had grown older he naturally became apprenticed to Vian. The latter had taken a liking to the little fellow who was always kicking about his heels, and asked Adelaide to let him come, refusing to take anything for his board and lodging. Silvere eagerly accepted, already foreseeing the time when he would be able to make his poor aunt Dide some return for all she had spent upon him.

In a short time he became an excellent workman. He cherished, however, much higher ambitions. Having once seen, at a coachbuilder's at Plassans, a fine new carriage, shining with varnish, he vowed that he would one day build carriages himself. He remembered this carriage as a rare and unique work of art, an ideal towards which his aspirations should tend. The tilted carts at which he worked in Vian's shop, those carts which he had lovingly cherished, now seemed unworthy of his affections. He began to attend the local drawing-school, where he formed a connection with a youngster who had left college, and who lent him an old treatise on geometry. He plunged into this study without a guide, racking his brains for weeks together in order to grasp the simplest problem in the world. In this matter he gradually became one of those learned workmen who can hardly sign their name and yet talk about algebra as though it were an intimate friend.

Nothing unsettles the mind so much as this desultory kind of education, which reposes on no firm basis. Most frequently such scraps of knowledge convey an absolutely false idea of the highest truths, and render persons of limited intellect insufferably stupid. In Silvere's case, however, his scraps of stolen knowledge only augmented his liberal aspirations. He was conscious of horizons which at present remained closed to him. He formed for himself divine conceptions of things beyond his reach, and lived on, regarding in a deep, innocent, religious way the noble thoughts and grand conceptions towards which he was raising himself, but which he could not as yet comprehend. He was one of the simple-minded, one whose simplicity was divine, and who had remained on the threshold of the temple, kneeling before the tapers which from a distance he took for stars.

Wednesday, October 15, 2014

Edith Carnavalis

Tu as des milliers de choses à faire, et tu ne fais rien. Laver, ranger, acheter à manger, dormir à des heures raisonnables, ne pas fumer avant 21h. Ne pas rester sur une seule idée. Considérer la vie comme un exercice.

Écrire, écrire, écrire.

Take a drag and go ahead.

Thursday, October 2, 2014

Béatrix Beck

Les zobs secs, c'est triste, je n'en veux pas.
Je me dis "Cesse donc d'être insignifiante." Ma taupe est triste, je n'en ai qu'une et je veux la sauver. Ma mort radote, je n'écoute que mon courage mais ne comprends pas son langage.
J'appelle un chat un chat et un mort un macchabée. D'une main sûre il (le romancier ? Dieu ?) conduit ses personnages à la mort. Vie, salle d'attente angoissée.
J'ai aimé le pain, l'eau et le sel. Je serai froide mais n'aurai jamais froid. Je brûlerai et ne sentirai rien.
Suis-je un seul dieu comme l'affirme le catéchisme, ou plusieurs ? L'embryon rêve au sein de la princesse, le fœtus vogue au sein de la drôlesse. J'ai sucé l'unique sein de l'amazone.
Un enfant est déclaré, comme une maladie ou une guerre.
Le calendrier est un autre temps, lequel choisir ?
J'ai l'âge de la pierre polie, courtoise même.
Je n'ai pas de sexe pourtant je ne suis pas un ange. Les zobs secs de qui ?
Ils peuvent me mettre une robe, un pantalon, une djellaba, une camisole de force, une robe de cendres comme pour une pomme de terre, un rien m'habille.
Seule comme le ver solitaire. Créée par génération spontanée. Par scissiparité.
Dormant dans les bras des statues, buvant la pluie, mangeant le pain des cygnes.
Je pleus, je brume, je neige. Suis un bonhomme de neige éternel.
Les deux pieds sur terre, ou les quatre pattes, comme un petit enfant.
Je suis sœur siamoise, découplée au cadavre de ma semblable.
Ne sont pas faciles à dresser toutes ces dames qui s'occupaient de moi, elles n'avaient rien de mieux à faire.


G VQ W VQ O PY GTT GME GAI GET ME AI: DCD

Monday, September 8, 2014

The Start of The New Writing Era

What is writing today at the Time of Perfect Virtuality and at the Edge of Artificial Intelligence?

Are we the last humans or the first robots?

Thursday, May 29, 2014

Julien Gracq

Il y a dans notre vie des matins privilégiés où l’avertissement nous parvient, où dès l’éveil résonne pour nous, à travers une flânerie désœuvrée qui se prolonge, une note grave, comme on s’attarde, le cœur brouillé, à manier un à un les objets familiers de sa chambre à l’instant d’un grand départ. Quelque chose comme une alerte lointaine se glisse jusqu’à nous dans ce vide clair du matin plus rempli de présages que les songes ; c’est peut-être le bruit d’un pas isolé sur le pavé des rues, ou le premier cri d’un oiseau parvenu faiblement à travers le denier sommeil ; mais ce bruit de pas éveille dans l’âme une résonance de cathédrale vide, ce cri passe comme sur les espaces du large, et l’oreille se tend dans le silence sur un vide en nous qui soudain n’a pas plus d’écho que la mer. Notre âme s’est purgée de ses rumeurs et du brouhaha de foule qui l’habite ; une note fondamentale se réjouit en elle qui en éveille l’exacte capacité. Dans la mesure intime de la vie qui nous est rendue, nous renaissons à notre force et à notre joie, mais parfois cette note est grave et nous surprend comme le pas d’un promeneur qui fait résonner une caverne : c’est qu’une brèche s’est ouverte pendant notre sommeil, qu’une paroi nouvelle s’est effondrée sous la poussée de nos songes, et qu’il nous faudra vivre maintenant pour de longs jours comme dans un chambre familière dont la porte battrait inopinément sur une grotte.